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lundi 30 septembre 2019

Mulhouse : ce que l'on sait de la mort d'une femme pour laquelle le samu ne s'est pas déplacé - le 30.09.2019



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Mulhouse : ce que l'on sait de la mort d'une femme pour laquelle le samu ne s'est pas déplacé

Une sexagénaire a été retrouvée morte le 13 juin dernier dans son lit, dix jours après l'appel de son employeur au samu. Le parquet a ouvert une information judiciaire.

Le Samu intervient à la gare de Lyon, à Paris, le 4 avril 2018.
Le Samu intervient à la gare de Lyon, à Paris, le 4 avril 2018. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
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Le samu de Mulhouse (Haut-Rhin) a-t-il commis une faute en n'envoyant pas de secours pour une patiente qui se plaignait de douleurs à la poitrine ? La sexagénaire a été retrouvée morte dans son appartement, dix jours plus tard. Le parquet a annoncé, samedi 28 septembre, avoir ouvert une information judiciaire pour "non-assistance à personne en danger". Franceinfo résume ce que l'on sait de cette affaire.

La victime se plaignait de douleurs cardiaques

Lundi 3 juin, Marie-Line Descloix, 60 ans, appelle son agence d'intérim pour prévenir qu'elle ne pourra pas honorer la mission qu'elle comptait lui confier. "Elle se plaignait de douleurs à la cage thoracique, des douleurs intercostales, au cœur et au bras gauche. Elle disait ne pas réussir à respirer correctement", raconte la responsable de l'agence, qui souhaite rester anonyme. Inquiète pour sa salariée, elle décide de contacter le 15. Au médecin régulateur qui est au bout du fil, elle décrit un à un les symptômes.
Aucune ambulance n'est envoyée pour porter assistance à la sexagénaire. Marie-Line Descloix, qui vivait seule, est retrouvée morte dans son appartement de Mulhouse dix jours plus tard par un voisin. L'autopsie confirme qu'elle a succombé à un arrêt cardiaque.

Le samu assure avoir traité correctement le cas

Après les premières révélations de nos confrères des Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), l'hôpital de Mulhouse apporte des précisions, dimanche 29 septembre. Dans son communiqué, la direction de l'établissement assure que "l'agent de régulation médicale qui a réceptionné cet appel a immédiatement recontacté la patiente puis l'a mise en relation avec le médecin régulateur"."Ce dernier a ensuite pris une décision médicale au regard des éléments échangés au cours de l'entretien avec la patiente", est-il précisé.
Joint par franceinfo, le président de Samu-Urgences de France est sur la même ligne. "L'acte de régulation médicale a été effectué, assure François Braun. Si le médecin régulateur avait eu un doute, il aurait probablement agi différemment."
On ne peut pas emmener toutes les personnes qui se plaignent de douleurs thoraciques à l'hôpital.François Braun, président de Samu-Urgences de Franceà franceinfo
D'après les éléments en sa possession, la patiente a été en contact direct avec le médecin régulateur "pendant plusieurs minutes". "L'interrogatoire, la discussion s'est conclue sur un accord entre la patiente et le médecin sur les modalités de prise en charge", détaille-t-il, toujours sur franceinfo.
L'Agence régionale de santé (ARS), qui a ouvert une enquête administrative au cours de l'été, doit publier prochainement ses conclusions dans un rapport qui est "en cours de finalisation""Ce qui est sûr, c'est que la régulation a fonctionné normalement", a déjà déclaré Virginie Cayré, directrice générale déléguée de l'ARS pour l'est de la région Grand Est.

Une enquête a été ouverte

Pour savoir s'il y a eu faute ou négligence, le parquet de Mulhouse a ouvert une information judiciaire, le 20 septembre, pour "non-assistance à personne en danger par personne morale", contre le groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud-Alsace (GHRMSA), et pour "non-assistance à personne en danger contre X", en l'occurrence le médecin régulateur du 15 qui avait pris en charge l'appel.
"Les enquêteurs de la brigade criminelle de la sûreté départementale ont entendu les intervenants au samu 68, récupéré les bandes enregistrées des conversations téléphoniques et entendu la directrice de l'agence intérimaire qui avait pris l'initiative de composer le 15 pour alerter sur l'état de santé inquiétant de son intérimaire", listent les DNA. Ce sont ces éléments qui ont conduit le magistrat du parquet à ouvrir une information judiciaire.

Le samu de Mulhouse déjà pointé du doigt

Ils n'ont "tiré aucune leçon de ce qui m'est arrivé." Sur l'antenne de France Bleu Alsace, Christophe Musslin se dit "révolté" par cette affaire. Invité à réagir après l'ouverture de cette information judiciaire, l'Alsacien a rappelé qu'il avait lui-même déjà porté plainte contre le samu du Haut-Rhin en mai 2016. A l'époque, il venait d'échapper de peu à la mort après avoir appelé par deux fois le samu pour des douleurs à la poitrine, sans qu'une ambulance ne lui soit envoyée. Au téléphone, le médecin lui avait conseillé de prendre du paracétamol. Il avait alors pris sa voiture et s'était rendu dans la clinique du Diaconat de Mulhouse, où il avait été opéré d'un infarctus du myocarde. Il en garde de graves séquelles.
Sa plainte est "restée ignorée", dit-il, désabusé. "Parce qu'aujourd'hui, nous n'avons aucune nouvelle de l'affaire. On nous dit simplement que l'affaire est en cours, mais on ne nous apporte aucun élément de réponse. Il faut faire quelque chose. Ce n'est pas normal qu'aujourd'hui, après des appels à des samu dans des situations aussi préoccupantes, rien ne soit fait et que des gens décèdent."
Ma démarche n'a servi à rien.Christophe Musslinsur France Bleu Alsace
Fin 2017, c'est le samu de Strasbourg, à une centaine de kilomètres, qui avait fait les gros titres : Naomi Musenga, une mère de famille de 22 ans, était morte aux urgences de l'hôpital, après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du samu. Le contenu de l'appel, qui avait fini par être diffusé, avait provoqué un tollé médiatique. Deux enquêtes, judiciaire et administrative, avaient alors été ouvertes. Mais pour le patron de Samu-Urgences de France, "l'affaire de Mulhouse n'a rien à voir avec ce qui s'est passé à Strasbourg", il y a bientôt deux ans. Il rappelle en outre "les difficultés en personnel, surtout actuel, aux urgences de Mulhouse, qui sont dans une situation extrêmement critique", ajoute François Braun. Les urgences de l'hôpital sont en effet en grève depuis des mois, comme des centaines d'autres services d'urgence en France.
On arrive à faire tourner le service en travaillant avec d'autres urgentistes de la région qui viennent aider Mulhouse, également en travaillant avec les médecins de l'hôpital qui viennent aider les urgences.François Braun, président de Samu-Urgences de Franceà franceinfo
En clair, "même s'il y a des difficultés de personnel, si le médecin juge qu'il faut envoyer une équipe, on envoie une équipe. Tout est fait pour garder un accueil et une prise en charge de qualité au niveau des urgences de Mulhouse."

LUBRIZOL, VERS UN SCANDALE D’ÉTAT ? le 30.09.2019


            LUBRIZOL, VERS UN SCANDALE D’ÉTAT ?


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🏭🗣 LUBRIZOL, VERS UN SCANDALE D’ÉTAT ?

Une décision du préfet pourrait être à l’origine de l’incendie.

Revue de presse de la mi-journée.

Alors que le préfet s'enfonce chaque jour davantage dans sa gestion calamiteuse de la crise, le journal en ligne Actu.environnement.com révèle aujourd’hui un élément explosif qui permet de mieux cerner les responsabilités. Le préfet avait autorisé en début d’année l’augmentation des capacités de stockage de produits dangereux dans l’usine Lubrizol à la suite d’un assouplissement de la réglementation décidée par le gouvernement en 2018.



En clair, alors que l’usine vient de connaître le plus grave accident de son histoire et que la santé de dizaines de milliers de personnes est en jeu, on apprend que cette même usine à augmenter ses capacités de stockage de produits dangereux en début d’année. C’est donc directement la responsabilité du préfet, et derrière lui celle du gouvernement, qui est mise en cause par ces révélations :



« En juin 2018, le gouvernement a publié un décret qui réduit le périmètre des projets soumis à évaluation environnementale. Parmi les installations concernées figurent les installations Seveso, qui constituent les installations les plus dangereuses au sein de l'Union européenne, du fait de la quantité de produits dangereux qu'elles mettent en œuvre. Malgré cela, l'exécutif a décidé de soustraire les modifications de ces établissements à une évaluation environnementale systématique pour les soumettre à une procédure d'examen au cas par cas. »



La nouveauté qui résulte de cet assouplissement, c’est qu’il n’est plus nécessaire d’obtenir l’accord de l’autorité environnementale indépendante si une usine classée Seveso désire augmenter ses capacités de stockage. La compétence relève dorénavant du préfet. Deux demandes ont été présentées par Lubrizol en janvier et en juin 2019. Deux fois le préfet a donné son accord et a jugé qu’il n’était pas nécessaire de faire une évaluation environnementale.



«L'établissement Lubrizol de Rouen a bénéficié de ces assouplissements. L'exploitant a présenté deux demandes successives d'augmentation des quantités de substances dangereuses le 15 janvier et le 19 juin 2019. Conformément à la loi Essoc, c'est donc le préfet qui s'est prononcé sur les demandes et non l'autorité environnementale indépendante. Dans les deux cas, il a considéré qu'il n'y avait pas lieu à évaluation environnementale ».



Derrière la catastrophe écologique se profile donc un véritable scandale d’État. Alors que tout le monde se demande comment il est possible de laisser des usines si dangereuses à proximité des centres-villes, on apprend en fait que les autorités autorisent ces mêmes usines à accroître leur capacité de stockage. C’est bien le même ennemi auquel nous avons à faire face. D’une part une industrie polluante et destructrice prête à tout pour accroître les bénéfices, et de l’autre un gouvernement qui assouplit et simplifie les réglementations qui encadrent l’activité des entreprises pouvant présenter des risques.



À ce niveau-là, ça n’est plus seulement de vérité dont nous avons besoin.

https://m.actu-environnement.com/actualites/lubrizol-rouen-stockage-produits-dangereux-autorisation-prefet-evaluation-environnementale-etude-dangers-34125.html



On comprend mieux alors la manière si singulière que le préfet a de gérer cette crise.

La reprise des cours prévue ce matin tourne à la cacophonie la plus totale : absentéisme, droit de retrait des professeurs et fermeture de certains établissements.

« Alors que tous les établissements scolaires fermés depuis l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen ont rouvert ce lundi matin, des enseignants ont décidé de faire jouer leur droit de retrait. Ils estiment que la situation actuelle présente "un danger grave et imminent pour eux et les élèves". »

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/incendie-a-l-usine-lubrizol-a-rouen-des-enseignants-font-jouer-leur-droit-de-retrait-1569832895





Après les pompiers, c'est au tour des policiers d'être inquiets sur leur sort. Plusieurs sont en arrêt maladie.

« Un pompier de Rouen, qui affirme porter la parole de dizaines de ses collègues, a affirmé auprès de France 3 qu'ils avaient été pris de plusieurs symptômes après leur intervention sur l'incendie de l'usine Lubrizol. Ils souffriraient de "maux de gorge", de "diarrhées", "nausées", "vomissements" ou auraient "la langue qui pique". "Je pense que si la protection avait été efficace, on n'aurait pas eu autant de conséquences sur la santé", a témoigné le pompier, qui a préféré rester anonyme ».



"Plusieurs policiers affectés à la brigade de nuit et à la compagnie départementale d’intervention de Rouen, primo‐intervenants sur l’incendie dès 2h30 du matin, sont actuellement en arrêt maladie pour des nausées, vomissements et vertiges. Deux d’entre eux sont actuellement en traitement jusqu’au 8 octobre".

https://www.ladepeche.fr/2019/09/30/rouen-diarrhees-nausees-vomissements-des-pompiers-et-policiers-inquiets-apres-lincendie-de-lubrizol,8448498.php

https://www.europe1.fr/societe/incendie-de-rouen-des-policiers-en-arret-maladie-pour-des-nausees-vomissements-et-vertiges-3922594.amp



Enfin, un chimiste de renom critique à son tour la pertinence des analyses utilisées par le gouvernement.

Le professeur André Picot est toxico-chimiste, ancien directeur de l’unité prévention en risques chimiques au CNRS, pour lui, « Les analyses livrées par la préfecture sont hors de propos. Ce qui est recherché par exemple, ce sont des produits classiques comme le dioxyde d’azote qu’émettent les moteurs diesel. Donc vous ne risquez pas de trouver des taux dans l’air différent de la normale. Il faudrait savoir exactement ce qui a brûlé au sein de l’entreprise. Le directeur du site Lubrizol doit forcément savoir ce qui se trouve dans les stocks. À partir de ce moment, vous savez quoi chercher. J’imagine – ce n’est qu’une hypothèse qui demande à être confirmée, car nous n’en avons pas la preuve – qu’il puisse y avoir la présence d’organophosphorés [agents neurotoxiques NDLR]. Ceux-ci se retrouvent dans les lubrifiants à haute performance. »

https://www.paris-normandie.fr/mobile/actualites/societe/incendie-de-l-usine-lubrizol--les-analyses-livrees-par-la-prefecture-sont-hors-de-propos-CG15643562

Bref la catastrophe suit son cours mais elle n’est plus seulement industrielle et écologique.

De jeune femme coquette à "gilet jaune" éborgnée : le témoignage de Vanessa - le 18.05.2019


N'en déplaise à la Castagne chef des milices de la Macronie cette jeune femme a été victime d'un acte barbare indigne de la REPUBLIQUE ! (BV)

https://www.youtube.com

De jeune femme coquette à "gilet jaune" éborgnée : le témoignage de Vanessa Langard



               
18 mai 2019


98,2 k abonnés

Blessée par un tir de LBD 40 lors de l'acte 5, le 15 décembre 2018 à Paris, la "gilet jaune" Vanessa Langard a perdu les trois quarts de la vue à l'œil gauche. L'hémorragie au niveau du cerveau provoquée par l'impact a également affecté sa mémoire et sa capacité de concentration. Pour cette jeune femme coquette, "le plus difficile a été de ne plus se reconnaître". "C'est comme si j'avais perdu mon identité. Tout ce qui faisait que j'étais moi". Un témoignage émouvant sur sa difficulté à accepter son nouveau visage. Pour vous abonner à la chaîne YouTube de "L’Obs" : https://www.youtube.com/c/lobs Retrouver toute l’actualité, les reportages, les enquêtes, les opinions et les débats de "L’Obs" sur notre site : https://www.nouvelobs.com/ "L’Obs" est aussi sur Facebook: https://www.facebook.com/lenouvelobse... sur Twitter: https://twitter.com/lobs et sur Instagram: https://www.instagram.com/lobs/