ZFE ou pas ZFE ? Santé des populations, en particulier les plus fragiles, ou victoire des lobbies du tout-voiture ? Après un vote la semaine dernière en commission mixte paritaire visant à les supprimer, dans le cadre du projet de loi «de simplification de la vie économique» des entreprises, que deviendront les zones à faibles émissions, les fameuses ZFE, donc, qui visent à limiter la circulation des véhicules les plus polluants au sein d’un périmètre défini, en s’appuyant sur la classification «Crit’Air», fondée sur les normes européennes d’émissions de polluants atmosphériques ? Seront-elles bel et bien mortes et enterrées, comme le souhaitent le Rassemblement national, Les Républicains, La France insoumise et une partie du camp gouvernemental ?
Le suspense durera finalement encore. Leur sort devait être soumis à deux scrutins, prévus ce mardi 27 janvier à l’Assemblée nationale et ce jeudi 29 janvier au Sénat. Mais ce lundi après-midi, coup de théâtre : ces scrutins vont être repoussés par le gouvernement, aucune nouvelle date n’étant officialisée, selon l'AFP.
Quoi qu’il en soit, si enterrement des ZFE il y avait un jour, cela signifierait non seulement une victoire du populisme, comme le pointe notre éditorialiste politique Thomas Legrand dans son éditorial de ce dimanche, mais ce serait aussi une défaite pour notre santé à tous, et d’abord pour celle des enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou personnes défavorisées… ces dernières vivant plus que le reste de la population près des axes routiers. Car la pollution atmosphérique, en grande partie due au trafic routier de véhicules polluants, rend malade et tue, surtout ces personnes-là, fragiles ou précaires. Ce ne sont pas des hurluberlus écervelés qui le disent, mais Santé publique France. Selon cette agence nationale on ne peut plus sérieuse, en France, en 2021, 47 000 décès étaient attribuables chaque année à une exposition de la population au dioxyde d’azote (NO2) et aux particules fines (PM2,5).
Dans l’espoir de sauver les ZFE, donc de préserver notre santé, l'association Respire a annoncé lundi le dépôt d’un recours collectif contre l'Etat pour le contraindre à agir contre la pollution de l'air. «En supprimant les ZFE sans aucune alternative crédible, l’Etat fait le choix de sacrifier la santé des plus vulnérables, à commencer par les enfants», accuse Respire. Difficilement défendable. 
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