Cette année, comme près d’un quart des Français, je me suis lancé pour la troisième fois consécutive dans le Dry January, le fameux défi de janvier au cours duquel on choisit de s’engager, surtout auprès de soi-même, à ne pas boire d’alcool pendant trente et un jours. Pour certains, et de manière générale, ce défi ne requiert pas d’effort particulier. L’alcool, dans leur vie, est à une place convenable : il est bu pour son goût, avec parcimonie et déjà déshabillé de l’éventualité de l’ivresse, qui n’est pas recherchée.
Pour d’autres comme moi, l’exercice est à la hauteur du nom qu’on lui donne, à savoir un challenge. Parce que l’alcool a toujours été là : j’ai bu mon premier verre de Sauternes au réveillon de Noël à 13 ans, âge auquel ma famille a estimé qu’il était raisonnable, voire important, que je découvre le vin pour des raisons de culture générale. Parce que l’alcool a vite été le garant d’une fête réussie : les souvenirs positifs que j’ai de ma vie étudiante et dans lesquels il n’est pas impliqué se comptent sur les doigts d’une main.
Et puis parce que se passer de l’alcool, quand on travaille ou qu’on a comme tout le monde son lot de petits problèmes, nécessite d’inventer pour soi-même de nouvelles manières d’être au monde. Comme Charlotte Peyronnet, avec qui j’en parlais au moment de la parution du livre dans lequel elle explore les racines de son alcoolisme, je me suis longtemps trouvé plus drôle, plus intéressant et moins timide après deux pintes.
Le fait est qu’au terme de ce troisième Dry January, je me pose sérieusement la question d’arrêter l’alcool pendant un an. Sans en faire une performance, ou quelque chose dont je voudrais pouvoir me vanter, c’est la première fois que j’arrive à mesurer – à travers un journal que j’ai tenu tous les jours – l’impact positif de cet arrêt sur ma fatigue, mes niveaux d’anxiété, ma capacité à gérer le stress ou encore la contrariété.
Ceci n’a rien de surprenant : une revue de la littérature scientifique britannique, publiée en septembre 2025, confirme l’accroissement du bien-être psychologique à long terme des personnes qui s’engagent dans le Dry January au moins une fois dans leur vie. Alors durera, durera pas ? Le 31 janvier, je suis invité à dîner chez des amies qui aiment le bon champagne. Mon premier vrai test.
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