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lundi 31 août 2015

HISTOIRE et MEMOIRE DU MOUVEMENT OUVRIER : Léon Sédov (1906 – 1938)

HISTOIRE et MEMOIRE DU MOUVEMENT OUVRIER

http://www.lariposte.com/leon-sedov-1906-1938,

Léon Sédov (1906 – 1938)

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07-2011

Léon Sedov, le fils de Léon Trotsky, était un combattant de premier plan dans la lutte pour la défense des idées authentiques du communisme, face à la bureaucratie stalinienne en URSS et à la dégénérescence politique de l’Internationale Communiste. Il est mort il y a 70 ans, le 16 février 1938, victime d’un guet-apens meurtrier organisé et exécuté par le GPU, la police politique de Staline. Comme des centaines de milliers de militants révolutionnaires, en URSS et à travers le monde, Léon Sedov a payé de sa vie, sous la main des bourreaux de Staline, son dévouement à la cause de la classe ouvrière.
Léon Sedov est né en 1906, alors que son père est incarcéré, dans la forteresse Pierre et Paul, pour son rôle dans la révolution russe de 1905. Exilé en Sibérie, Trotsky s’évade. Il s’installe en France, d’abord à Sèvres, puis à Paris, avec sa femme Natalia Sedova et Sedov. L’activité internationaliste de Trotsky contre la guerre entraîne son expulsion du territoire français, en 1916. Après un passage en Espagne et aux Etats-Unis, la famille parvient enfin à regagner la Russie pendant la révolution, en mai 1917.
En 1923, à l’âge de 17 ans, Sedov s’engage aux côtés des « oppositionnels » qui, dans le Parti Bolchevik, luttent contre l’orientation bureaucratique prise par Staline, Kamenev et Zinoviev, entre autres. Il devient l’un des principaux dirigeants de l’Opposition dans les rangs du Komsomol (Jeunes Communistes).
Début 1928, Trotsky est de nouveau sur le chemin de l’exil, cette fois-ci sous le coup de la répression bureaucratique dirigée par Staline. Sedov et sa mère Natalia Sedova font le choix de le suivre. A partir d’Alma-Ata, au Kazakhstan, c’est Léon Sedov qui met en place les liaisons nécessaires à la poursuite de la lutte idéologique dans le Parti et l’Internationale. Ainsi, Trotsky a pu se renseigner sur l’impact de sa célèbre Critique du projet de programme, au 6e Congrès de l’Internationale, en 1928, dans laquelle il défendait les idées et le programme de l’internationalisme contre la théorie du « socialisme dans un seul pays ». Sedov prend en charge l’organisation matérielle de la vie des déportés et l’organisation des liens entre les militants en exil. Après l’expulsion de son père vers la Turquie, en février 1929, Sedov s’occupe de la collecte d’informations et de la correspondance en provenance des prisons et des lieux d’exil des communistes qui s’opposent à la dérive bureaucratique du régime soviétique. Il s’occupe également de la rédaction du Bulletin de l’Opposition et de son expédition clandestine en URSS.
En février 1931, Sedov quitte la Turquie pour gagner Berlin. Dans le contexte extrêmement dangereux de la montée du fascisme hitlérien, il jouera un rôle central dans l’organisation de la section allemande de l’Opposition. Il organise, dans ces mêmes conditions, un réseau clandestin de liaison et de transport de documents entre Berlin et l’URSS. A plusieurs reprises, il échappe de justesse aux griffes des miliciens fascistes.
Il s’installe à Paris en avril 1933, et prépare la venue de son père, qui séjourne en France entre juillet 1933 et juin 1934, date à laquelle il est de nouveau expulsé du territoire, cette fois-ci vers la Norvège. Sedov poursuit son travail pour le Bulletin et participe à la section française de l’Opposition. Il fonde leComité de lutte contre la répression en URSS.
Le premier « procès de Moscou » s’ouvre en août 1936. Sedov, avec son père, occupe une place centrale dans l’échafaudage de calomnies et de mensonges construit autour des accusés. Dans sonLivre Rouge du procès de Moscou, Sedov démonte, point par point, la toile de falsification tissée autour des victimes du procureur Vychinsky. Mais l’étau meurtrier de Staline se resserre autour de Sédov. Et il le sait. « En faisant de moi l’un des principaux accusés des deux procès, écrit-il peu avant sa mort, Staline poursuit un but précis. Il est probable qu’il ne s’en tiendra pas à des accusations. Je veux donc prévenir l’opinion publique que je ne suis nullement enclin à me suicider ou à disparaître. Si quelque chose m’arrivait, c’est du côté de Staline et non ailleurs qu’il faudrait en rechercher la cause. »
En 1935, un certain Mordka Zborowski, connu sous le nom d’Etienne, s’infiltre dans la section française des partisans de Trotsky, avec pour mission de se rapprocher de Sedov et de surveiller ses mouvements. Un autre agent du GPU, Lola Estrine, assure à mi-temps le secrétariat de Sedov, qui est traqué jour et nuit. Deux autres agents du GPU, Smirenski et Ducomet, occupent un appartement au 28 rue Lacretelle (Paris 15e), qui jouxte celui de Sedov, au 26. En janvier 1937, informés par Zborowski, les agents Smirenski, Ducomet et Renata Steiner attendent Sedov dans un hôtel à proximité de la gare de Mulhouse, où ce dernier a pris rendez-vous avec un avocat. Mais finalement, Sedov ne se rend pas à Mulhouse. Il échappe sans doute ainsi à la première tentative de l’assassiner. Mais ce n’est que partie remise. Un an plus tard, suite à d’intenses douleurs abdominales et suivant les conseils d’« Etienne » Zborowski, Sedov commet l’erreur de se faire opérer dans une clinique russe du 16e arrondissement de Paris. La clinique abrite plusieurs agents du GPU, dont le directeur de l’établissement. L’intervention chirurgicale se déroule bien. Mais étrangement, après quatre jours de convalescence normale, Sedov sombre brusquement dans un état de délire. Son état de santé physique se dégrade brusquement. Il meurt le 16 février 1938.
Peu après la mort de son fils et camarade, Trotsky écrivit : « De cette génération aînée, dans les rangs de laquelle nous sommes entrés à la fin du siècle dernier, sur la route de la Révolution, tous, sans exception, ont été balayés de la scène. Ce que n’ont pu faire les bagnes du tsar, la déportation rigoureuse, les besoins des années d’émigration, la guerre civile et les maladies, Staline l’a fait au cours des dernières années, comme le fléau le plus malfaisant de la révolution. Après la génération aînée, a été anéantie la meilleure partie de la génération suivante, c’est-à-dire celle qu’a suscitée 1917 et qui a reçu sa formation dans les 24 armées du front révolutionnaire. Léon lui-même n’y a échappé que par miracle : grâce au fait qu’il nous a accompagnés en déportation et ensuite en Turquie. […]
« Avant de le tuer, ils firent tout pour calomnier et noircir notre fils aux yeux des contemporains et des générations à venir. Staline et ses acolytes essayèrent de transformer Léon en agent du fascisme et en partisan secret d’une restauration capitaliste en URSS, en organisateur de catastrophes de chemin de fer et en assassin d’ouvriers. Grands furent les efforts de ces crapules ! Des tonnes de boue thermidorienne tombent sur sa jeune image sans y laisser une seule tache. Léon était essentiellement un être humain d’une propreté et d’une honnêteté transparentes.
« II n’avait rien à se reprocher, rien à cacher. L’honnêteté morale était le fil conducteur de son caractère. II servait sans fléchir la cause des opprimés et, en cela, il restait fidèle à lui-même. Des mains de la nature et de l’histoire, il est issu homme d’une trempe héroïque. Face aux grands et terribles événements qui s’approchent, nous aurons besoin de tels êtres. »
Léon Sedov est enterré au cimetière de Thiais, en banlieue parisienne. La Riposte rend hommage à son combat, à son exemple, à sa vie consacrée tout entière à la cause du socialisme.
Greg Oxley (février 2008)

à lire sur Marianne , lundi 31 août 2015


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lundi 31 août 2015


La gauche radicale se sent le vent en poupe
Entre la brouille entre écolos, la panade dans laquelle se trouvent les socialistes, la situation européenne, les dirigeants de "l'autre gauche" pensent que leur moment est venu. Premier test ? Aux régionales...









EXTRAITS

POLITIQUE
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  1er juillet 1987 : et l'Europe devient allemande
Au milieu des années 80, la République fédérale d'Allemagne a réussi à imposer sa doctrine ordolibérale à une Europe plutôt dominée à sa naissance par le planisme des hauts fonctionnaires français. François Mitterrand et Jacques Delors sont au centre de cette conversion historique.

Migrants ou réfugiés, quelle différence? Un débat qui passe du médiatique au politique


Le Huffington Post

Migrants ou réfugiés, quelle différence? Un débat qui passe du médiatique au politique

Publication: 
MIGRANTS
Migrants ou réfugiés? Une distinction utile mais plus facile à dire qu'à faire | AFP


IMMIGRATION - Le ton change (un peu) à l'égard des populations qui fuient l'Afrique et le Proche-Orient pour trouver asile en Europe. Alors que l'Allemagne d'Angela Merkel a symboliquement décidé de ne pas renvoyer ses réfugiés syriens dans leur pays d'entrée dans l'UE, certains responsables politiques français insistent désormais sur la nécessité de ne plus résumer par le terme "migrants" les situations toujours dramatiques mais souvent très différentes qui ont conduit ces dizaines de milliers d'hommes, femmes et enfants à abandonner leur patrie.
"La confusion entre le mot 'migrant', qui renvoie à toutes les migrations quelle que soit leur nature [...] économique [et] politique, et le mot 'réfugié' qui renvoie à une migration politique suite à des persécutions ou des guerres, est dangereuse. Elle risque de mettre en péril quelque chose auquel nous sommes tous attachés, c'est à dire le droit d'asile", a plaidé ce lundi 31 août sur BFMTV la députée (Les Républicains) Nathalie Kosciusko-Morizet, en accusant le gouvernement de Manuel Valls d'entretenir ce mélange des genres.
Pourtant, au même moment sur France Info, le socialiste Michel Sapin tenait lui aussi à faire la différence. "Ce qui est terrible, ce n'est pas qu'il y ait du mouvement de populations, il y en a toujours eu. C'est qu'il y ait des réfugiés. [...] Parce qu'ils sont en Syrie, parce qu'ils sont en Irak, parce qu'ils appartiennent à telle ou telle minorité religieuse, c'est leur vie qui est en cause. Alors ne confondons pas, parce que c'est parfois ce que font certains, ces réfugiés avec ceux qui par ailleurs peuvent être des immigrés qui cherchent du travail et un monde meilleur", a expliqué le ministre des Finances.
Ce week-end, en clôture de l'université du PS à La Rochelle, Manuel Valls avait lui-même assumé cette distinction en promettant de la "fermeté" vis à vis des migrants en situation irrégulière tout en réaffirmant que ceux qui "fuient la guerre, les persécutions, la torture, les dictatures, doivent être accueillis (...) traités dignement, abrités, soignés". Il a d'ailleurs réaffirmé cette position ce lundi lors d'un déplacement à Calais: "Fermeté contre les passeurs (...) fermeté aussi à l'égard de l'immigration clandestine que nous ne voulons pas confondre avec le droit d'asile, et on le fait pour que chacun ait une solution digne".
Des réfugiés protégés par la Convention de Genève
Il y a dix jours, un journaliste anglophone d'Al-Jazeera avait déjà ouvert le débat en signant une tribune expliquant pourquoi sa chaîne ne parlerait plus de "migrants", un terme devenu à ses yeux un "outil de déshumanisation", au sujet des réfugiés de la Méditerranée.
Au-delà de sa dimension journalistique, distinguer des migrants "économiques" en quête de meilleures conditions de vie et les réfugiés "politiques" n'a rien d'une coquetterie sémantique. Les premiers sont soumis à la législation sur l'immigration de leur pays d'accueil (et donc potentiellement expulsables lorsqu'ils sont en situation irrégulière) tandis que les seconds sont protégés au titre du droit d'asile instauré par la Convention de Genève.
Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a réaffirmé le 27 août dernier l'importance de ne pas confondre ces statuts antagonistes sur le plan légal. Le HCR utilise exclusivement le terme "réfugiés" pour évoquer les personnes fuyant les conflits et les persécutions. Celui de "migrants" s'applique aux autres personnes ne pouvant bénéficier de la protection de la Convention de Genève.
Plus de 300.000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier et plus de 2.500 personnes sont mortes en mer après avoir tenté de rallier l'Europe. Le HCR estime que la plupart de ces candidats au départ, dont beaucoup proviennent de Syrie et d'Irak, sont des demandeurs d'asile.
Une distinction délicate propice aux récupérations
Si la distinction a donc une importance certaine, celle-ci s'avère souvent toutefois très délicate à opérer sur le terrain. En 2007, le Haut commissariat aux réfugiés s'alarmait déjà des difficultés croissantes des pays d'arrivée à distinguer immigrés économiques et exilés politiques. Le durcissement des lois anti-immigration, les difficultés linguistiques, l'inadéquation de certains services d'accueil face au nombre de demandeurs d'asile, la perte ou la destruction de leurs documents d'identité concourent à brouiller la frontière parfois très mince qui sépare un "migrant" d'un "réfugié politique".
"Certains requérants d’asile sans papiers sont des réfugiés, alors que d’autres requérants se déplaçant avec des titres de voyage en règle n’en font absolument pas partie. Il y a des gens capables de raconter avec conviction une histoire inventée de toutes pièces, et d’autres racontant mal une histoire vraie, voire pas du tout (car elle est trop douloureuse ou personnelle)", énumérait il y a un peu moins de dix ans le HCR pour justifier les difficultés des services administratifs des pays d'accueil.
La situation du pays d'origine est elle aussi sujette à interprétation. Comment régulariser la situation d'individus ayant quitté un pays où les persécutions et les discriminations sont avérées mais où la situation économique est également désastreuse? A l'inverse, "plusieurs pays génèrent de nombreux migrants économiques et quelques rares réfugiés. Mais ils en produisent quand même quelques-uns, et il
incombe aux juges statuant en matière d’asile de les identifier", insiste le HCR.
Ce flou entourant le statut de "réfugié politique" explique souvent le recours au terme générique de "migrant". Il autorise aussi certains politiques, partisans d'une "tolérance zéro", à remettre en cause le droit d'asile lui-même. La proposition formulée par le député Les Républicains Xavier Bertrand d'intercepter les navires de migrants pour les ramener directement en Afrique revient à priver leurs occupants de faire valoir leur droit d'asile.
Ce lundi, la présidente du Front National, Marine Le Pen, fustigeait encore un droit d’asile "devenu tellement souple qu'il est devenu une nouvelle filière d'immigration clandestine". "L’immense majorité de ces gens qui arrivent ne sont pas des réfugiés politiques, il faut arrêter de raconter des histoires aux Français", balaye la cheffe de file de l'extrême droite française, sans préciser sur quelles données statistiques se fonde cette affirmation.
LIRE AUSSI :
La suite ici --->http://www.huffingtonpost.fr/2015/08/31/migrants-refugies-difference-distinction-utile-

Sur le web


Deux journalistes de Vice inculpés de "terrorisme" en Turquie

Turquie Journalistes

Migrants ou réfugiés ? Un débat qui passe du médiatique au politique

Migrants

A Calais, Valls annonce un nouveau campement humanitaire

Valls Calais

VIDÉO
Une Femen perturbe le discours de Valls

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Ces Syriens qui tentent de rejoindre l'Europe via l'Arctique

Migrants Syriens

Trois femmes qui veulent changer l'école


Le Huffington Post

RENTRÉE LIBRE 
Trois femmes qui veulent changer l'école

                                
               De gauche à droite: Chloé Coffy, Céline Alvarez et Marie-Sandrine Lamoureux


EDUCATION - Ce mardi, les enfants retrouvent le chemin des classes. Ce lundi, c'était les enseignants qui faisaient leur pré-rentrée. A cette occasion, nous dressons le portrait de trois femmes qui veulent changer l'école. Chloé Coffy, Céline Alvarez et Marie-Sandrine ont en commun de vouloir apporter du renouveau et de la fraîcheur dans l'Éducation nationale.
Pour y parvenir, elles n'ont pas choisi la même voie. Leur portrait est à lire sur Le HuffPost C'est la vie.
Redonner envie
La première, Chloé Coffy, a démissionné de l'Éducation nationale pour créer sa propre école primaire. Ses élèves sont précoces, hyperactifs ou encore dyslexiques et ont connu des débuts difficiles à l'école. Son but, leur redonner l'envie d'apprendre grâce à un savant mélange de pédagogies alternatives.
S'ouvrir aux ambitions
Pour nombre d'enseignants du primaire, Céline Alvarez est une rock star. Cette jeune femme qui refuse l'étiquette de prof a mené une expérience passionnante dans une école de Gennevilliers jusqu'en septembre 2014. Elle a appliqué certains principes de la pédagogie Montessori et des sciences cognitives pour savoir si l'on pouvait inverser la règle selon laquelle 40% des enfants sortent du primaire en France avec des lacunes qu'ils traîneront sur toute leur scolarité.
Faire la paix
Marie-Sandrine Lamoureux pour sa part enseigne le français depuis plus de vingt dans des collèges et lycées de banlieues. Après le choc des attentats de janvier, elle a décidé de prendre la plume pour donner sa vision de l'école, de ses élèves réputés difficiles et de son rôle de passeur de savoirs.
Lire aussi :

Jean-Luc Mélenchon : JE PROUVE QUE VALAU BELKACEM MENT SCIEMMENT



https://www.facebook.com/JLMelenchon/posts

JE PROUVE QUE VALAU BELKACEM MENT SCIEMMENT 
Ce lundi 31 aout, à la matinale de France Inter, un journaliste a demandé à madame la ministrissime de l’éducation nationale ce qu’elle pensait de mes accusations concernant le trucage du nombre de postes d’enseignants créé par le gouvernement Hollande. Naturellement le journaliste n’avait pas prévu de devoir éventuellement la contredire, le cas échéant en allant chercher lui-même l’information sur les effectifs de l’éducation nationale. Dans la novlangue des medias ça donne « le ministre doit s’expliquer ». Le journaliste, lui se moque de ce qu’il peut en être réellement. Que la ministre se serve de son antenne pour dire des mensonges tromper les auditeurs avec la participation active de son silence n’est pas son problème. Il a donné la parole, il a « permis au ministre de s’expliquer ». Un point c’est tout. Tel est le métier qui se pratique là : « passer les plats » sans discuter la parole de ceux qui sont au pouvoir et font les nominations, montrer son impertinence et sa liberté de ton en tapant les opposants. En toute tranquillité d’esprit il a donc laissé la ministrissime dérouler son discours sans l’interrompre, ce qui est rare de sa part, ni la contredire, ce qui dépend de l’interlocuteur. A son image, les fast-trackers et autres « décrypteurs » et ainsi de suite, d’habitude prêts à me découper en rondelles pour un chiffe après la virgule erroné, même dans une page et demi de démonstration, se sont tous pieusement tenus à l’écart. Tel est l’ordre médiatique. 
Qui a raison ? Je lance le défi à tous ces vérificateurs. J’accepterai même sans broncher une de leur habituelle entourloupe du genre « d’accord Mélenchon n’a pas totalement tort mais le cinquième chiffre après la virgule est tout à fait inexact, c’est 8 et non 7 ! »
Voici les chiffres. Sarkozy a supprimé 80 000 postes. Hollande a promis de créer 60 000 postes. En toute hypothèse il en manquerait 20 000 alors que le nombre d’élèves aura augmenté. Ça c’est la base de l’enfumage de Hollande. Maintenant voyons la réalisation. Najet Valaud-Belkacem parle de « 35 200 postes créés ». Qu’en est-il ? Première mise au point : dans ce total il n’y a que 24 300 postes de professeurs de l’enseignement primaire et secondaire (école, collège et lycée). En fait ce ne sont pas des professeurs titulaires. Ils sont stagiaires. Madame la ministre dit qu’ils finiront par être titularisés. Admettons par principe qu’il y ait 100 % d’admis à la fin du stage. Pourquoi pas. Ils seraient alors tous professeurs. Est-ce que cela fera 24 300 professeurs de plus devant les élèves ? Non. Pourquoi ? Parce que chaque année il y a des départs à la retraite. Combien ? 17 000 l’an passé. Si l’on fait la soustraction on voit que 24 300 – 17 000 laisse un solde positif de 7300. Ce n’est pas le seul démenti par les chiffres que je veux opposer aux propos de la ministre. Je lui demande de lire les chiffres publiés par son propre ministère. Le ministère dit qu’il y a eu 4130 créations de postes. Pas un de plus. Tout le monde peut aller vérifier ! Ce qui n’a rien à voir avec les 30 000 annoncés ! Je continue mon raisonnement. J’accepte d’ajouter sans autres forme de discussion les 4100 du ministère plus les 7000 qui resteraient après remplacement de départ en retraite. On voit que dans le meilleur des cas il y aura à terme 11 000 professeurs de plus. Pas 24 000 et encore moins 30 000 ! Encore faut-il bien préciser que tout cela reste bien théorique et calculé de la façon la plus favorable au ministre. En effet l’année suivante, en 2016, il y aura 13 000 départs de plus à la retraite chez les professeurs. Pour rester dans le raisonnement précédent il faudrait qu’il y ait donc 13 000 stagiaires recrutés cette année, en 2015 ! C’est-à-dire qu’il faudrait embaucher en un an la moitié des embauches faites en trois ans de mandat ! Après quoi il n’y aurait pourtant toujours pas un professeur de plus devant les élèves ! 
Pendant ce temps la qualité d’encadrement des jeunes continuera à baisser. En effet si le nombre des professeurs diminue, le nombre des élèves, lui, augmente ! Il y en a 54 000 de plus cette année ! Dans ces conditions, il y a plus d’élèves par enseignant aujourd’hui qu’en 2005 en primaire et dans le secondaire ! C’est tout cela que l’arrogante Najet Valau Belkacem veut effacer par des paroles trompeuses. Elle ment dans le détail. A moins qu’elle ne sache pas de quoi elle parle. Ainsi dit-elle dans le cours de son discours sur France Inter, sans être démenties ni pendant ni après, que ses fameux 24 300 stagiaires sont des emplois « temps pleins ». Budgétairement c’est vrai. Sur le terrain c’est faux. En effet les stagiaires ne sont que 50 % du temps devant les élèves puisqu’ils sont eux-mêmes en formation ! Autrement dit, les 24 300 ne font que 12 150 équivalent temps plein. Il y a donc 12 150 équivalent temps plein de professeurs plus 4130 postes nouveaux ouverts c’est-à-dire 16 280 professeurs de plus l’année où il en part 17 000 à la retraite. Soit 720 de moins devant 54000 élèves de plus ! Autrement dit dans la meilleure tradition solférinienne, la ministre dit une chose, en fait une autre pendant qu’une troisième a lieu. Elle ment sciemment. Mais elle me recommande de façon hautaine de « me grandir » et même de « grandir » avec toute la morgue de ces sortes de parvenus qui grouillent autour de Valls. Je lui recommande d’apprendre les additions et les soustractions qui s’apprennent en CM1 et peuvent se réviser à tout âge. Dans ce domaine comme dans tous ceux qui concernent la vie de gens simples qui croient à l’école et au mérite le quinquennat aura été une honte, une régression et une amputation du futur. J’ajoute ici que ces gens-là sont responsables de la fermeture de 36 lycées professionnels depuis trois ans. 13 par an ! Un gâchis consternant ! Tout cela est fait pour pousser les jeunes en apprentissage. Mais ce ne sont pas leurs gosses, bien sûr ! 
JLM