Municipales: à Marseille, revers au 1er tour pour le PS devancé par le FN
AFP/AFP - Le candidat socialiste à la mairie de Marseille Patrick Mennucci vote pour le premier tour des municipales, le 23 mars 2014
Patrick Mennucci, porteur
du rêve de reconquête socialiste à Marseille, a subi un revers cinglant au
premier tour, les estimations donnant le PS devancé par le FN de Stéphane Ravier
tandis que le sortant Jean-Claude
Gaudin (UMP) caracole en tête,
selon les premières estimations.
Dans la deuxième ville de France, où le
choix du maire revêt une dimension nationale, le "vieux lion" de 74
ans, dont 49 au conseil municipal et 19 dans le fauteuil de maire, obtiendrait
40% des voix, le candidat frontiste de 44 ans 22% et le député socialiste de 58
ans 20%, d'après une estimation Ifop/Sas pour iTélé.
Pape Diouf, 62 ans, qui a dénoncé des
"faits de fraude inacceptables" avant la fermeture des bureaux de
vote, recueillerait 6% des voix avec sa liste citoyenne, le plaçant en position
de fusionner avec d'autres listes. Très critique vis-à-vis de la classe
politique locale, il a toutefois refusé jusqu'à présent de se prononcer.
S'immiscant entre les deux favoris, le
FN Stéphane Ravier crée la surprise. S'il confirme sa poussée au second tour,
il pourrait avoir un poids décisif dans le futur conseil municipal, où ne
siégeait jusqu'ici qu'un élu frontiste. M. Gaudin n'a d'ailleurs pas caché sa
crainte d'une victoire courte, assortie d'une majorité relative, qui rendrait
cette ville de 860.000 habitants difficile à gouverner.
Le score estimé de Jean-Marc Coppola,
53 ans, en lice pour le Front de gauche, n'était pas connu à ce stade tout
comme celui de Jacques Soubeyrand, à la tête d'une liste DVG présente dans cinq
des huit secteurs, dans l'ombre de l'ancien homme fort du PS Jean-Noël Guérini,
qui avait manqué de peu la victoire il y a six ans (47,75%, contre 50,42% pour
l'UMP).
Désormais persona non grata au sein de
son propre parti, le président du conseil général a été perçu comme jouant un
rôle trouble et M. Mennucci l'a accusé d'avoir monté contre lui des
"listes de division et de rancoeur". Car si le maire sortant a
globalement réussi à réaliser l'union, M. Mennucci faisait face à une foison de
listes à gauche, malgré le ralliement des écologistes et des responsables du
MoDem. Dans son camp, il avait aussi dû composer avec les exigences de ses
rivaux aux primaires, occasionnant un difficile bouclage des listes.
- 'Une campagne indigne' -
A Marseille, où les résultats sont
comptabilisés, comme à Paris et Lyon, par secteur, la gauche paraît en
difficulté même sur ses terres traditionnelles.
Dans son propre secteur, le 1er,
Patrick Mennucci est crédité de 28%, loin derrière l'UMP Dominique Tian (37%),
le FN totalisant 14%, selon une estimation Ipsos/Steria.
Dans le 3e, secteur clé, la ministre PS
Marie-Arlette Carlotti serait elle aussi distancée (25,3%) par le sortant UMP
Bruno Gilles (41,5%).
La campagne a donné lieu à peu de temps
forts, se résumant à des attaques virulentes, sans vraiment aborder le fond,
faute peut-être de débat. Jean-Claude Gaudin a ainsi refusé de se confronter à
ses adversaires avant le premier tour, au grand dam de Patrick Mennucci
désireux d'opposer ses propositions au bilan d'un maire jugé "absent et
inerte".
Avec pour slogan "La force du
changement", le premier édile, offensif, a préféré aux discours
programmatiques les diatribes contre le "candidat socialiste
gouvernemental", soutenu par "tout l'appareil de l'Etat":
François Hollande rêve d'"échapper à la Bérézina électorale des
municipales en accrochant le scalp de Gaudin", a inlassablement martelé le
sénateur.
"Ils ont mené une campagne
électorale indigne de la deuxième ville de France, faite de rumeurs mais pas de
programme", a riposté Patrick Mennucci jeudi soir lors d'un tour de la
ville. L'accompagnait la magistrate et conseillère régionale EELV Laurence Vichnievsky,
sa future première adjointe s'il est élu, signe que "le changement est en
marche" pour le député qui a promis la fin du clientélisme, un mal
considéré comme endémique dans la ville.
Outre les 303 conseillers
d'arrondissement, les 490.000 électeurs marseillais élisaient pour la première
fois dimanche les 69 conseillers de la communauté urbaine, depuis 2008 aux
mains du PS Eugène Caselli et que l'UMP espère reconquérir. Avec en ligne de
mire, la future métropole à l'horizon 2016.
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