Communiqué du Bureau du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
Le 28 août 2013.
Des armes chimiques (gaz toxiques) auraient été utilisées le 21 août à Damas, et auraient provoqué, selon l’opposition syrienne, la mort d’un millier de personnes. Nul ne sait à ce jour quels sont les auteurs de ces actes barbares. Les deux camps qui s’opposent en Syrie ont largement démontré qu’ils étaient capables des pires atrocités : le régime dictatorial de Bachar el-Assad comme les groupes criminels islamo-fascistes qui dominent désormais la rébellion. Les deux camps se renvoient la responsabilité de ces meurtres. Les Occidentaux accusent Damas, les Russes accusent la rébellion. Le précédent de la manipulation du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique à propos des armes de destruction massives soi-disant détenues par l’Irak, pour justifier d’une intervention militaire, doit inciter à la plus grande prudence.
La première chose à faire consiste à protéger les populations. Il s’agit, d’abord, des populations victimes des combats et qui manquent de tout : eau, alimentation, médicaments, médecins… il s’agit aussi des centaines de milliers de réfugiés syriens parqués dans des camps au Liban, en Jordanie, en Irak, en Turquie. Eux aussi sont totalement démunis et ont besoin d’une aide immédiate.
C’est à cet effort urgent que devrait se consacrer la communauté internationale. Elle devrait obtenir des belligérants l’ouverture de « couloirs humanitaires », terrestres et aériens, afin de faire parvenir aux populations ce dont elles ont besoin.
Au lieu de s’atteler sans plus attendre à cette tâche humanitaire, les grands pays occidentaux comme la France et la Grande-Bretagne, dans le sillage des États-Unis d’Amérique, veulent s’engager dans une nouvelle opération guerrière. Ils témoignent ainsi de leur mépris vis-à-vis des souffrances du peuple syrien qui est ainsi transformé en otage des manœuvres géostratégiques occidentales.
Le M’PEP se joint à tous ceux qui exigent une solution pacifique et politique au conflit dans le respect de la souveraineté du peuple syrien. En effet l’histoire l’a constamment démontré : supprimer le souveraineté nationale d’un pays ne donne rien de bon sur le moyen et long terme.
Donc, des armes chimiques ont été lancées en Syrie. Et les armes chimiques, c’est comme les frisbees, ça se lance pas tout seul. Il y a donc un ou plusieurs coupables qui ont franchi "la ligne rouge". Mais écoutons attentivement le bruit de fond médiatique : "Il faut punir Assad" disent-ils. Certains (...) Lire la suite »
Ouf... j’ai bien cru qu’on allait terminer l’année sans une nouvelle « guerre humanitaire » (vous savez, celle où les bombes ne tuent que les méchants). Mais c’était sans compter sur la détermination de nos dirigeants. Une détermination sans faille. Qui ne se manifeste que pour faire la guerre, moins (...) Lire la suite »
Entendu cette nuit à la télé, un Suisse qui gravite autour des fuyards fiscaux : « Les championnats de tennis français devraient se tenir ici : votre équipe est sur place ». Pouah ! J’éteins la télé. Ce matin avant 7 heures, je veux écouter les infos. France Inter : « Trafic : perturbations au sud de (...) Lire la suite »
Alors que la crise frappe de plein fouet les couches populaires et les classes moyennes, en France, les grosses fortunes ont augmenté leur richesse de 25% en un an à peine. Avec une production annuelle supérieure à 1900 milliards d’euros, la France, cinquième puissance mondiale, n’a jamais été aussi riche de son histoire. Pourtant, depuis 1945, le pays n’a jamais compté autant de démunis avec plus de 8,6 millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, soit plus de 14% de la population. (...) Lire la suite »
À la une du Los Angeles Times, le titre suivant : « Les États-Unis se préparent à l’éventualité de frappes de représailles contre la Syrie », bien que la Syrie n’ait attaqué, ni les États-Unis, ni aucun de ses territoires occupés, ou aucune de ses forces impériales, et n’ait aucune intention de le faire. Comme le dit l’article : « Le Président n’a pris aucune décision, mais le sujet a été abordé à très haut niveau, tandis qu’au même moment le Pentagone reconnaissait avoir mis en place des forces armées dans (...) Lire la suite »
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Un nouveau donneur d’alerte est apparu avec une nouvelle révélation effrayante concernant la surveillance de Washington de ses citoyens. Mais il n’est pas autorisé à donner l’alerte sous peine de prison. Tout ce que le dénonciateur pouvait faire était d’annoncer son acte de résistance et l’existence d’une menace contre lui. Il l’a fait dans l’émission de la chaîne de télévision progressiste aux Etats-Unis, Democracy Now !, le 13 Août. Ladar Levison est le propriétaire de la société Lavabit, un fournisseur (...) Lire la suite »
Le vainqueur de l’élection présidentielle au Mali est connu. Il s’agit d’Ibrahim Boubakar Keïta (IBK), un social-démocrate, qui était opposé au libéral Soulaïma Cissé. L’occasion d’interviewer Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture et animatrice du Forum pour un autre Mali, sur l’élection, la guerre, la France. Trois thèmes intimement liés. Entre 1968 et les premières élections (1992), le Mali a été dirigé par un régime militaire. Début 2012, le pays est déstabilisé par une rébellion touareg et un (...) Lire la suite »
Pour se figurer l’espionnage des télécommunications, la première image qui vient à l’esprit est celle de "grandes oreilles" interceptant à la volée les signaux satellite parcourant le monde. Popularisée par la guerre froide et son décorum, cette représentation est pourtant depuis longtemps dépassée. Depuis les années 1990, l’écrasante majorité des télécommunications mondiales emprunte en effet les quelques 250 câbles sous-marins qui sillonnent le globe de long en large. "Dans un monde où chaque milliseconde (...) Lire la suite »
Le 25 août : 69e anniversaire de la libération de Paris
L’Humanité a publié au fil des années plusieurs entretiens avec André Carrel, qui fut l’un des principaux responsables de la Libération de Paris. Jusqu’en avril 1945 il participe à la nouvelle administration de la Capitale. Il entre à l’Humanité à la fin de l’année 1946, avant de devenir rédacteur en chef de L’Humanité Dimanche de 1957 à 1981. Il est décédé le 17 décembre 2011. A l’occasion du 69ème anniversaire de la libération de Paris, son témoignage nous est précieux. L’Humanité : Vous avez écrit un livre (...) Lire la suite »
La semaine dernière, la police britannique a arrêté David Miranda, le partenaire du reporter du Guardian, Glenn Greenwald, à l’aéroport de Heathrow, a saisi son ordinateur et ses clés USB et l’a obligé à donner les mots de passe. La police pensait que l’ordinateur et les clés USB contenaient des informations sur l’intrusion de l’Agence Nationale de Sécurité étasunienne dans les communications privées de millions de gens qui n’étaient suspects d’aucun délit. Les sept interrogateurs se sont prévalus du (...) Lire la suite »
Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques
Mission de vérification de la situation des droits humains à Boyacá - Communiqué n° 1 Le 24 août 2013, est partie de Bogota une mission humanitaire, composée d’organisations de défense des droits humains et de journalistes indépendants, chargés d’effectuer une vérification de la situation des droits humains dans le Département de Boyacá, au moment où se déroule la grève nationale agraire et surgissent des dénonciations pour graves violations des droits humains supposées avoir été commisespar des membres des (...) Lire la suite »
“L’Europe doit retirer les FARC-EP de la liste des organisations terroristes et arrêter de vendre des armes au régime colombien” - Commandant Andrés Paris . Lors d’une interview exclusive pour les pays européens, le chef de presse de la délégation de Paix des FARC-EP à la Havane, le commandant Andrés Paris, a expliqué de manière synthétique où en sont les dialogues de paix avec le gouvernement colombien et quelques thèmes intéressants pour lesquels l’UE pourrait avoir une incidence à l’avenir. Nous (...) Lire la suite »
Le chapelet des renoncements de M. François Hollande s’égraine au fil des mois. Parmi les promesses non tenues par le candidat devenu Président de la République voilà seize mois il en est une pour laquelle l’on peut difficilement invoquer la cause budgétaire. Il s’agit du traitement réservé aux enfants de parents en instance d’expulsion du territoire français. Ils continuent d’être enfermés en centre de rétention au mépris des réprimandes européennes adressées à la France en ce domaine. M. Manuel Valls , (...) Lire la suite »
Actuellement, des 5 millions 8 cents mille actifs, presque 3 millions sont des précaires ou travaillent irrégulièrement pour des salaires de qui peuvent descendre à 2 euros de l’heure. Des 900 mille chômeurs, 750 mille ne reçoivent aucune allocation de chômage. On répertoria plus de 3 millions de personnes dont les revenus se situent entre 7 euros et 15 euros par jour. Depuis fort longtemps, les alertes et les critiques prédisaient la mort de la nation. La stagnation de l’économie portugaise (...) Lire la suite »
Comment les grands médias français fabriquent un Solférinien présentable pour la prochaine présidentielle
Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, est politiquement insignifiant. Rien dans son parcours politique passé ou son action ministérielle présente ne justifie la position éminente qu’il occupe au cœur du gouvernement. Ses propositions sont ultra-minoritaires à gauche. Elles ont reçu le soutien de 5,7% des électeurs de gauche lors de la primaire socialiste. Comme Ségolène Royal en 2007, Dominique Strauss-Kahn et François Hollande en 2012, Valls est le produit d’un concours de circonstances. (...) Lire la suite »
La détention et l’interrogatoire par les autorités britanniques de David Miranda, le compagnon du journaliste du Guardian, Glenn Greenwald, est un acte effrayant d’intimidation politique. Miranda a été détenu et interrogé neuf heures durant – le maximum prévu par la loi antiterroriste britannique de 2000 (British Terrorism Act). On lui a refusé le droit d’avoir l’assistance d’un avocat et de garder le silence. Des effets personnels ont été confisqués sans être restitués, dont son ordinateur, son (...) Lire la suite »
Bienvenue aux dix raisons pour une campagne de boycott culturel d’Israël Merci de prendre un moment pour consulter nos actions et soutenir nos campagnes : http://www.BDScauses.com/bds Si c’est la première fois que vous venez sur ce site, alors voici pourquoi nous nous concentrons sur l’aspect culturel du boycott d’Israël (et que nous soutenons les boycotts, désinvestissements et sanctions économiques) : 1 – Israël se sert de façon déclarative des artistes pour se donner une image clinquante de (...) Lire la suite »
De l’Egypte de Sissi à l’Iran, en passant par la Russie, l’Amérique latine, les réactions anti-guerre se multiplient.
L’Egypte contre toute intervention militaire en Syrie Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmy, sans doute sur instruction du général Al-Siss, a haussé le ton jeudi 29 août en affirmant que son pays s’opposait avec force à toute intervention militaire contre la Syrie. La différence de ton avec l’ère Moubarak est radicale. Et surtout avec l’ère Morsi qui avait déclaré, deux semaines avant sa déposition, le « djihad contre la Syrie ». « L’Egypte ne participera à aucune frappe militaire (...) Lire la suite »
Le PCL a, dès le début de la crise syrienne, adopté une position qui repose sur trois refus, et une affirmation : Non à la solution militaire prônée par le régime, non à la guerre civile communautaire défendue par l’opposition salafiste, non à toute intervention étrangère, oui à une solution politique interne reposant sur des changements radicaux. 1 – Quelle est l’analyse du Parti communiste libanais (PCL) sur les origines des troubles en Syrie ? Marie Nassif-Debs : Pour comprendre la crise syrienne, (...) Lire la suite »
David Miranda, le compagnon de Glenn Greenwald -journaliste du Guardian qui a publié les révélations d’Edward Snowden - a été détenu à l’aéroport de Londres dimanche dernier (18/08/13) et interrogé neuf heures durant – le maximum prévu par la loi antiterroriste britannique de 2000 (British Terrorism Act). On lui a refusé le droit d’avoir l’assistance d’un avocat et de garder le silence ; des effets personnels lui ont été confisqués sans être restitués parmi lesquels son ordinateur, son téléphone portable, (...) Lire la suite »
Les rois de la bourgeoisie capitaliste ne se contentent pas de voler nos forêts, de souiller nos lacs, ils gèrent tout notre territoire, toute notre propriété publique en despotes. Wall Street et son satellite canadien ne s’en tiennent pas seulement à lorgner le pétrole du Moyen Orient et d’Amérique du Sud : ils veulent se servir dans le territoire canadien quelles qu’en soient les conséquences, les dommages sur l’environnement. En cet Occident néolibéral où tout part de l’économie, de cette économie (...) Lire la suite »
Les rebelles et les résidents locaux à Gouta accusent le prince saoudien Bandar bin Sultan d’avoir fourni les armes chimiques à un groupe rebelle lié à Al -Qaida . Cet article est une collaboration entre Gavlak Dale pour Mint Press News et Yahya Ababneh . Gouta, Syrie – Tandis que la machine de guerre américaine se met en place après l’attaque par armes chimiques la semaine dernière, les Etats-Unis et leurs alliés sont peut-être en train de se tromper de coupable. C’est ce qui semble ressortir des (...) Lire la suite »
Lorsque John Grisham entendit parler de prisonniers qui réclamaient ses livres, il voulut en savoir plus. Ce qu’il découvrit de l’histoire de Nabil Hadjarab, détenu depuis 11 ans, l’horrifia. Il y a environ deux mois, j’appris que certains de mes livres étaient interdits dans la Baie de Guantanamo. À ce qu’il paraît, certains détenus les réclamaient, leurs avocats les apportaient donc à la prison, mais ils ne pouvaient franchir la porte d’entrée, en raison de leur « contenu inacceptable ». Ma curiosité (...) Lire la suite »
L’Islam radical est le dernier refuge des musulmans pauvres. Les cinq prières par jour offrent un vrai cadre de vie aux croyants déshérités. Le précieux rituel de purification avant les prières à la mosquée, le strict code moral, ainsi que la conscience que la vie a un sens et un but ultime empêchent des centaines de millions de musulmans nécessiteux de sombrer dans le désespoir. L’idéologie fondamentaliste, fruit de l’oppression, est rigide et inflexible. Sa vision est manichéenne, c’est tout blanc ou (...) Lire la suite »
Chaque jour qui passe apporte son lot de confirmation sur une vérité que beaucoup voudraient ignorer : nous sommes en guerre. Une guerre larvée, relativement calme mais une guerre tout de même. Contrairement à une guerre traditionnelle, une guerre civile n’a pas de front bien tracé, de belligérants clairement identifiables à la couleur de leur uniforme. Chaque camp est partout, au sein d’une même ville, d’un même quartier, d’une même famille. D’un côté, nous avons une classe de pouvoir. Riches, (...) Lire la suite »
Lors d’une rencontre publique à Rome avec le secrétaire du Parti communiste syrien, Ammar Bagdash et une interview collective pour connaître les causes, le déroulement et les conséquences de la guerre civile en Syrie. Ou autrement dit de la tentative de déstabilisation d’un pays qui ne fait pas partie des plans pour le contrôle impérialiste du Moyen-Orient. Pourquoi cette attaque contre la Syrie ? La Syrie constitue une digue contre l’expansionnisme nord-américain au Moyen-orient, surtout après (...) Lire la suite »
Lorsqu’un petit oiseau a déposé la note confidentielle Fin de Partie (End Game memo) à ma fenêtre, son contenu était tellement explosif, tellement fou et diabolique que je n’arrivais pas à le croire. La note confirme les délires conspirationnistes les plus fous : à la fin des années 90, de hauts responsables du Trésor US ont secrètement conspiré avec une petite cabale de gros banquiers pour détruire la régulation financière à travers la planète. Quand vous voyez 26,3 pour cent de chômage en Espagne, le (...) Lire la suite »
Ici dans la seconde ville indonésienne, la légende parle d’une bataille titanesque entre Sura le grand requin blanc et Baya le crocodile. Un jour, ils se sont rencontrés dans la rivière et les deux créatures ont combattu férocement pour la suprématie du royaume animal. Là où ils se sont affrontés est maintenant connu comme "Surabaya", la ville du requin et du crocodile, emblématique des vagues incessantes de requins et crocodiles coloniaux qui ont controlé la ville durant des décennies. Etabli sur la (...) Lire la suite »
Entretien avec 3 commandants de la délégation des FARC aux négociations de La Havane
J’ai un rendez-vous à 7 heures du matin avec trois membres du secrétariat, l’instance suprême des FARC (Forces Combattantes Révolutionnaires). Ce sont eux qui dirigent le dialogue entre l’organisation rebelle et la délégation du gouvernement colombien à la Havane. C’est la première fois qu’un journaliste parvient à rencontrer ces trois chefs de la guérilla ensemble... Même à la Havane ils n’ont pas perdu leur habitude de se lever à l’aube. « Nous nous levons à 4 h40 pour réveiller les coqs, et qu’ils (...) Lire la suite »
La CIA est venue chercher Jabour pendant la nuit. Ils sont venus chercher Jabour pendant la nuit. Des hommes lui ont ordonné de se mettre face au mur et lui ont mis des menottes et des chaînes aux pieds. On lui a mis un bandeau sur les yeux. On l’a fait sortir de la cellule qu’il occupait à Islamabad et on l’a fait monter dans un véhicule. Jabour a été conduit dans la salle de bain d’un aéroport où on lui a enlevé son bandeau. Il s’est vu entouré d’un groupe d’Étatsuniens qui communiquaient par (...) Lire la suite »
Deux hommes peuvent-ils, et peu importe qu’ils soient sincères et dévoués, sauver une ville de 12 millions qui ressemble à une carcasse en décomposition depuis des années ? Peuvent-ils réformer le système capitaliste sauvage qui a cannibalisé toute la zone urbaine et le reste du pays depuis des décennies ? Peuvent-ils réprimander tous les acteurs qui ne jouent pas le jeu ? Peuvent-ils mettre en oeuvre une sorte de capitalisme à visage humain ? Sur ce point, beaucoup de Jakartanais sont, en apparence, (...) Lire la suite »
Contrairement à la propagande du capital, la part du salaire actif et celle des investissements augmentent. La population augmente beaucoup moins vite que le PIB... Ça fait bien longtemps que je suis à la retraite, tu sais ! Je plains les jeunes d’aujourd’hui qui vont avoir bien du mal ! Tu crois vraiment qu’ils vont supprimer la retraite par répartition ? Pas tout à fait. Margaret Thatcher a essayé de convaincre les ouvriers anglais de cotiser à des fonds de pension, mais ils n’y ont pas cru. (...) Lire la suite »
Le 28 août 1963, la grande marche des Noirs réunit 250 000 personnes dans le calme à Washington. A l'époque, "Le Monde" s'attarde davantage sur l'indifférence de la majorité des Américains que sur le discours de Martin Luther King.
Washington, 29 août. Des parkings déserts, des rues vides, quelques rares voitures : en gagnant mercredi matin les lieux de la grande manifestation pour l'égalité raciale, on avait par moments l'impression de traverser une cité non pas endormie mais évacuée. Même le dimanche, Washington présente plus d'animation. Mercredi, la "marche" l'avait fait comme rentrer sous terre. Et pourtant l'on cherchait en vain dans les annales mondiales de la protestation populaire une démonstration de masse plus pacifique, plus sereine, plus respectueuse des consignes d'ordre et de calme données par ses chefs.
Les forces de police mobilisées pour cette occasion ne furent pour rien dans cette attitude. Si nombreux, au total, qu'aient été leurs effectifs, les petits détachements d'agents municipaux et de police militaire échelonnés sur le pourtour du périmètre assigné à l'événement auraient été bien incapables de résister à la moindre poussée d'éléments en effervescence. Il aurait fallu appeler les renforts de troupe massés discrètement aux abords de la ville. Autant de précautions, nécessaires peut-être, qui se révélèrent superflues.
UNE ÉTONNANTE AUTODISCIPLINE
L'atmosphère n'était pas à l'agitation, mais au recueillement, voire à l'oraison : nul cri vengeur, nulle exaltation, aucun geste irréfléchi. Peut-être parce que, malgré l'unisson et la détermination qui rassemblèrent les deux cent mille participants à l'appel des leaders intégrationnistes, il faut d'autres circonstances et d'autres hommes, pour que la "psychologie des masses" trouve à s'exercer. En se mêlant à la foule, il était évident qu'il n'y avait pas "foule" au sens grégaire du terme, mais affluence concordante et chaleureuse d'une multitude de petits groupes humains, sociaux ou confessionnels, la plupart, sinon tous, venus ensemble et ne se perdant pas trop de vue. Il était non moins clair qu'il s'agissait pour la plus grande part de citoyens américains relativement "arrivés" : la majorité, malgré la chaleur et le voyage, avaient sorti la garde-robe des grands jours et beaucoup avaient apporté non seulement un appareil photo mais une caméra de 8 millimètres.
En un mot, les "marcheurs" représentaient dans leur grande majorité l'élite noire : nous y avons rencontré quelques chômeurs, mais en proportion infime.
Le mystère de son comportement raisonnable n'est donc pas si grand : les participants à la marche venaient chercher par la respectabilité de leur campagne le respect qui leur est dû. Néanmoins, l'élimination de tout impondérable explosif avait, à la limite, quelque chose de fantastique : ce n'est pas tous les jours qu'on peut voir une agglomération de dizaines de milliers d'individus se disperser après un meeting "historique" en une vingtaine de minutes et retrouver sans cohue, sans incident, le plus tranquillement du monde, les autocars qui leur sont assignés pour rentrer dans leurs foyers.
A ce titre-là, la manifestation est un succès grandiose pour ses organisateurs, non seulement sur le plan de l'organisation elle-même, où tout fonctionna à merveille, mais sur celui de l'esprit et de l'orientation qu'ils ont réussi à imprimer à leur mouvement. C'est là la leçon qu'en tirera l'opinion américaine qui, après ce déploiement de maturité collective et de discipline intérieure, peut plus difficilement que jamais contester à la communauté noire la place qui lui revient.
Mais ce serait méconnaître les ressorts de l'évolution américaine que d'attendre des hommages qui vont être rendus à la "sagesse" des disciples de M. Philip Randolph et du pasteur Martin Luther King une satisfaction accélérée de leurs légitimes aspirations. Cent cinquante "congressmen", assis au premier rang des invités d'honneur, au pied des marches du Lincoln Memorial, seront impuissants à faire avancer d'un seul jour le vote du programme Kennedy dans leurs Assemblées respectives : il leur manque non la conviction mais l'élan.
LE CONGRÈS RESTE PRISONNIER DE SON ESPRIT " PROCÉDURIER "
Les partisans des " civil rights " (sauf au Sénat, où l'obstruction du " filibuster " leur donne un certain poids, leurs adversaires sont presque quantité négligeable) s'enlisent dans le perfectionnisme formaliste, et s'apprêtent placidement à consacrer des semaines encore à travailler et à torturer un texte qu'ils veulent " infaillible ", inattaquable en justice - comme si les magistrats détenaient la clef de la situation.
Le gouvernement partage largement cette optique procédurière, qui dégrade chaque mois davantage le dynamisme des promesses contenues dans le vibrant message envoyé au Congrès par le président pour accompagner la législation qu'il lui soumet.
WASHINGTON N'ÉTAIT PAS AU RENDEZ-VOUS
Un autre phénomène frappe l'observateur au soir de la grande démonstration d'unanimité et de dignité morale dont il a été le témoin. Il sait qu'elle n'aura pas d'influence directe sur le Congrès. Mais en aura-t-elle davantage sur la mentalité du pays, dont, en définitive, dépendent les réactions du Congrès ? La démonstration du 28 août, par son caractère profondément religieux, interracial, interconfessionnel, n'avait rien d'exclusivement "noir" : un bon dixième des militants intégrationnistes rassemblés au Lincoln Memorial avaient la peau blanche. Par delà l'intégration, c'est à des "États-Unis plus unis" qu'en appelèrent leurs dirigeants. Leur appel fut répercuté par la plupart des autorités religieuses de Washington, qui s' "engagèrent" très sincèrement aux côtés de leurs frères de couleur. Or que s'est-il passé au niveau de leurs fidèles, à de rarissimes exceptions près ? Washington a fait le vide devant la manifestation. Il n'y a certainement pas un millier de ses habitants qui aient été même effleurés par l'idée de rejoindre ses rangs, spontanément, sans autre objectif que de "manifester" sa foi de chrétien ou son idéal égalitaire de citoyen américain.
Le problème noir est trop spécifiquement américain pour qu'on puisse faire plus que suggérer une comparaison, mais on imagine mal une autre métropole réagissant par l'abstention pure et simple, par une sorte de "mise entre parenthèses" quasi hygiénique, à une manifestation concernant l'avenir de toute une catégorie nationale. Les Noirs sont descendus sur un Washington qui n'était pas au rendez-vous. Cette indifférence colossale - pour ne pas parler des Washingtoniens qui crurent bon d'aller se réfugier à la campagne - mieux que tous les préjugés sudistes, qui finiront bien un jour par disparaître, donne la juste mesure des progrès à accomplir pour que le "rêve" de fraternité lyrique évoqué par le pasteur King en conclusion du meeting commence à prendre substance.
Syrie : le Parlement britannique refuse une action militaire
A.R., D.LC, R.B et P.Th. | Publié le 29.08.2013, 07h08 | Mise à jour : 30.08.2013, 01h14
David Cameron a plaidé jeudi devant le Parlement britannique pour une intervention militaire en Syrie. Dans la soirée, les députés ont rejeté sa demande. | AFP / Pru
Dans la soirée, la Maison Blanche a néanmoins laissé entendre que le président américain se réservait le droit d'agir unilatéralement contre le régime syrien, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU s'est à nouveau réuni -durant à peine 45 minutes- sans faire de progrès dans les discussions. Pas de convergence de vues entre Moscou, soutien de Damas, et les trois pays (Etats-Unis, France, Royaume-Uni) qui se préparent à une éventuelle opération militaire.
Le Premier ministre britannique David Cameron tentait, de son côté, de convaincre des députés sceptiques de la nécessité d'intervenir en Syrie. En vain. Le Parlement a rejeté sa motion sur une action militaire.
Bachar al-Assad, lui, défie la communauté internationale. Le président syrien s'est engagé à «défendre» son pays «contre toute agression» des Occidentaux. L'Iran, autre soutien du régime de Damas, a prévenu qu'une action militaire contre la Syrie aurait des conséquences sur toute la région et mènerait Israël «au bord des flammes». L'Etat hébreu a rétorqué qu'il répliquerait «avec toute sa force» et fait état, jeudi, du déploiement de systèmes d'interception antimissiles.