Constat amer
Nous vivons dans une étrange réalité. Comme si nous étions plongés dans un monde parallèle, tout en étant pourtant bien ancrés sur le plan terrestre.
Autour de nous, les événements se succèdent, parfois stupéfiants, souvent incompréhensibles. Les réactions humaines, les prises de position, les silences aussi, deviennent parfois hallucinants.
Il y a quelques jours, un Américain d’origine africaine a été reconnu innocent… soixante-dix ans après son exécution. Soixante-dix ans. Le temps d’une vie entière. Une injustice si immense qu’elle semble irréelle, et pourtant elle est bien réelle.
Dans le même temps, des responsables politiques utilisent l’argent public, l’argent des impôts, comme une enveloppe personnelle, sans considération pour les véritables besoins des citoyens. Et beaucoup trouvent cela normal. Ce n’est « pas si grave ». On continue à les soutenir, à fermer les yeux, à détourner le regard.
Un animateur télévisé est condamné pour des faits sur mineurs, et pourtant, des voix s’élèvent pour le défendre. Pourquoi ? Comment est-ce possible ?
Parce qu’au fond, beaucoup ne regardent que leur propre nombril. Ils ne parlent pas, non pas parce qu’ils n’ont rien à dire, mais parce qu’ils ont peur. Peur de perdre leur place, leur confort, leur situation. Peur d’être exclus.
Heureusement, il existe encore des personnes qui osent. Comme l’humoriste Blanche Gardin, qui a pris la parole avec lucidité et courage. Elle a si bien parlé qu’aujourd’hui, elle en paie le prix : elle se retrouve écartée, mise à l’écart, presque empêchée de travailler.
Et elle n’est pas la seule.
Dès que l’on ose exprimer des valeurs sincères, dès que l’on tente de rester dans une forme de logique et d’honnêteté intellectuelle, on devient un paria. On dérange. On gêne. On est exclu.
Alors oui, parfois, tout cela donne l’impression que nous vivons hors du temps, comme déconnectés d’une réalité qui devrait pourtant être évidente. Comme si nous évoluions dans un monde parallèle, où l’injustice devient banale, où le silence est récompensé, et où la parole sincère est sanctionnée.
Fabienne Fiora de Ferry
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