![]() |
Mort d'Alex Pretti, infirmier américain tué par la police de l'immigration à Minneapolis
Les réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans, discrimination raciale immobilière, procès des manifestants en Iran, un nouveau gouvernement après l'adoption du budget.
| |||||||||||||||
Mort d’Alex Pretti, infirmier américain tué par la police de l’immigration à Minneapolis
Un peu plus de deux semaines après la mort de Renee Good, un second citoyen américain a été tué par des agents fédéraux à Minneapolis. Alex Pretti, 37 ans, a été tué par balles en pleine rue par des membres de la police aux frontières.
“Cela ressemble à une situation dans laquelle un individu voulait faire un maximum de dégâts et massacrer des forces de l’ordre”, commente le ministère dans son communiqué. “Il était là pour se livrer à la violence”, a déclaré à la presse la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, tandis que le conseiller de la Maison Blanche Stephen Miller a qualifié Alex Pretti d’“assassin”, dans un message relayé par le vice-président J.D. Vance. Une version réfutée par ses parents, qui accusent l’administration Trump de répandre “des mensonges écœurants sur leur fils”.
Plusieurs vidéos de la scène ont été diffusées sur les réseaux sociaux, dont une a été authentifiée par les autorités. Elles montrent plusieurs agents avec des gilets siglés “police” lutter pour amener la victime au sol, avant de la frapper plusieurs fois. Un tir résonne, les agents s’écartent de l’homme allongé dans la rue, et tirent à plusieurs reprises sur lui.
Une analyse de ces images par le média d’investigation Bellingcat vient contredire la version des autorités. “Deux agents différents tirent manifestement avec leurs armes et au moins dix coups sont tirés au total”, explique Bellingcat, “la plupart” alors que “l’homme était déjà allongé au sol immobile”. Une version également soutenue par The New York Times.
Gregory Bovino, le chef controversé de la police aux frontières, s’est exprimé rapidement après les faits lors d’une conférence de presse. Selon lui, Alex Pretti a été tué à 9h05, alors que des agents fédéraux menaient une “mission ciblée” pour arrêter un ressortissant étranger en situation irrégulière. Plusieurs manifestants étaient alors dans la rue pour s’opposer au bon déroulement de leur opération.
Les agents responsables de la mort d’Alex Pretty n’appartenaient pas à l’ICE, la police de l’immigration au cœur des débats depuis plusieurs semaines, mais à la Border Patrol, la police aux frontières, une autre agence fédérale dépendant du ministère de la Sécurité intérieure américain. Ces agents, normalement responsables de l’immigration frontalière, ont été déployés à Minneapolis et dans d’autres grandes villes des Etats-Unis par l’administration Trump pour soutenir les opérations de l’ICE.
L’homme abattu est un Américain de 37 ans nommé Alex Pretti. Né dans l’Illinois, il était infirmier dans un service de réanimation de l’hôpital de Minneapolis. Sa famille a dressé le portrait d’un homme engagé et passionné de sport. “Il était très sensible à la cause des gens et profondément bouleversé par ce qui se passait à Minneapolis et dans tout le pays avec l’ICE, comme des millions d’autres personnes”, a expliqué Michael Pretti, son père.
Selon le chef de la police de Minneapolis, Brian O'Hara, il possédait un permis légal de port d'arme et n'était pas connu des services de police. Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, a réclamé que l'enquête soit chapeautée par les autorités locales, et non fédérales : “On ne peut pas se fier à l'Etat fédéral”, a-t-il affirmé, avant d'accuser l'ICE de semer “le chaos et la violence”.
Peu après les faits, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur les lieux du drame. Des rassemblements de protestation ou d'hommages à Alex Pretti ont également eu lieu dans plusieurs autres grandes villes des Etats-Unis, de New York à Los Angeles.
Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.
Proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans
C’est un texte cher au président de la République, qui souhaite le voir entrer en vigueur dès la rentrée prochaine à la faveur d’une procédure accélérée. L’examen d’une proposition de loi contenant l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans débute aujourd’hui dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Le texte, porté par la députée Renaissance Laure Miller, prévoit aussi de bannir les téléphones portables des lycées. L’objectif général est notamment de protéger les plus jeunes de contenus inadaptés et de prévenir les risques de cyberharcèlement.
La loi prévoit donc que “l'accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de 15 ans”. Une interdiction générale, donc, mais soumise à des exceptions pour “les encyclopédies en ligne”, comme Wikipédia, ou encore des “répertoires éducatifs”.
Les modalités choisies pour vérifier l'âge des utilisateurs restent inconnues. Il y a toutefois de bonnes chances qu'elles soient similaires à celles mises en place pour vérifier la majorité des utilisateurs de sites pornographiques.
Malgré quelques critiques émises par certains députés de gauche, la proposition de loi est globalement consensuelle dans les rangs de l’hémicycle.
Près d’une agence immobilière sur deux accepte ou facilite une discrimination raciale
Près d’une agence immobilière sur deux accepte ou facilite une discrimination raciale de la part de propriétaires en 2025, révèle SOS Racisme via une nouvelle campagne de testing. Des chiffres similaires aux derniers testings réalisés en 2019 et 2022.
En six ans et trois campagnes, “le taux de discrimination n'a pas reculé”, regrette SOS Racisme. L'association affirme qu'une “réaction ferme des pouvoirs publics et des professionnels de l’immobilier s’impose face aux manquements persistants des agences”.
Près de 200 agences ont été contactées par téléphone partout en France. Des membres de SOS Racisme se sont fait passer pour des propriétaires de biens immobiliers mettant un bien en location à condition que l’agence sollicitée envoie des profils de “type européen” afin d’éviter, selon eux, des “problèmes de voisinage”.
Dans le détail, 96 agences (48,48%) ont accepté ou facilité une discrimination raciale : 48 ont accepté directement de discriminer en sélectionnant les locataires sur la base d’un critère racial. Et 48 autres ont refusé de le faire elles-mêmes mais ont permis ou encouragé que le propriétaire réalise cette sélection discriminatoire. A l’inverse, 102 agences (51,52%) ont refusé de discriminer et clairement affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l’origine.
Un décret d’octobre 2020 impose désormais une formation obligatoire à la non-discrimination pour les professionnels de l’immobilier titulaires d’une carte professionnelle. En cas de non-respect, le renouvellement de la carte professionnelle peut être refusé, “empêchant ainsi l’exercice légal de l’activité”.
Dominique Sopo, président de SOS Racisme, estime que ces formations sont souvent insuffisantes et mal contrôlées. L’association renouvelle donc ses 10 propositions en matière de prévention et de sanction, parmi lesquelles “la mise en place obligatoire du dossier anonyme pour les professionnels de l’immobilier”, ou encore “renforcer les sanctions pénales en cas de discriminations sur le modèle des sanctions pour le logement insalubre”.
Procès des manifestants en Iran
La répression continue de s’abattre en Iran. Le chef du pouvoir judiciaire iranien a promis des procès “au plus vite” contre les manifestants arrêtés lors du mouvement de contestation ayant secoué la République islamique, et des punitions “sans la moindre clémence” pour ceux qui seront reconnus coupables. Selon des organisations de défense des droits humains, plusieurs milliers voire dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées au cours de ce mouvement de contestation du pouvoir, qui a fait des milliers de morts début janvier.
“Le peuple exige à juste titre que les accusés et les principaux instigateurs des émeutes et des actes terroristes et violents soient jugés au plus vite”, a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï, cité par l’agence Mizan, l’organe du pouvoir judiciaire. Promettant “la plus grande rigueur” dans les enquêtes, il a aussi estimé que “la justice implique de juger et de punir sans la moindre clémence les criminels qui ont pris les armes et tué des personnes, ou commis des incendies criminels, des destructions et des massacres”.
Pendant les manifestations, la télévision d’Etat avait diffusé plusieurs vidéos mettant en scène le chef du pouvoir judiciaire interrogeant lui-même des manifestants arrêtés, faisant craindre aux défenseurs des droits humains des “aveux forcés”.
Sébastien Lecornu envisage de revoir son gouvernement après l’adoption du budget
Le Premier ministre Sébastien Lecornu envisage un “ajustement” de son équipe gouvernementale une fois le budget définitivement adopté. Le chef du gouvernement pourrait également profiter des prochaines élections municipales pour procéder à des changements dans son équipe, car la ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, a prévenu qu’elle quitterait le gouvernement avant le scrutin pour se consacrer à sa campagne.
La ministre des Sports, Marina Ferrari, est quant à elle tête de liste à Aix-les-Bains et Michel Fournier, ministre chargé de la Ruralité, est le maire sortant d’un village des Vosges, dans lequel il brigue un septième mandat. De son côté, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, est engagée dans le second tour d’une législative partielle dans le Loiret.
Sébastien Lecornu a utilisé à deux reprises l'article 49.3 pour faire adopter les volets recettes et dépenses du budget 2026. Il doit encore affronter une nouvelle motion de censure. Après un nouveau passage au Sénat, le texte devrait être définitivement adopté début février.
La censure est en marche dans la revue de presse du Monde Moderne
Vous êtes actuellement un abonné gratuit à Le Monde Moderne. Pour profiter pleinement de l'expérience, améliorez votre abonnement.
© 2026 Le Monde Moderne
112 avenue de Paris, CS 60002, 94306 Vincennes Cedex


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire