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dimanche 25 janvier 2026

Arrêtons la marche à la guerre, le monde est une poudrière et les fous sont aux commandes !.Dimanche 25 janvier 2026

 


LE PSEUDO « CONSEIL DE LA PAIX » DE TRUMP, UNE ENTREPRISE DE LIQUIDATION DE L’ORDRE INTERNATIONAL
Sous la houlette de Donald Trump , le grand capital poursuit sa fuite en avant autoritariste , belliciste et guerrière .
Présenté avec le vocabulaire lisse de la médiation , le « Conseil de paix » lancé par Donald Trump en janvier 2026 apparaît , à y regarder de plus près , comme bien autre chose qu’une simple initiative diplomatique . Sous couvert de « régler les conflits mondiaux », cette structure s’esquisse surtout comme un instrument destiné à parachever une œuvre engagée depuis plusieurs années : l’affaiblissement méthodique du droit international issu de l’après-guerre et la mise au pas de l’ONU au profit d’un directoire des puissances d’argent .
La charte même de ce Conseil trahit immédiatement sa véritable nature . Loin du principe d’égalité souveraine des États qui fonde théoriquement l’Organisation des Nations-Unies , l’accès à cette nouvelle instance repose sur une logique ouvertement censitaire , c’est à dire le paiement d’un milliard de dollars ( en espèces ) pour obtenir un siège permanent et un mandat illimité . Jamais l’impérialisme n’avait affiché avec autant de cynisme sa conception marchande des relations internationales . La paix n’est plus un droit des peuples , mais un produit financier réservé à ceux qui peuvent s’en offrir le ticket d’entrée .
La concentration des pouvoirs entre les mains de Donald Trump parachève cette caricature institutionnelle . Seul habilité à inviter ou exclure les États membres , détenteur d’un droit de veto absolu sur toutes les décisions , il préside un organisme qui ressemble moins à une assemblée internationale qu’à un conseil d’administration privé . La possibilité de révoquer un membre , sauf opposition des deux tiers , confirme que cette structure n’a rien d’un espace de délibération démocratique : elle fonctionne selon les règles brutales du rapport de force et de l’allégeance politique .
Le choix des premiers participants éclaire encore davantage les objectifs réels de l’opération . Autour du noyau dur trumpiste , Jared Kushner , Steve Witkoff , Marco Rubio , gravitent Viktor Orbán (Hongrie), Javier Milei (Argentine), Mohammed VI (Maroc), Ben Ayed Al Nahyane (Émirats Arabes Unis) ou encore Tony Blair (Angleterre) et Ajay Banga (Inde). On y retrouve pêle-mêle des figures du néolibéralisme autoritaire , des relais fidèles de Washington et des représentants de régimes pour lesquels la notion de souveraineté populaire reste une abstraction commode . Le fait que l’Union européenne , pourtant issue d’une construction juridique fondée sur le multilatéralisme , exprime (dans la désunion) son intérêt à y siéger en dit long sur l’état de soumission politique du Vieux Continent .
Officiellement , la priorité du Conseil serait la « reconstruction de Gaza ». Le choix de ce dossier inaugural n’a rien d’innocent . Depuis le 7 octobre 2023 , Israël a servi de véritable éclaireur stratégique à Trump au Moyen-Orient , testant par le feu une nouvelle manière de remodeler la région : écrasement militaire , déplacement de populations , mise sous tutelle économique , puis « reconstruction » confiée à des consortiums internationaux . Ce laboratoire gazaoui permet aujourd’hui de légitimer une structure qui prétend se substituer aux mécanismes onusiens d’aide et de résolution des conflits .
Ainsi se dessine une continuité inquiétante . Là où l’ONU , malgré toutes ses limites , reposait sur des normes collectives (droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, interdiction de l’annexion par la force, protection des civils…), le Conseil de paix inaugure un ordre post-juridique . Les conflits ne seraient plus arbitrés selon des principes universels , mais « réglés » par un club restreint d’États et d’intérêts privés capables d’acheter leur place à la table des décisions . C’est le vieux rêve des puissances capitalistes : remplacer le Droit international par le droit des affaires .
En réalité , cette initiative s’inscrit dans une offensive plus large contre tout ce qui subsiste des conquêtes politiques de 1945 . Après des décennies de sape idéologique du multilatéralisme , de guerres menées sans mandat de l’ONU , de sanctions unilatérales et de tribunaux à géométrie variable , Washington franchit une nouvelle étape : créer sa propre structure concurrente , débarrassée des contraintes héritées de l’équilibre issu de la victoire sur le fascisme .
Derrière la rhétorique de l’efficacité et du pragmatisme , c’est une vision profondément réactionnaire (fasciste) des relations internationales qui se met en place . Les peuples en sont les grands absents . Nulle trace , dans cette charte , du droit des nations à décider librement de leur destin ; nulle mention du développement , de la justice sociale ou de la lutte contre les inégalités mondiales . Tout y renvoie à une seule logique : celle de la domination politique garantie par la puissance financière .
Le « Conseil de paix » n’est donc pas une alternative à l’ONU . Il en est le fossoyeur programmé . En prétendant résoudre les conflits par l’entremise d’un directoire milliardaire , il prépare un monde où la guerre et la paix seront décidées comme des investissements , où la souveraineté deviendra une marchandise , et où le Droit international sera définitivement relégué au rang de relique du passé .
L’actualité la plus récente vient d’ailleurs confirmer de manière éclatante ce que recouvre concrètement ce « nouvel ordre » en gestation . Le mardi 20 janvier 2026 , des bulldozers israéliens ont détruit à Jérusalem-Est le siège de l’UNRWA , dans une opération qualifiée par l’agence onusienne elle-même d’« attaque sans précédent » et de violation flagrante du droit international ainsi que des immunités des Nations unies . Ce geste n’est pas un dérapage isolé : il symbolise l’entreprise systématique de démantèlement des cadres juridiques internationaux dès lors qu’ils entravent les objectifs des alliés de Washington . Après avoir servi d’éclaireur militaire et politique depuis le 7 octobre 2023 , Israël montre la voie d’un monde où les institutions multilatérales peuvent être balayées à coups de pelleteuses lorsque leur action gêne la logique de conquête et de domination .
Dans ce contexte , le « Conseil de paix » trumpiste prend tout son sens . Il n’est pas conçu pour protéger le Droit international, mais pour organiser son contournement définitif . À mesure que les bâtiments de l’ONU sont détruits et que ses résolutions sont piétinées , une architecture parallèle se met en place , destinée à légitimer la loi du plus fort sous un vernis de reconstruction humanitaire . L’attaque contre l’UNRWA n’est pas seulement un acte de guerre contre une agence internationale ; elle est un avertissement adressé à tous les peuples : l’impérialisme n’entend plus tolérer la moindre entrave institutionnelle à ses projets .
Face à cette offensive globale , aucune illusion n’est permise . La défense du droit des peuples ne sortira pas des salons feutrés où se monnayent les sièges à un milliard de dollar s. Elle ne pourra venir que d’un sursaut internationaliste , d’un renforcement résolu de la solidarité entre nations dominées , et de la renaissance des mouvements populaires capables de s’opposer à l’arbitraire des puissances capitalistes . Relancer et renforcer les outils de lutte contre l’impérialisme (syndicats combatifs , organisations progressistes , coopérations Sud-Sud, mobilisations pour la paix et la justice) devient une nécessité historique .
Car si l’ordre né de 1945 est aujourd’hui méthodiquement attaqué , c’est qu’il portait encore la trace des grandes victoires populaires du 20e siècle contre le fascisme et la conquête de droits démocratiques et sociaux . Le préserver et le dépasser exigera de retrouver cet esprit de combat anticapitaliste et anti-impérialiste . À l’heure où les bulldozers rasent les symboles mêmes du multilatéralisme , il revient aux peuples du monde de reconstruire , par leur unité et leur mobilisation , un véritable front pour la paix , non pas celle des milliardaires , mais celle des nations libres et souveraines .
Face à cette offensive , la défense de l’ordre international issu de l’après-guerre , aussi imparfait soit-il , devient un enjeu démocratique majeur . Car ce qui se joue derrière l’initiative trumpiste , ce n’est pas la paix , mais la consolidation d’un nouvel impérialisme belliqueux , décomplexé et violent , décidé à porter l’estocade finale aux derniers garde-fous juridiques hérités des luttes du 20e siècle.
Alger , le 21 janvier 2026
COLLECTIF « ÉCHOS DE LA VIE ICI-BAS »
Merci à Ali Ben Dris




Édito — choquant, radical, sans anesthésie
L’humanité ne craint plus la guerre mondiale : elle la fantasme.
On ne prépare pas la paix quand on accumule des bombes capables d’effacer la planète plusieurs fois.
On ne dissuade pas quand on perfectionne l’anéantissement.
On s’entraîne.
Les grandes puissances ne gouvernent plus : elles parient.
Elles jouent à la roulette nucléaire avec des peuples qui n’ont rien demandé, convaincues que la fin du monde sera toujours pour demain — ou pour les autres.
La mort est devenue un argument politique.
Un outil de négociation.
Une ligne dans un budget militaire.
On nous parle de sécurité pendant qu’on normalise l’idée de disparaître sans explication, sans sépulture, sans mémoire.
À ce rythme, mourir dans son lit sera bientôt un privilège.
Et pendant que les chefs d’État testent leurs muscles, les peuples apprennent à vivre avec l’idée que leur existence peut être effacée par une décision prise à des milliers de kilomètres.
Alors oui, certains se tournent vers les loas, vers Dieu, vers l’invisible.
Non pas par superstition, mais par désespoir politique.
Quand la raison humaine devient suicidaire, le spirituel redevient un refuge.
Mais qu’on ne se trompe pas :
aucun loa, aucun dieu, aucun esprit ne sauvera une humanité qui a choisi sa propre disparition comme horizon.
La troisième guerre mondiale n’est peut-être pas inévitable.
Mais ce qui est certain, c’est que l’homme fait tout pour la mériter.

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