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dimanche 1 décembre 2019

Pourquoi y a-t-il eu autant de morts à la chasse cette année ? le 27.11.2019



https://www.20minutes.fr

Pourquoi y a-t-il eu autant de morts à la chasse cette année ?

PLOMBS Comme dans tout sport, les chasseurs doivent pourtant respecter des règles strictes de sécurité
Lucie Bras
   
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Un chasseur en train de viser, à Vouvray (Indre-et-Loire). — GUILLAUME SOUVANT / AFP
  • Huit personnes ont été tuées dans des accidents de chasse depuis le début de la saison en septembre : c’est plus que l’an dernier durant toute la saison 2018-2019.
  • La secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon a envoyé un courrier aux représentants de la chasse, demandant « une réaction déterminée du monde cynégétique ».
  • « Les règles de sécurité mises en place sont assez bonnes, mais pas assez respectées », regrette Dominique Py, référente chasse chez France nature environnement.
Qu’a cela ne tienne pour les chasseurs : l’année 2017-2018 avait pourtant tenu ses promesses, battant des records de sécurité avec un nombre d’accidents en forte baisse. Mais depuis l’an dernier, les chiffres repartent à la hausse : déjà huit morts depuis le début de la saison en septembre, à trois mois de la fermeture en février prochain. Une hécatombe qui est remontée jusqu’au ministère de la Transition écologique. Dans une lettre, la secrétaire d’Etat à l’écologie Emmanuelle Wargon, a sommé mardi la Fédération nationale des chasseurs (FNC) d’opter pour une « réaction déterminée ».
Le renforcement de la sécurité à la chasse est une des priorités de la loi du 24 juillet dernier.
À la suite des récents accidents, j’ai interpellé le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs pour que ces mesures soient pleinement mises en œuvre sur tout le territoire.
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« Trop, c’est trop », reconnaît Nicolas Rivet, directeur général de la FNC. « On se rend bien compte que dans au mois sept cas cette année, c’est le non-respect des règles de sécurité qui a occasionné ces décès », explique-t-il. « Le problème, c’est que vous avez beau mettre des règles, on a beau les rabâcher, la bêtise des gens fait que ça continue. Comme en voiture, où les gens appellent et envoient des SMS au volant, malgré le danger pour les autres usagers », regrette-t-il.

Un alcootest avant la chasse

Face à ces huit décès, la Fédération a envoyé une lettre ouverte à tous ses chasseurs sur Facebook, et a rappelé aux fédérations les règles élémentaires. Car, comme dans tout sport, et particulièrement les sports dangereux, les chasseurs doivent respecter des règles strictes de sécurité. « Bien souvent le matin avant de partir, on fait "le rond", une réunion qui explique comment va se passer la journée et les mesures de sécurité », raconte Nicolas Rivet.
« Pour une battue au sanglier, il faut garder un certain angle de tir 30 degrés pour éviter de tirer sur le voisin, tirer seulement quand on a identifié le gibier », complète Dominique Py, référente chasse pour l’ONG France nature environnement (FNE). Il faut aussi penser à décharger son arme quand on franchit un obstacle car « très souvent les accidents viennent de là », ajoute la référente chasse. « Les règles de sécurité mises en place sont assez bonnes, mais pas assez respectées. La plupart des accidents, ce sont les chasseurs entre eux », abonde Dominique Py.
Pour elle, il manque une mesure dissuasive qui pourrait éviter des accidents : « On réclame depuis longtemps un alcootest », rappelle-t-elle, filant elle aussi la métaphore automobile. « On le fait pour les automobilistes, qui ne sont pas censés boire avant de prendre le volant. Si on le fait pour eux, en considérant qu’il y a un danger, c’est la même chose pour quelqu’un qui a une arme. »

Une population « vieillissante »

Elle pointe aussi le risque lié à « une population de chasseurs âgée et vieillissante ». « Les nouveaux chasseurs sont mieux formés lorsqu’ils demandent leur permis, mais il reste des anciens chasseurs qui n’ont pas acquis les bons réflexes car ils ont eu leur permis avant la mise en place de la réglementation au début des années 2000 », accuse-t-elle. « Et ils ne font pas l’objet de contrôles réguliers de santé. Il faudrait que ça se mette en place. »

La chasse au grand gibier (cerf, sangliers, chevreuils) est la plus accidentogène, selon les chiffres de l’office national de la chasse et de la faune sauvage, avec en moyenne 54 % des accidents. La chasse au petit gibier à plumes totalise 30 % des accidents, suivie par le petit gibier à poils (15 %). « La chasse au grand gibier est plus dangereuse parce qu’on tire à la carabine, une arme au pouvoir de létalité plus important et de portée supérieure », explique Nicolas Rivet.
« Dans la quasi-totalité des cas », la Fédération se porte partie civile contre le chasseur responsable d’un accident. « Il y a un impact négatif sur l’image de la chasse. Donc on demande des dommages et intérêts au chasseur. Chez nous, les gens travaillent pour instaurer un dialogue, et l’action d’un seul rejaillit sur tout le monde. » La Fédération nationale des chasseurs va ainsi mettre en place une formation obligatoire pour les chasseurs, à suivre tous les dix ans. Elle entrera en vigueur l’été prochain, accompagnée d’une campagne de sensibilisation « choc »… sur le modèle de la Sécurité routière.

Soldats morts au Mali. Encore une fois, que fait la France au Sahel ? - jeudi 28 novembre 2019


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                                             Révolution Permanente

OPÉRATION BARKHANE

Soldats morts au Mali. Encore une fois, que fait la France au Sahel ?

La lutte contre le terrorisme est le meilleur prétexte pour légitimer les opérations militaires visant à protéger les intérêts économiques des multinationales françaises.
jeudi 28 novembre


Lundi soir, treize soldats français sont morts dans le crash de deux hélicoptères au Mali, dans le cadre de l’opération Barkhane. Emmanuel Macron a ainsi rendu ses hommages en saluant l’intervention des troupes françaises au Sahel engagées dans un supposé « combat contre des terroristes ». Pourtant, loin des discours sur la « lutte contre le terrorisme », la présence des troupes françaises dans le Nord du pays a pour objectif principal de protéger les intérêts économiques des entreprises françaises et de maintenir domination impérialiste de la France dans la région.
Evidemment, Macron et son gouvernement tenteront de tirer profit de cet accident et de rallier derrière un discours « d’unité nationale » l’ensemble de la population française, en mémoire de ces soldats morts soi-disant pour « nous protéger ». Mais loin d’être utile à la lutte contre le terrorisme, Barkhane est un élément clé de l’impérialisme français en Afrique et en particulier au Sahel, lui permettant de garder une influence dans la région, et d’assurer le maintien de gisements d’uranium utiles à son industrie nucléaire.
L’opération Barkhane a en effet pris la suite de l’opération Serval lancée en janvier 2013 par François Hollande. A l’époque, face à la poussée d’une rébellion des populations touarègues au Nord du Mali, le gouvernement français a profité pour, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, déclencher un plan d’intervention militaire qui en fin de compte visait à installer des bases militaires française permanentes dans cette région stratégique. Par la suite, les groupes djihadistes ont profité de l’affaiblissement des groupes militaires touareg.
Aujourd’hui Barkhane est l’intervention militaire extérieure française la plus importante, déployant 4500 militaires dans la région, concentrés autour des bases de Gao au Mali, Niamey au Niger ainsi que N’Djamena au Tchad. Alors que l’opération avait été célébrée par toute la presse, par l’ensemble des partis politiques français et leurs clients africains, ainsi que par une partie de la population malienne du sud, tout le monde tablait sur une victoire rapide. Or, cela ne semble pas être le cas actuellement où l’on parle plutôt d’un bourbier.
Mais nous pouvons aussi nous poser la question si l’armée française se trouve dans un vrai bourbier ou si la nature même de l’opération lui donne cet aspect. En effet, comme dit plus haut, l’intervention française au Sahel vise des intérêts économiques et géopolitiques à long terme pour l’impérialisme français, donc elle revêt un caractère « permanent ». C’est en ce sens que vont les déclarations du chef des Etats-majors (CEMA), François Lecointre : « Si je pensais cette mission impossible il y a longtemps que j’aurais changé de métier. Je crois que nous n’atteindrons jamais une victoire définitive, il sera toujours très compliqué de voir le moment où la guerre est enfin gagnée. Et contrairement à ce qu’on imaginait dans les grands conflits du XXe siècle, jamais les armées françaises n’iront défiler en vainqueur en passant sous l’arc de Triomphe ».
François Lecointre, chef d'État-major des armées : “Je crois que nous n’atteindrons jamais une victoire définitive, jamais les armées françaises ne défileront en vainqueur sous l’Arc de Triomphe”
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Autrement dit, l’intervention militaire française dans le Sahel s’achèvera quand les stratèges français l’auront décrété car les objectifs publics de l’opération sont suffisamment flous pour justifier une présence militaire éternelle dans la région. A moins qu’un mouvement d’ampleur des travailleurs, de la jeunesse et des différents secteurs exploités de la société française, alliés aux populations locales forcent le départ prématuré des militaires français de la région.

La France demande de l’aide à l’UE pour protéger ses intérêts

La région a été particulièrement déstabilisée par les opérations catastrophiques en Libye en 2011. La décomposition de la Lybie de Kadhafi, suite à l’intervention armée occidentale sous prétexte « humanitaire », a notamment permis à des groupes armés de récupérer du matériel militaire assurant leur progression dans la région, à l’image de Boko Haram. D’où la nécessité pour la France de réaffirmer d’une part son contrôle dans la région face aux velléités des groupes islamistes, mais aussi, de maintenir l’assujettissement des gouvernements et armées du G5 Sahel engagées dans la lutte contre le terrorisme (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).
Barkhane permet en effet de donner corps à l’emprise fusionnelle de l’armée française sur celle du Tchad, où la situation sociale est explosive, mais où le dictateur Idriss Déby, installé par la France en 1991 après deux décennies de guerre, dispose du principal appareil militaire de la région et constitue un appui de choix pour le contrôle de la Centrafrique. En ce qui concerne le Mali, le pays connaît une situation instable : si l’élection d’Ibrahim Boubakar Keita a permis de faire taire la contestation sociale qui s’était développée tout au long de l’année 2012 dans le Sud, au Nord, les populations sont prises en tenailles entre les groupes djihadistes et l’armée française et ses alliés, qui se livrent aussi à des exactions contre les civils. A cela s’ajoute les rébellions Touareg au Niger en lien avec le Nord-Mali, le principal fournisseur d’uranium du nucléaire français.
Cette situation est en train de rendre plus compliquée l’intervention de l’armée française et de ses alliés et de plus en plus les populations locales voient avec hostilité la présence de l’impérialisme dans la région. C’est dans ce cadre que la France entend faire pression pour que les pays de l’UE s’engagent plus dans le conflit. Dans une interview récente au Financial Times, la ministre de la Défense, Florence Parly, a déclaré que les pays européens devraient plus s’investir dans le Sahel car après le défaite de Daesh en Syrie il fallait empêcher que cette région devienne un refuge pour les terroristes qui menacent l’Europe.

Protéger les entreprises françaises

En réalité la France essaye d’embarquer d’autres puissances impérialistes dans une intervention qui sert principalement ses propres intérêts. En effet, présent au Niger depuis un demi-siècle, le groupe Orano (anciennement Areva) tire un tiers de sa production totale de l’uranium nigérien. Le groupe y exploite deux sites miniers dans l’Arlit, au Nord-Ouest du pays, Somair et Cominak, ainsi qu’un troisième à Imouraren, mais dont le chantier est à l’arrêt depuis 2015.
La France dispose également de nombreuses entreprises au Mali, telles que BNP Paribas, présente depuis une dizaine d’années dans le pays au travers de la filiale BICIM. Orange est par ailleurs le premier opérateur sur le marché malien, avec 60% de la part du marché de la téléphonie. L’entreprise avait vu une partie de son matériel endommagé par les affrontements des groupes armés dans le Nord du pays.
Avec Barkhane, avec la dette – qui siphonne les budgets des pays africains et sert de levier pour leur imposer des politiques promues par les impérialistes – et les millions des aides au « développement », Macron entend donc jouer un rôle dans la reconstruction d’un Sahel allié de la France, en consolidant ses régimes et l’implantation française dans la zone, et se doter ainsi d’une carte de poids dans les concurrences entre grandes puissances européennes et au-delà.
C’est en ce sens que malgré certaines critiques tactiques par-ci ou par-là, notamment après la mort de soldats français (on entend beaucoup moins ces critiques quand les morts ce sont les civils maliens), au fond aucun parti du régime, ni les grands médias, ne remettent en cause l’importance stratégique des interventions militaires françaises en Afrique et dans cette région en particulier. Le discours sur « l’intérêt national » et la « lutte contre le terrorisme » ne sont que des mensonges qui ne servent qu’à masquer les vrais intérêts qui se cachent derrière le militarisme de l’impérialisme français. Aucun ouvrier, aucun jeune en France, aucun travailleur, aucun paysan ou jeune au Mali et dans toute la région n’a intérêt à soutenir l’intervention l’armée française. Cela ne peut signifier que le renforcement des capitalistes français et son militarisme principal soutien des dictatures militaires africaines.

ATTAC% - Un vendredi noir pour Amazon


Un vendredi noir pour Amazon

Mobilisation 30 novembre 2019

Pour la première fois, nous avons réussi à faire entendre un autre son de cloche à l’occasion du Black Friday. Comment ? En lançant l’appel Stop Amazon, en publiant avec les Amis de la Terre et Solidaires un rapport qui décortique le monde selon Amazon et, surtout, en nous mobilisant partout en France ces deux derniers jours. Cette première étape nous donne envie de poursuivre et d’amplifier nos actions afin de désarmer les multinationales. Mais nous avons besoin de votre aide pour y arriver.

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En 2019, le Black Friday ne se sera pas résumé à une énième fête de la surconsommation, surtout pour Amazon. Grace à notre mobilisation, cette semaine a été marquée par de nombreux débats sur Amazon et son monde. Les citoyen·ne·s, les médias, des élu·e·s et même certains membres du gouvernement se sont interrogés sur le sens du Black Friday et les conséquences sociales, fiscales et environnementales du monde que les multinationales essaient de nous vendre.
Vendredi, au petit matin, à Clichy, plus d’une centaine d’activistes d’Attac, de Greenpeace, de Solidaires, du DAL, de La Quadrature du Net et des Amis de la Terre ont bloqué le siège d’Amazon. A Lyon ce sont plus de 200 activistes d’Attac, d’Extinction Rebellion, de Youth For Climate et d’ANV-COP 21 qui ont bloqué pendant plusieurs heures le site d’Amazon de Saint-Priest. Samedi, 200 militant·e·s d’Attac, ANV-Cop21, Extinction Rebellion, Youth For Climate et des Gilets Jaunes ont bloqué pendant six heures l’entrepôt Amazon de Montélimar.
Des dizaines d’autres actions ont également eu lieu partout en France pour bloquer les «  Amazon lockers  » ou recouvrir les vitrines vides des centre villes d’affiches «  Amazon m’a tuer  ».
Mais ce n’est qu’une première étape et nous appelons toutes celles et ceux qui le souhaitent à nous soutenir et à nous rejoindre pour désarmer les multinationales et amplifier les actions en faveur du développement d’une économie locale créatrice d’emploi, génératrice de lien social tout en étant compatible avec les impératifs climatiques.
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Les personnes en situation de handicap suspectées à leur tour d’être des « fraudeurs » - le 27.11.2019

Basta !

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CONTRÔLE SOCIAL

Les personnes en situation de handicap suspectées à leur tour d’être des « fraudeurs »

PAR 
La Cour des comptes s’attaque dans un rapport à l’allocation adulte handicapé. Elle réclame une « détection des demandes frauduleuses » et accuse même les médecins de produire des « certificats de complaisance ».
Après les chômeurs, après les allocataires du RSA, les personnes en situation de handicap sont-elles la nouvelle catégorie de pauvres que le gouvernement va soumettre à des contrôles « renforcés » ? C’est ce que donne à penser un rapport de la Cour des comptes publié le 25 novembre. Celui-ci se penche sur l’allocation adulte handicapé (AAH). Il fustige « l’absence de mécanismes de détection des demandes frauduleuses » de l’AAH et conclut à l’existence d’un « angle mort » en termes « de lutte contre le recours frauduleux à l’AAH ». Les allocataires de l’AAH seraient des fraudeurs potentiels, écrit donc en substance la Cour des comptes, sans fournir aucune donnée sur ces supposées fraudes.
L’AAH est une allocation que peuvent recevoir les adultes qui sont en situation de handicap et dont le taux d’incapacité a été évalué à plus de 50 %. Il existe deux formes d’allocation, explique la Cour des comptes : celle pour les personnes au taux d’incapacité de plus de 80 %, et celle pour les personnes dont le taux d’incapacité est estimé entre 50 et 80 % et qui ne sont pas en situation de pouvoir travailler.
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L’AAH est donc là pour assurer un minium de ressources à des personnes qui ne peuvent pas travailler. Elle peut être attribuée pour un an, deux ans, cinq ans, voire plus longtemps pour les personnes dont le handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement, et, en de très rare cas sans limitation de durée. En plus, l’AAH dépend de la situation familiale de la personne : quelqu’un qui aurait droit à l’AAH mais qui est en couple avec une personne qui a des revenus au-dessus des plafonds ne touchera aucune aide liée à son handicap.

La Cour veut « instaurer un entretien d’évaluation de l’employabilité » des demandeurs

Le niveau de l’AAH, à 900 euros pour une personne seule depuis le 1er novembre (860 euros auparavant), est en dessous du seuil de pauvreté. Mais à en croire la Cour des comptes, cela coûte trop cher à l’État qui finance l’AAH : « Entre 2007 et 2017, son coût a ainsi connu une augmentation régulière d’environ 400 millions d’euros en moyenne par an, soit + 70 % en dix ans. » Avec plus d’un million d’allocataires, l’AAH est « le deuxième minimum social en France ». Surtout, le nombre d’allocataires aurait trop augmenté, selon la Cour, en particulier ceux dont le taux d’incapacité se situe entre 50 et 80 %.
Cette augmentation est en partie le résultat d’une meilleure prise en compte du handicap depuis la loi de 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Ce sont cependant ces personnes que la Cour des comptes soupçonne d’être des fraudeurs masqués. Elle vise aussi leurs médecins, qui pourraient, écrit le rapport, accorder des « certificats de complaisance » aux demandeurs. La Cour préconise donc d’obliger à l’avenir une contre-visite médicale obligatoire avant toute première attribution de l’AAH.
Nulle part dans son rapport, l’institution ne fait mention des délais souvent extrêmement longs auxquels doivent faire face les demandeurs de l’AAH. Comme plusieurs allocataires le racontaient à Basta ! dans un précédent article, et comme l’attestent aussi les chiffres officiels, il faut souvent attendre plus de six mois, voir plus d’un an pour obtenir une réponse à sa demande. Dans certains départements, les délais s’étirent jusqu’à 16 mois ! La loi dit pourtant que les demandes d’AAH doivent être traitées en quatre mois. Mais cela, la Cour des comptes se garde bien de l’écrire. Elle préconise plutôt d’« instaurer un entretien d’évaluation de l’employabilité préalablement à l’attribution de l’AAH » pour les personnes au taux d’incapacité entre 50 et 80%.
Les personnes handicapées confrontées à des délais scandaleusement longs pour bénéficier d’une aide

Des recommandations qui « jettent la suspicion sur les bénéficiaires de l’AAH »

Même une association institutionnelle comme APF France (anciennement "association des paralysés de France") a jugé dans un communiqué ces recommandations « inquiétantes car elles jettent la suspicion sur les bénéficiaires de l’AAH, remettent en cause l’accès effectif aux droits et se situent dans une seule perspective de soutenabilité financière de la dépense pour l’État ». L’APF critique la « présomption de fraude potentielle à l’AAH » qui tient d’une « représentation erronée des démarches des bénéficiaires de minima sociaux alors que plusieurs études ont démontré que la fraude sociale était résiduelle et qu’il s’agissait bien souvent d’erreurs des allocataires et non d’une volonté délibérée de frauder ».
Ce rapport de la cour des comptes entre dans la droite ligne d’une politique qui place par principe les allocataires sociaux sur le banc des accusés. Depuis début 2019, les chômeurs font face à un nouveau régime de sanctions (lire notre article). Depuis début novembre, la réforme du chômage réduit les droits des plus précaires (lire notre article).
Lire aussi : Comment les sanctions contre les chômeurs risquent, demain, de s’étendre à l’ensemble des minimas sociaux
Au Royaume-Uni aussi, il y a une dizaine d’années, le gouvernement avait mis en œuvre des sanctions contre les personnes handicapées et en longue maladie, considérant que beaucoup n’étaient pas vraiment en incapacité de travailler. Puis ces sanctions avaient été étendues à l’ensemble des demandeurs d’emplois et des travailleurs pauvres qui perçoivent une allocation. Puis, toutes les allocations sociales (handicap, RSA, aide au logement…) ont été fusionnées dans un système dit de « crédit universel ». Macron a le même projet avec son « revenu social universel ». Une fois toutes les allocations fusionnées, tous les allocataires seront-ils de même soupçonnés de frauder ?
Rachel Knaebel
Lire aussi :
Pas de « droit à l’erreur » pour les allocataires de la Caf, soumis à des contrôles toujours plus invasifs
Les personnes handicapées confrontées à des délais scandaleusement longs pour bénéficier d’une aide
« Cela va vraiment être très violent » : des agents de Pôle emploi réagissent aux sanctions contre les chômeurs
« Je n’ai jamais vu ça, un durcissement aussi violent » : des agents de Pôle emploi « horrifiés » par la réforme
« Exclure les personnes handicapées, c’est construire une société de privilèges et d’inégalités »
Photo : Lors d’une manifestation d’Handi-social / © Handi-social.

Surréaliste. ....La police n’hésite plus à utiliser des lycéens pour entraîner ses troupes au maintien de l’ordre.le 27.11.2019


Surréaliste.
La police n’hésite plus à utiliser des lycéens pour entraîner ses troupes au maintien de l’ordre.
Cette scène s’est déroulée le 22 novembre à Ploufragan (Côtes-d’Armor). Une quarantaine de CRS ont passé la journée à se former sur la meilleure manière de gérer une foule hostile. En face, 18 adolescents du lycée Rosa-Parks de Rostrenen… Équipés de sweats à capuche, ils étaient chargés de crier et de jeter des balles de tennis, tandis que les policiers maniaient matraques, gaz lacrymogènes (bien réels, eux). Ne manquait plus que les LBD… Au prochain cours ?

▶️ https://bit.ly/35BLpkt

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En finir avec la chasse à courre, usage d'un autre âge.

MesOpinions.com : le site de pétition et sondage en ligne
Vous avez signé cette pétition
En finir avec la chasse à courre, usage

 d'un autre âge.
 
En finir avec la chasse à courre, usage d'un autre âge.
 
L'auteur a un message pour vous :
Bonjour et merci beaucoup d'avoir signé notre pétition contre la chasse à courre.

90.000 signataires, ce n'est pas assez pour faire cesser cette pratique sanguinaire.

Nous pouvons y arriver, nous devons y arriver.

Pour cela, il nous faut...


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