Municipales: désordre à gauche, deux accords locaux FN/droite
La
préparation du second tour des municipales a été dominée mardi par du désordre
à gauche avec des alliances ou des retraits à géométrie variable, alors que Marine Le Pen semait le trouble en annonçant deux
accords locaux entre le FN et la droite.
Partout, les candidats
qualifiés pour le second tour (il fallait pour cela obtenir au premier 10% des
suffrages exprimés) avaient jusqu'à 18H00 pour déposer à la préfecture leur
liste pour le second tour, dimanche prochain. Cela concerne 6.455 des quelque
36.700 communes.
Arrivé en tête dans au
moins 21 communes, le FN sera normalement présent au second tour dans 315
d'entre elles (119 en 1995).
Voici un aperçu de la
situation dans la soirée: - Marine Le Pen a annoncé que deux de ses listes
allaient fusionner avec des listes divers droite. Cela concerne
Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne, 33.000 habitants), où la liste FN est
arrivée 3e et L'Hôpital (Moselle, 5.500 hab), où elle est arrivée 2e. Il s'agit
de barrer la route à la gauche.
- A Béziers, où Robert
Ménard, soutenu par le FN, est arrivé en tête au 1er tour avec près de 45% des
voix, le socialiste Jean-Michel Du Plaa (18,65% au 1er tour) se maintient au
second tour. Le PS a décidé de lui retirer son
investiture. A Cavaillon (Vaucluse), la liste d'union de la gauche emmenée par
EELV, arrivée 3e derrière l'UMP (41,58%) et le FN (35,67%), se maintient aussi,
car "il n'y a pas de risque FN".
Il y aura d'autre part
des quadrangulaires à Forbach et Hayange (Moselle), une configuration qui place
le FN en position de favori.
- La consigne du PS de
"tout faire" pour empêcher le FN de gagner a toutefois été suivie à
Perpignan (quelque 120.000 habitants) et à Fréjus (plus de 50.000 habitants),
deux des plus grandes chances de victoire du FN.
A Perpignan, Jacques
Cresta (PS) a annoncé son retrait, provoquant un duel FN-UMP. A Fréjus (Var),
Elsa Di Méo a fait de même. Résultat: triangulaire FN/UMP/DVD. A Saint-Gilles
(Gard), où Gilbert Collard est en tête avec 42,57 %, le maire sortant PS Alain
Gaido, devancé par le FN et l'UMP-UDI, a renoncé lui aussi au second tour.
- A Digne-les-Bains,
un divers gauche, Franck Di Benedetto, se désiste pour une candidate elle aussi
DVG pour tenter de barrer la route à la liste FN arrivée en tête (27,69%).
- A Grenoble, le
socialiste Jérôme Safar, arrivé deuxième avec 25,31% des voix derrière celui
d'EELV et du Parti de Gauche, Eric Piolle (29,41%), se maintient au second tour,
refusant d'appliquer "la discipline républicaine", une tradition à
gauche, et de fusionner les listes. Résultat: une quadrangulaire avec l'UMP et
le FN, qui ont a priori peu de chances de gagner. Le PS lui a retiré son
investiture.
- A Roubaix, les quatre
listes ayant obtenu plus de 10% (gauche, divers gauche, UMP et FN) se
maintiennent au second tour, fragilisant le maire PS sortant Pierre Dubois.
- Un accord entre
nationalistes, gauche et droite opposés à Jean Zuccarelli, fils du maire
sortant, a été signé à Bastia.
- A Pau, le candidat
sans étiquette Yves Urieta (13,21%) s'est retiré, ce qui simplifie la tâche de
François Bayrou, en duel avec le socialiste David Habib.
- A Albi, EELV a
fusionné... avec le Front de gauche (10,38%), bien que le candidat PS-PRG
Jacques Valax fût arrivé en tête de la gauche, sans toutefois d'espoir sérieux
de l'emporter.
- A Montpellier, le
dissident PS Philippe Saurel (22,94% dimanche dernier) a refusé de s'allier
avec Jean-Pierre Moure (UG-PS, 25,27%). On se dirige vers une quadrangulaire,
un peu risquée pour la gauche, entre ces deux hommes, le candidat UMP et celui
du FN.
- A Montreuil, le PS
et EELV se sont rangés derrière la liste Front de gauche de Patrice Bessac face
à l'ancien maire ex-PCF Jean-Pierre Brard, arrivé en tête.
- Belfort, le fief de
Jean-Pierre Chevènement détenu par la gauche depuis 1977, pourrait basculer à
droite, la gauche présentant deux listes, l'une PS, l'autre MRC.
- A Marseille, le
maire sortant PRG (Radical de gauche) du 2e secteur, la guériniste Lisette
Narducci, a annoncé une fusion avec la liste de l'UMP. Le candidat PS Patrick
Mennucci a dénoncé "l'alliance scélérate" conclue de "longue date"
entre Jean-Claude Gaudin et Jean-Noël Guérini.
- Comme à Rennes,
ville gérée par le PS, un accord PS-EELV-Front de gauche est intervenu à
Avignon (où le FN est sorti en tête du premier tour), ce qui peut permettre à
la gauche de l'emporter.
- Accord PS-EELV à
Nantes, malgré les "divergences" officiellement reconnues sur
l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ainsi qu'à Lille chez Martine Aubry.
Accord PS/EELV à Caen, où Philippe Duron (PS) est en ballottage défavorable,
mais sans la liste divers gauche.
- A Châteauroux, le
candidat PS, Mark Bottemine, a annoncé une alliance avec les listes de deux
candidats en dissidence de la majorité municipale sortante de droite.
- A Poitiers, le
centriste Eric Duboc (10,1%) n'est pas parvenu à un accord avec l'UMP-UDI,
facilitant a priori la tâche du sortant PS. Union à droite au Mans, à
Carcassonne, Rouen, Quimper, Villeneuve-sur-Lot et Bourges. Cette dernière
ville est l'une des rares gagnables par la gauche.
- A Dunkerque, le
maire Michel Delebarre (PS) se maintient bien que devancé par un divers gauche.
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