Les baleines, les thons et les saumons ignorent les frontières. Ils n’ont que faire des «eaux territoriales» ou des «zones économiques exclusives», toutes ces lignes tracées par les nations pour s’approprier l’océan. Désormais, près de la moitié de l’immensité liquide appelée «haute mer» pourrait être mieux préservée, grâce à la ratification, en fin de semaine dernière, par soixante pays, d’un nouveau traité onusien. Le texte, fruit de vingt ans de négociations, fixe un objectif clair : placer 30 % de la haute mer sous un statut de protection d’ici 2030.
C’est une excellente nouvelle pour les créatures marines qui la peuplent, mais aussi pour l’humanité, tant les écosystèmes océaniques jouent un rôle vital dans la régulation du climat. C’est surtout la preuve que la diplomatie environnementale est encore capable de miracles – n’en déplaise à Donald Trump, président autoproclamé des climatosceptiques du monde entier, comme il l’a encore rappelé mardi à la tribune de l’ONU. Voici pourquoi, malgré la zone d’ombre entourant l’application du traité, votre Fil Vert fait, ce jeudi, le choix de célébrer cette victoire en donnant la parole, dans un long entretien, à Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur français de l’océan. Il raconte à Julie Renson Miquel les efforts intenses qui ont conduit à une «réussite historique », selon les mots du secrétaire général des Nations unies. 
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