| Avis de tempête sur la démocratie pakistanaise |
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| Rattrapé par ses vieux démons, le Pakistan semble de nouveau s'enfoncer dans des abîmes d'instabilité. Après un week-end de violences entre manifestants antigouvernementaux et forces de l'ordre à Islamabad, qui ont fait au moins trois morts et près de 500 blessés, de nouveaux heurts ont éclaté dans le centre de la capitale, lundi. Les protestataires ont brièvement occupé le siège de la télévision publique, avant que des soldats et des rangers (unités paramilitaires du ministère de l'intérieur) ne les en délogent, rapportent le Wall Street Journal et Al-Jazira. Depuis le 14 août, date de la fête nationale, Imran Khan, une ancienne gloire du cricket reconvertie dans la politique, et Tahir Ul-Qadri, un chef religieux, mènent une vaste offensive contre le gouvernement de Nawaz Sharif, qu'ils accusent de fraudes lors des élections législatives de mai 2013. Les deux hommes, toutefois, n'ont pas le même objectif en vue. Le premier exige la démission du premier ministre, le second, une "révolution". Quid du rôle de l'armée dans cette énièmecrise de régime ? Dans un entretien à la Deutsche Welle, l'analyste Aqil Shah en est convaincu : les hommes en kaki jouent de leur inusable influence pour instrumentaliser l'opposition. Avec une stratégie limpide : diviser pour mieux régner. Impavide, mais aussi soucieux de ne pas briser une continuité démocratique devenue incertaine, Nawaz Sharif a prévenu qu'il ne se retirerait pas (Daily Times). S'il n'est pas emporté par les remous actuels, il sera en tout cas "définitivement affaibli", prophétise le politologue Raza Rumi (Al-Jazira). Pour Dawn, il doit abandonner sans tarder sa posture défensive. Et Gulf News de conclure, en écho :"Ce qui se passe en ce moment ressemble peut-être à un orage sans importance, mais la situation peut conduire à un temps plus inclément pour le Pakistan s'il persiste à vouloir prendre des gants." |
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