| Au Yémen, le jeu trouble des rebelles houthistes |
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| Du "printemps arabe" de 2011, le Yémen est passé directement à l'hiver. Deux ans après la chute d'Ali Abdallah Saleh, évincé du pouvoir après trente-trois ans d'un règne sans partage, le pays ne paraît plus engagé sur la voie d'une transition démocratique apaisée, mais bien plutôt au bord de l'effondrement, déplore Middle East Eye. Ces dernières semaines, en effet, "des fêlures sont apparues sur la façade", révélant les failles d'une "nation divisée". A l'origine de ces craquèlements, un mouvement de contestation porté par les houthistes, des rebelles de confession zaydite (une branche minoritaire de l'islam chiite) solidement implantés dans le Nord. Ceux-ci réclament le remplacement du gouvernement, l'annulation de la décision de lever les subventions sur les carburants et la mise en place des mesures prises à l'issue de la Conférence du dialogue national, en janvier, explique le Yemen Times. Confronté à la perspective d'une escalade des tensions, le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui voit derrière les troubles actuels la main de l'Iran (Yemen Post), a déjà lâché du lest. Mardi, il a limogé le gouvernement et proposé de baisser de 30 % les prix de l'essence et du gazole, rapportent la BBC et Al-Jazira. Ces gestes d'apaisement n'ont toutefois pas convaincu les houthistes, lesquels ont assuré qu'ils poursuivraient leurs manifestations à Sanaa, la capitale (Al-Arabiya). Et s'ils parvenaient à s'emparer du pouvoir ? "Prédire la suite des événements n'est pas facile car leurs visées politiques sont floues", souligne Gulf News. Pour l'heure, en tout cas, le pouvoir apparaît fragilisé. D'autant qu'il doit également composer avec un mouvement sécessionniste dans le Sud et avec la "franchise yéménite" – très active – d'Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA). Deux défis de taille... |
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