A ce jour, c'est une des seules idées d'Emmanuel Macron pour réformer l'Europe à avoir rencontré un écho franchement favorable à Bruxelles. Vendredi 23 février, à l'issue d'un conseil des dirigeants de l'Union européenne (UE), le président français a confirmé que 26 pays avaient accepté d'organiser des " consultations citoyennes " dans leurs territoires respectifs, entre avril et décembre prochain.
Le Royaume-Uni n'ayant pas été convié à la réunion bruxelloise (pour cause de Brexit), seule la Hongrie manque à l'appel,
" ce qui doit être une surprise pour vous " a ironisé le président français à l'issue du conseil, faisant allusion aux positions anti-Bruxelles du premier ministre, Viktor Orban. Les Pays-Bas, sceptiques sur la démarche, se sont laissé convaincre à la toute dernière minute.
" Une décision doit encore être prise mais de telles consultations, si elles ont lieu, devront se dérouler selon nos critères ",soulignait encore une source diplomatique vendredi matin.
" C'est le résultat d'un travail de conviction ", s'est félicité M. Macron qui avait lancé l'idée de ces consultations dès sa campagne pour la présidentielle. Le but est de donner la parole aux citoyens partout dans l'Union pour qu'ils expriment leurs doléances, ou leurs attentes vis-à-vis de l'Europe.
Caisse de résonanceCes préoccupations devraient faire l'objet d'une synthèse, que les dirigeants discuteront à leur conseil de décembre 2018, dans la dernière ligne droite avant les élections européennes de mai 2019. Car ces consultations sont évidemment liées à ce scrutin, crucial pour le président français. Mais pas question d'en faire un exercice partisan, souligne-t-on à l'Elysée.
C'est le 17 avril, depuis le Parlement de Strasbourg, que M. Macron compte lancer ces consultations pour la France. Les autres Etats pourront organiser leurs débats à leur guise : beaucoup refusaient d'avoir à dupliquer une démarche conçue depuis Paris. Les Luxembourgeois semblent les plus motivés : le premier ministre libéral, Xavier Bettel, a désigné son ministre des affaires étrangères comme le pilote du projet. D'autres – les Italiens, les Irlandais ou les Néerlandais – s'inquiètent que ces débats servent de caisse de résonance aux anti-Européens.
" Ce n'est pas en fuyant le débat qu'on rendra service à l'Europe ", souligne-t-on à l'Elysée.
Ces consultations participent d'un dispositif macronien plus large : d'une volonté affichée de revitaliser la démocratie européenne exposée par le président lors d'un vibrant discours en septembre 2017 à Athènes. L'autre partie du dispositif, ce sont ces listes transnationales pour les européennes, composées de candidats venus de toute l'UE. Elles ont été sèchement recalées par le Parlement européen, début février.
" Le Parlement a raté une occasion ", a regretté M. Macron vendredi.
Mais au conseil, les dirigeants ont aussi décliné la proposition, du moins pour 2019 (ils se sont engagés à y travailler pour 2024).
" Je continuerai à mettre toute l'énergie de la France dans cette bataille - pour plus de démocratie -
", a souligné le président français.
" La France n'a pas à rougir de son volontarisme européen ", a-t-il conclu, comme pour conjurer l'inertie de ses partenaires européens.
Cécile Ducourtieux
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