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lundi 26 janvier 2026

L'ECLAIREUR : Pas de Groenland pour Donald et la mort de la mondialistation, de l'Otan et de l'UE...Lundi 26 janvier 2026

 

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Pas de Groenland pour Donald et la mort de la mondialistation, de l'Otan et de l'UE

Le néolibéralisme est peut-être en fin de course sur la scène internationale, mais Trump se heurte à de sérieuses difficultés sur le front intérieur.

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Getty Images Donald Trump delivers a speech from a lectern at the World Economic Forum in Davos wearing a navy suit, red tie and a US flag pinned to his suit.

Donald Trump se retrouve coincé sur le terrain de la politique intérieure — bloqué par les tribunaux, le Congrès, le fédéralisme et l’inertie de l’appareil bureaucratique.

Le schéma est immuable. Lorsque la machine washingtonienne s’enraye, les présidents se tournent vers l’étranger, là où la Constitution leur confère une latitude quasi illimitée. Trump ne fait pas exception — il pousse simplement le volume à fond.

Rien qu’en janvier 2026, il décidé de la sortie des États-Unis de 66 organisations, conventions et traités internationaux jugés contraires aux « intérêts américains », coupant les financements et la participation à des entités onusiennes (dont 31 organismes affiliés) et aux accords climatiques comme la CCNUCC et le GIEC. Aucun vote du Congrès, aucun feu vert des États fédérés — un simple mémorandum présidentiel et un trait de plume ont suffi.

À cela s’ajoute l’obsession groenlandaise : menaces de droits de douane contre le Danemark et plusieurs alliés européens (10 % dès le 1er février, puis 25 %), option militaire évoquée avant d’être prudemment retirée, et annonce précipitée d’un « accord-cadre » avec l’OTAN pour garantir un accès américain à l’île. Le tout exécuté par décrets, menaces commerciales brandies au titre de la section 232 de la loi de 1962 sur le développement du commerce international, et intimidation diplomatique sans fard.

Rien de bien nouveau. C’est la présidence impériale dans sa forme la plus pure et la plus prévisible. Obama a lancé sa campagne de frappes par drones et a bombardé la Libye tandis que ses réformes piétinaient. Bush a déclenché des guerres post 11-Septembre dans un contexte de blocage législatif. Clinton a frappé l’ex-Yougoslavie alors que sa procédure de destitution le visant se matérialisait. Trump, fidèle à lui-même, fait la même chose — en plus bruyant, plus outrancier, et avec moins de faux-semblants.

Il dénonçait hier les « chaînes globalistes » ; il les remplace aujourd’hui par sa propre version du multilatéralisme.

Le constate est révélateur. En politique l’intérieure, les promesses d’expulsions massives, de révolution électorale par l’identification obligatoire, et de purges institutionnelles se heurtent aux garde-fous constitutionnels, à la résistance des villes sanctuaires et aux injonctions judiciaires. À l’extérieur, Trump joue à l’empereur — parce qu’il le peut.

Les beaux discours peuvent gagner les foules et des élections ; seule leur mise en oeuvre compétente produit des réformes durables. Un an après le début de son second mandat, l’agenda intérieur de Trump reste davantage un slogan qu’une réalité, tandis que la scène internationale lui sert de soupape médiatique.

L’arsenal de politique étrangère de la présidence américaine est précisément conçu pour cela : quand on ne peut pas gouverner chez soi, on gouverne le monde.

Il me faut le Groenland ! Où est mon Roy Cohn ?

L’obsession inexplicable de Donald Trump pour l’annexion du Groenland a débouché sur un revers sur la scène internationale. Ce fiasco prévisible relègue au second plan son discours fondateur de Davos, où il a entonné l’oraison funèbre de la mondialisation et des cénacles comme le Forum économique mondial — ces conclaves opaques où une élite autoproclamée prétend façonner l’avenir de l’humanité, à bonne distance de toute responsabilité démocratique.

Et c’est sous le regard de Larry Fink — le patron de BlackRock, qui, quelques heures plus tôt, avait pontifié avec gravité sur la nécessité pour la planète entière d’adopter des monnaies numériques adossées à une blockchain unique et unifiée — que Trump a lancé sa charge frontale, sans détour ni précaution liminaire.

Fink, désormais maire de facto de Davos depuis le départ de Klaus Schwab, venait d’exposer doctement le plan directeur de notre avenir radieux : un monde où la tokenisation réduit les coûts, limite la corruption, démocratise l’accès et canalise la finance mondiale vers une blockchain unique. Il a présenté ce basculement comme une évolution inéluctable — la fusion des banques et des blockchains, sans place les économies développées à la traîne alors que le Brésil et l’Inde avancent.

Puis Trump est monté à la même tribune — introduit par Fink lui-même, ironie suprême — et a méthodiquement éventré l’arnaque globaliste que Fink incarne. Aucune révérence envers le pape de la financiarisation numérique ; à la place, une résurrection de la souveraineté nationale contre les plans supranationaux. Le contraste était saisissant : d’un côté, un homme prêchant le contrôle numérique centralisé des flux monétaires ; de l’autre, un président enterrant les illusions mondialistes.

Ce ne fut pas pas un hasard mais un camouflet délibéré. L’obsession absurde de Trump pour le Groenland lui a peut-être valu un œil au beurre noir diplomatique, mais à Davos, il a mis K.O les grands prêtres du nouvel ordre financier, leur rappelant que les nations — les peuples — et non les banques, les multinationales, les technocrates ou les milliardaires, tiennent les rênes.

Méfiez-vous du Don. Derrière les outrances tonitruantes se cache une épaisseur bien réelle : des idées claires et un agenda politique d’une cohérence redoutable. Ses attaques incessantes contre la Réserve fédérale ? Rien de moins qu’une tentative de la remettre au pas — ou plus exactement de la plier à la volonté du pouvoir élu — une institution au service des banques et de Wall Street bien davantage que des Américains ordinaires.

Trump s’emploie méthodiquement à démonter l’édifice globaliste, dont les racines remontent aux années 1920 et dont l’architecture fut après-guerre surtout façonnée par David Rockefeller — figure centrale et incontestée de l’ordre mondialiste — aux côtés de planificateurs comme George Ball et les frères Dulles.

Dans un ordre chronologique approximatif, David Rockefeller a fondé, cofondé ou profondément façonné : le Council on Foreign Relations (qu’il a rejoint très tôt et présidé pendant quinze ans), le groupe Bilderberg (dont il fut un pilier dès son lancement en 1954), la Commission trilatérale (sa création personnelle en 1973), le Club de Rome (lié dès 1968 aux réseaux de la Fondation Rockefeller), Davos et le Forum économique mondial (soutenus par l’influence Rockefeller dans les premiers cercles élitistes gravitant autour de Klaus Schwab), ainsi que le GIEC, établi en 1988 sous l’égide de l’ONU avec l’« assistance » des écosystèmes philanthropiques Rockefeller et de personnages proches comme Maurice Strong.

C’est dans ces cénacles qu’ont été forgées les doctrines aujourd’hui discréditées à l’origine de nos crises : mondialisation débridée, alarmisme climatique, partenariats public-privé et règne de la monnaie fiduciaire et de la finance dont le moteur est la dette.

Qu’on ne s’y trompe pas : OTAN et Union européenne en sont les expressions les plus abouties — et les plus verrouillées.

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Directrice de la publication : Patricia Cerinsek

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