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mardi 2 avril 2013

Retraites, gaz : ce qui change au 1er avril

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Retraites, gaz : ce qui change au 1er avril

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Certaines pensions de retraites perdent un peu de pouvoir d'achat, les prestations familiales sont revalorisées en fonction de l'inflation et le prix du gaz baisse légèrement.

Une maison de retraite. (KEYSTONE/MAXPPP)
                                                                    Une maison de retraite. (KEYSTONE/MAXPPP)
A partir du lundi 1er avril, les retraités qui payent l'impôt sur le revenu sont les plus pénalisés. En effet, entre en vigueur la "taxe sur les retraites", de son véritable nom la Contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie (Casa), destinée à faire participer les retraités au financement de la dépendance qui doit être revu en 2014.
D'un taux de 0,3%, elle va représenter un coût de 4,50 euros pour une retraite moyenne de 1.500 euros. Instaurée l'automne dernier dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale, elle est amenée à augmenter.
Elle concerne toutes les pensions: régime de base (régime général, indépendants, agriculteurs), retraites complémentaires, pension d'invalidité, pré-retraite.
Sont exonérés de cette taxe les retraités non imposables et ceux qui n'acquittent qu'une CSG de 3,8% (contre 6,6% pour les autres).
Pour l'ensemble des retraités du régime de base, les pensions augmentent de 1,3%, soit 0,1 point de plus que l'inflation. En 2012, elles avaient augmenté de 2,1%, mais la hausse des prix avait été plus forte.
Pas de coup de pouce
Ceux et celles qui perçoivent le minimum vieillesse n'auront pas de coup de pouce cette année: il n'augmente que de 1,3% contre 4,7% l'an dernier.
Sous le précédent quinquennat, un effort particulier avait été fait sur cette allocation qui avait augmenté au total de 25,1%. Mais, auparavant, le minimum vieillesse était également revalorisé comme les retraites.
Autre coup de rabot sur le pouvoir d'achat des pensionnés: les retraites complémentaires des salariés du privé vont être sous-indexées, c'est-à-dire qu'elles ne vont pas suivre la hausse des prix.
Renflouer les régimes Arrco et Agirc
Cette décision, une première depuis une vingtaine d'années, résulte du récent accord patronat-syndicats visant à renflouer les régimes Arrco (tous salariés) et Agirc (cadres). Les retraites complémentaires de l'Arrco vont augmenter de 0,8% et celles de l'Agirc de seulement 0,5%.
Les prestations familiales, en revanche, suivent l'inflation et augmentent de 1,2%: allocations familiales versées à partir du deuxième enfant, prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE), allocations pour les handicapés, etc.
Seule bonne nouvelle du début avril: une baisse modérée de 0,6% du prix du gaz, revu tous les mois. C'est la troisième et plus forte baisse depuis le début de l'année, après février (-0,5%) et mars (-0,3%). Mais en janvier, le tarif avait grimpé de 2,4%.
Ces baisses successives découlent de la réforme des tarifs du gaz annoncée fin 2012, qui conduit à réviser désormais les tarifs du gaz tous les mois et non plus chaque trimestre. De plus, leur formule de calcul intègre des facteurs d'évolution en principe plus favorables aux consommateurs.
(Avec AFP)

Compte en Suisse : Cahuzac passe aux aveux

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Compte en Suisse : Cahuzac passe aux aveux

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L'ancien ministre du Budget a reconnu qu'il possédait bien des comptes en Suisse et à Singapour, contrairement à ce qu'il a toujours soutenu. Il vient d'être mis en examen.

Jérôme Cahuzac fraîchement nommé ministre du Budget par Jean-Marc Ayrault. (PRM/SIPA)
Jérôme Cahuzac fraîchement nommé ministre du Budget par Jean-Marc Ayrault. (PRM/SIPA)
L'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a reconnu ce mardi 2 avril avoir détenu un compte en Suisse. L'aveu a été fait à la Justice mais aussi de façon plus publique, sur son blog. Voici la lettre qu'il écrite.

"Par lettre du 26 mars 2013, j’ai demandé à Messieurs les juges d’instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s’imposent au regard de la détention à l’étranger d’un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d’années. 
J’ai rencontré les deux juges aujourd’hui. Je leur ai confirmé l’existence de ce compte et je les ai informés de ce que j’avais d’ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l’intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n’a pas été abondé depuis une douzaine d’années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris. 
A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j’exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j’ai tant déçus. 
J’ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j’ai manqué et le souci de remplir les missions qui m’ont été confiées et notamment la dernière que je n’ai pu mener à bien. J’ai été pris dans une spirale du mensonge et m’y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords. 
Penser que je pourrais éviter d’affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J’affronterai désormais cette réalité en toute transparence.

2 magistrats nommés pour enquêter sur l'affaire
Deux magistrats du pôle financier du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, Roger Le Loire, doyen du pôle financier, et Renaud Van Ruymbeke ont été désignés le 20 mars pour enquêter sur cette affaire après l'ouverture la veille d'une information judiciaire visant l'ancien ministre. Jérôme Cahuzac est soupçonné d'avoir détenu un compte en Suisse à la banque UBS, ce qu'il a toujours catégoriquement nié. Un témoin auditionné pendant l'enquête préliminaire de police a également indiqué que les sommes versées sur ce supposé compte proviendraient de laboratoires pharmaceutiques, a rapporté le parquet de Paris.
Mis en examen pour "blanchiment de fraude fiscale"
Une information judiciaire contre X visant l'ancien ministre du Budget a été ouverte pour blanchiment de fraude fiscale, mais aussi perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la sécurité sociale, blanchiment et recel de ce délit.
Il vient logiquement d'être mis en examen ce mardi 2 avril pour blanchiment de fraude fiscale par les juges devant lesquels il a reconnu avoir détenu un compte à l'étranger, a déclaré mardi à l'AFP son avocat, Me Jean Veil.
"Ce compte n'a pas été abondé depuis 2001 et l'essentiel de ses revenus provenait de son activité de chirurgien et accessoirement de son activité de consultant", a déclaré l'avocat.
En fin d'après-midi, le président de la république François Hollande a fait savoir par communiqué que Jérôme Cahuzac "a commis une impardonnable faute morale" en "niant les faits".
(Avec AFP)

Les coulisses de l'éviction éclair du dircom de Jean-Marc Ayraut

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Les coulisses de l'éviction éclair du dircom de Jean-Marc Ayraut

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Bernard Candiard n'aura pas tenu 6 mois à Matignon. Deux bourdes "historiques" auront eu raison de l'ex DG du Crédit Municipal nommé pour redorer l'image d'Ayrault.

François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Najat Vallaud-Belkacem et Pierre Moscovici. (c) Sipa
                                      François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Najat Vallaud-Belkacem et Pierre Moscovici. (c) Sipa
C’est la dernière interview de Jean-Marc Ayrault dans le JDD qui a mis le feu aux poudres. Faisant référence à un livre qui vient de sortir (Florange, la tragédie de la gauche, chez Plon), les journalistes demandent au Premier ministre : "Arnaud Montebourg vous a-t-il vraiment dit au moment de Florange : "Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont tout le monde se fout. Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes"?
Réponse du chef de gouvernement "Oui." Pas un mot de plus. Les journalistes relancent: "On peut donc vous parler comme ça et rester votre ministre?". Réponse langue de bois : "Ce qui compte pour moi, c’est l’action de mon gouvernement pour le redressement du pays, sous l’autorité du chef de l’État. Nous sommes une équipe, nous devons jouer collectif".
Le coup de sang de l'Elysée
Il aurait aussi pu dire qu’il avait eu une explication virile avec son ministre et que lui aussi avait dit ses quatre vérités …Non rien. L'interview est validée par l’équipe de com mais, selon Matignon, pas par Candiard. Au dernier moment le directeur de cabinet Christophe Chantepy se demande tout de même s’il ne faut pas modifier l’interview. Mais trop tard.
Coup de sang à l’Elysée, quand les conseillers du président découvrent le script. . Du coup, vendredi 29 mars, en fin d’après-midi, Matignon annonce une "réorganisation" du cabinet de Jean-Marc Ayrault. Un ex-collaborateur d’Hollande Jérôme Batout, est nommé conseiller spécial à la place de Bernard Candiard, qui avait pris ses fonctions à Matignon en octobre dernier.
Pas vraiment le profil d'un roi de la com'
Le plus pathétique, c’est qu’à peine nommé en octobre dernier, pour sauver Jean-Marc Ayrault, en voie de "cressonisation" (*). Bertrand Candiard avait immédiatement commis sa première bourde en laissant passer, dans une interview du PM au Parisien, que sur les 35 heures, il n’y avait pas de tabou. L’Elysée avait dû lancer une contre-offensive tous azimuts
Une chose est certaine, Bernard Candiard n'avait pas le profil d'un roi de la com. Il a démarré sa carrière comme chef de bureau de l’élevage au ministère de l’Agriculture, avant d’intégrer des cabinets ministériels. Conseiller en charge des dossiers de l’agriculture à l’Elysée sous Mitterrand, directeur de la communication aux Finances sous Bérégovoy, directeur du service d’information du gouvernement lorsque Lionel Jospin était aux manettes…
Depuis février 2006, il était directeur général du Crédit municipal. Au SID, on se souvient qu’il a changé le sigle… "Mon rôle consiste à avoir une vue globale, transversale, stratégique. De prendre un peu de recul, de surveiller le calendrier, les études d’opinion, pour donner de la cohérence", confiait-il à son arrivée, sûr de lui. La Com est un métier !
 (*) En plaçant Edith Cresson à Matignon en mai 1991, François Mitterrand avait raté son pari: la première femme à diriger un gouvernement en France n'avait pas tenu 1 an à Matignon, ndr

Décryptage l'Humanité: les dessous sales de l'ANI

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SOCIAL-ECO -  le 2 Avril 2013

Décryptage l'Humanité: les dessous sales de l'ANI

          
Cette édition spéciale de l’Humanité vous permet de juger sur pièces du contenu du projet de loi sur la flexibilité du travail actuellement débattu au Parlement.
Le Medef exige qu’il soit adopté en l’état. Jamais un tel diktat n’a été formulé à l’endroit des élus de la nation.
Ne laissons pas précariser nos vies, par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député au Parlement européen.
Les députés et les sénateurs disposent du droit constitutionnel, inaliénable, de faire la loi. Désormais, au-delà des parlementaires communistes et Front de gauche, nombreux sont les élus socialistes  ou écologistes qui souhaiteraient améliorer le texte dans le sens des intérêts du monde du travail, de telle sorte que soit prise en compte l’opinion de la CGT et de FO.
De plus en plus de militants et d’organisations de base d’une des organisations signataires demandent  que l’accord ne soit pas voté en l’état. Une mobilisation large et unitaire pourrait donc créer un rapport de forces durant ce débat parlementaire pour en modifier le contenu en votre faveur. Nous sommes convaincus que si cet « accord » devenait la loi, les chefs d’entreprise disposeraient de libertés nouvelles pour, à leur guise, décider quand vous faire travailler, pendant combien de temps et pour quel salaire, sans pour autant créer le moindre emploi. Vous seriez « flexibilisés » à un point tel que votre patron déterminerait une part importante de votre temps de vie hors de l’entreprise puisque ce qu’il aura décidé pour vous dans le travail réduira d’autant vos libertés de choix à l’extérieur. Les couples seraient soumis à des rythmes différents, changeant sans cesse. Tout le droit social serait mis à mal. Le vôtre mais aussi et peut-être surtout celui que connaîtront vos enfants quand ils accéderont à un emploi.
C'est avec une certaine gravité que nous vous alertons. Vous n’êtes bien sûr pas obligé de partager notre point de vue. Mais nous vous invitons à regarder les choses de très près. C’est trop sérieux. Rien n’est encore joué. Ensemble, quelles que soient nos sensibilités, si nous nous faisons entendre avec suffisamment de force et d’unité, la majorité parlementaire que nous avons élue pour sécuriser nos emplois et nos vies devra agir conformément au mandat qu'elle a reçu. Qu’elle laisse MM. Copé, Fillon, Raffarin et leurs amis soutenir seuls le texte made in Medef. 
Ensemble, lançons un mouvement d'opinion majoritaire pour défendre le droit social, dans la lignée de ce qu’a de tout temps fait la gauche et qui l’identifie: donner à l'individu au travail sa pleine dignité avec les répercussions sur sa vie ainsi que sur le devenir d’une société plus humaine. Rien de plus fondamental pour qui aspire à ce que soit menée une authentique politique de progrès avec la sécurité du travail et de la formation, la renaissance de la production industrielle et des services publics, une loi contre les licenciements boursiers, des dispositifs antiprécarité, des pouvoirs d’intervention nouveaux pour les salariés sur la gestion de leur entreprise, la réduction du temps de travail, une nouvelle répartition des richesses et de nouvelles manières de produire, de consommer, avec la réorientation de l’argent vers le travail et l’investissement productif d’avenir. Bref, l'exact contraire de ce texte au seul service du grand patronat.
Ensemble, relevons le défi de la sécurité du travail pour toutes et tous. Il en va de l’intérêt général.
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L'Humanité
Documents à télécharger: 
L'ANI décryptée par l'Humanité: un projet made in medef
L'ANI décryptée par l'Humanité: un projet made in medef

Compte en Suisse: Cahuzac avoue devant les juges d’instruction

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POLITIQUE -  le 2 Avril 2013

Compte en Suisse: Cahuzac avoue devant les juges d’instruction

                    
Jérôme Cahuzac, mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale par les juges en charge de l'enquête, a reconnu dans l’après midi avoir détenu un compte à l'étranger. Dans un communiqué, il se dit "dévasté par le remords" et demande pardon pour "une faute inqualifiable".
« J’ai rencontré les deux juges aujourd’hui. Je leur ai confirmé l’existence de ce compte et je les ai informés de ce que j’avais d’ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l’intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n’a pas été abondé depuis une douzaine d’années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris. »
Jérôme Cahuzac s’excuse sur son blog, se dit «  dévasté par le remords. » « Penser que je pourrais éviter d’affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J’affronterai désormais cette réalité en toute transparence. »
Après des mois de dénégation, l’ancien ministre du Budget, cerné par des éléments d’enquête de plus en plus accablants, a ainsi avoué. Dès le 12 mars, la justice suisse avait reçu une demande d’entraide judiciaire de la part des autorités judiciaires françaises, suite à l’expertise d’une bande audio dans laquelle un homme identifié comme Cahuzac évoquait son compte en Suisse. Fait aggravant, le parquet avait précisé par ailleurs que «l’un des témoins entendus par les enquêteurs a affirmé qu’il lui avait été rapporté que les sommes versées sur ce supposé compte proviendraient de laboratoires pharmaceutiques».  Il y a juste deux semaines, l’accusé avait pourtant encore une fois dénoncé le caractère « calomniateur » de l’enquête menée par Mediapart.
L’ancien ministre qui se disait pourfendeur de la fraude fiscale s’est en outre rendu, au moins moralement, coupable de parjure devant l’Assemblée nationale, assurant de son innocence le 5 décembre dernier, devant les députés. « Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte à l’étranger. Ni maintenant, ni avant. » Outre le blanchiment de fraude fiscale, il est aussi mis en examen pour perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la Sécurité sociale, blanchiment et recel de ce délit.

Forum social mondial: "En Tunisie, l’ébullition sociale est permanente"

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MONDE -  le 2 Avril 2013

Forum social mondial: "En Tunisie, l’ébullition sociale est permanente"

  
Lors du Forum Social Mondial, à Tunis, Annick Coupé, de Solidaires, a livré à l'Humanité.fr son regard sur la situation en Tunisie et les débats qui traversé le forum, notamment la question de la dette.
Ce FSM se déroule en Tunisie, deux ans après la révolution. Est-ce un message d’espoir ?
Annick Coupé. Je le crois. La motivation de beaucoup de participants qui viennent d’Europe était notamment d’aller se ressourcer auprès de tous ces mouvements sociaux, ces jeunes, ces organisations qui se sont battus pour faire tomber la dictature et ont fait la révolution. C’est un message de solidarité dans les deux sens : aller soutenir ceux qui se battent, et continuent de le faire, et ont voulu que ce forum ait lieu ici, et aussi de solidarité envers les mouvements sociaux du monde entier, notamment européen.
Les Européens ont-ils à apprendre de la lutte qu’ont menée les Tunisiens ?
Annick Coupé. En Tunisie, il y a une forme de « révolution permanente », même si le mot est connoté. De fait, il existe des mouvements sociaux permanents, quasiment tous les jours, qui concernent la démocratie mais aussi aux questions sociales – le chômage est très fort ici, les salaires sont bas... Il y a eu le changement politique, la chute de Ben Ali : c’était les conditions nécessaires pour que s’ouvre une nouvelle période pour la Tunisie mais chacun et chacune savait que ça ne suffirait pas. Dans les débats, notamment au FSM, nous avons bien vu qu’il s’agissait aussi des questions économiques, sociales, de l’avenir économique du pays, et donc des relations avec les autres pays, notamment la France et l’Union Européenne. Tout cela continue à se vivre au quotidien. Ce ne sera pas réglé en quelques mois. L’ébullition sociale est permanente. Je ne sais pas si nous avons à apprendre des choses mais en tout cas, dans des situations qui étaient aussi difficiles – et le mot est insuffisant – que sous le régime de Ben Ali, les luttes sociales, celles pour exiger la démocratie ont eu lieu ; et toutes les résistances difficiles et dures sous Ben Ali nourrissent ce qui se passe aujourd’hui. Se greffe la question des générations : de nombreux jeunes n’étaient pas dans les syndicats, mais ils ont largement participé. Ces questions se posent aussi dans les pays européens où il y a les mouvements sociaux, le syndicalisme qui a une grande légitimé, d’autres structures qui sont à côté ou en articulation. Je crois que, de ce point de vue, ce qui se passe ici a à voir avec ce qui se passe en Europe.
Une question traverse les débats : celle de la dette tunisienne. Un moratoire est-il nécessaire et le gouvernement français doit-il pousser dans ce sens ?
Annick Coupé. Ça me semble évident. D’abord, cette question de ladette, que l’on connaît comme chantage permanent en France et en Europe, produit des dégâts avec les politiques d’austérité. En fait, les Tunisiens nous rappellent que cette question de la dette s’est d’abord posée dans les pays du Sud. Ils ont donc une expérience en la matière. Mais la question première est bien celle d’un moratoire : comment envisager un autre avenir économique et social fait de justice et de droits sociaux en Tunisie comme dans les autres pays de la région sans moratoire sur la dette et sans remettre en cause cette dette, surtout quand on sait que cette dette a servi à remplir les poches de Ben Ali et de son entourage. Elle est donc illégitime. Le gouvernement français, compte tenu de l’histoire de la France et de ses liens économiques avec la Tunisie, a une responsabilité à agir pour ce moratoire.
  • Lire aussi :

ANI: des socialistes et écologistes contre la destruction du Code du travail (vidéo)

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POLITIQUE -  le 2 Avril 2013

ANI: des socialistes et écologistes contre la destruction du Code du travail (vidéo)

      
                     Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, opposants socialistes à l'ANI
A gauche, outre le Front de gauche qui a déposé 4.500 amendements pour modifier en profondeur le texte, l'ANI (accord national interprofessionnel) sur l'emploi est aussi rejeté par des élus du Parti socialiste et d'Europe écologie les Verts.
Témoignages de ces opposants à l'accord de flexibilisation de l'emploi.
« L’accord est d’une très grande faiblesse ». Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne.
Le débat doit permettre de rendre intelligibles des choses qui ne le sont pas. Je fais partie de ceux qui sont terrorisés à l’idée d’avoir seulement quatre jours pour débattre. Au-delà de la lutte contre la précarité, à travers l’article relatif au temps partiel, l’accord est d’une très grande faiblesse. Le projet de loi est présenté comme étant équilibré, comme s’il y avait des éléments donnant-donnant entre patronat et salariés. Mais le législateur n’a pas pour rôle de construire une loi avec des articles qui en « compensent » d’autres. Il doit faire une loi dans l’intérêt général. Pour un texte qui ne devait surtout pas être amendé, on récolte deux cents amendements venant de socialistes parmi lesquels une partie des cent qui avaient appelé à voter le texte en l’état.

"Un texte très déséquilibré"Emmanuel Maurel, vice-président (PS) du Conseil régional d'Ile-de-France

 « Le débat parlementaire sera offensif ». Jean-Vincent Placé, président du groupe Europe Écologie-les Verts (EELV) au Sénat.
Le débat parlementaire sera offensif. Le volet flexibilité ne nous va pas du tout, aussi bien sur les accords de mobilité que sur le maintien de l’emploi et la notion de licenciement économique. Les amendements d’EELV auront pour objectif de sécuriser les salariés et de rendre moins flexibles les dispositions prévues concernant la précarité des salariés dans cet accord. 
Le blocage du dialogue social est extrêmement pénalisant. Mais on nous dit : « Il y a un accord. Maintenant, c’est à prendre ou à laisser. » Ce n’est pas sérieux. Penser qu’améliorer la compétitivité, alléger 
les charges et permettre les licenciements ce sont 
des solutions, c’est une impasse totale.

« La marge de manœuvre pour modifier le texte existe ».Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris.
Nous ne considérons pas que le social est un monde à part. Les choix macroéconomiques sont déterminants. Il ne faudrait pas, qu’au nom du « tout emploi », nous acceptions le démantèlement du contrat de travail et des droits sociaux. Dès 1981, on entendait : « Donnez la liberté de licencier et le problème du chômage sera réglé. » Aujourd’hui, c’est : « Donnez la flexibilité du temps partiel. » Trente ans après, certains disent : « On s’est trompés. » Ne nous trompons pas cette fois-ci encore. Il n’est pas sûr du tout qu’au sein de la gauche, cet accord soit majoritaire. La marge de manœuvre existe pour le modifier.
  • A lire aussi:
  • A voir aussi:
Propos recueillis par Audrey Loussouarn (vidéo Stéphane Guérard)

Mélenchon : "Un impôt n'est pas destiné à punir, il est destiné à partager"

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POLITIQUE -  le 2 Avril 2013

Mélenchon : "Un impôt n'est pas destiné à punir, il est destiné à partager"

                       
Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche a estimé mardi que la future taxe à 75% payée par les entreprises sur les très hauts revenus était "absurde". La bonne méthode serait plutôt de créer des tranches supplémentaires d’impôts sur le revenu.
"Elle est absurde. Ce n'est pas ce qu'il faut faire", a déclaré ce mardi Jean-Luc Mélenchon interrogé sur BFMTV. Il avait déjà jugé absurde la première idée du prélèvement à 75%, à l’époque. "J'ai dit que c'était stupide, que jamais de ma vie j'ai vu un système d'impôt où on passait de 45% à 75% mais à l'époque on m'a regardé de haut", a-t-il rappelé. "Un impôt n'est pas destiné à punir, il est destiné à partager. Il ne s'agit pas d'humilier les gens qui ont de l'argent, il s'agit de leur dire +les amis ça va mal, la société toute entière doit participer à l'effort commun+".
Et de reprendre l’argument historique, déjà employé lors de la campagne présidentielle."Sous M. Roosevelt, la dernière tranche des impôts était à 95%, c'est sous M. Reagan seulement qu'on l'a fait descendre en dessous de 70%". Pour Jean-Luc Mélenchon, "cette taxe n'est pas très intelligente - parce que c'est une taxe - cela devrait être un niveau dans l'impôt sur le revenu. Pourquoi les entreprises vont-elles payer cette taxe ? C'est absurde". "Si on veut limiter les salaires, on dit par exemple (...) il ne peut pas y avoir d'écart (de salaire) supérieur de 1 à 20 et chaque fois que celui qui est en haut s'augmente, il est obligé d'augmenter celui qui est en bas", a proposé le coprésident du PG.
Thierry Lepaon a également précisé sur France Inter que « c’est l’impôt qui devrait régler ces questions là. C’est un nouveau tournant dans une logique que je n’apprécie guère ». Et de préciser qu’on aurait du élever les tranches supérieures d’imposition, comme François Hollande s’était engagé à le faire, plutôt que de faire porter ce coût aux entreprises.
14 tranches d’imposition
"Là où le pouvoir en place se contente de surtaxer les revenus d'activité supérieurs à 1 million d'euros à 75% en exonérant les revenus du capital", le Front de gauche propose une réforme complète de l'impôt sur le revenu afin de le rendre plus progressif. L’idée est de passer à 14 tranches d’imposition, dont 9 entre 40 et 100 %, avec un plafond maximum à 360 000 euros de revenu annuel, ce qui toucherait 15 000 ultra-riches.  
L'argumentaire pointe des précédents historiques, les voici précisés :
  • "jusqu'en 1986, le taux supérieur était à 65 % (avec 14 tranches contre 5 aujourd'hui) et il dépassait même les 90 % sous la IIIème République"
  • "aux USA Roosevelt avait porté le taux supérieur à 91 % et il est resté à 70 % jusqu'en 1980"
  • "un revenu maximum a été instauré dés la révolution française dans le décret du 4 août 1789 qui, en abolissant les privilèges, plafonnait à 3 000 livres annuelles les revenus tirés de rentes"

Petroplus: deux offres de reprise jugées "recevables"

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SOCIAL-ECO -  le 2 Avril 2013

Petroplus: deux offres de reprise jugées "recevables"

         
Rien n’est encore sauvé, mes deux dossiers de reprise de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime) ont été jugés recevables et seront examinés par le tribunal de commerce de Rouen lors d'une prochaine audience. Il s’agit de l’offre porté par le groupe panaméen NetOil, et de celle du libyen Murzuq Oil, qui n'est plus associé au groupe suisse Terrae international.
L'intersyndicale CGT-CFDT-CFE-CGC s'est félicitée de cette décision du juge commissaire et les administrateurs judiciaires qu'elle réclamait. "C'est très bonne nouvelle", a déclaré, à l'issue de la réunion du comité d'entreprise à la raffinerie, Jean-Luc Brouté, secrétaire général du syndicat CGT. Quatre offres au total ont été examinées durant le week-end pascal. Le juge a annoncé sa décision ce mardi au comité d'entreprise de la raffinerie qui emploie 470 salariés.
Les deux autres dossiers de reprise avaient été déposés, respectivement par Oceanmed Seasky System Limited, basé à Hong Kong, et GTSA, une société luxembourgeoise. "Les administrateurs ont considéré que les dossiers n'étaient pas complets ou qu'ils ne comprenaient pas de mandat officiels", a précisé M. Brouté. Une assemblée générale des salariés est prévue mercredi sur le site.
La date de l'audience au tribunal de commerce n'a pas encore été fixée. Cette décision des administrateurs intervient alors que la raffinerie, dont la liquidation a été prononcée le 16 octobre, dispose d'une autorisation de poursuite de son activité jusqu'au 16 avril. La prudence reste de mise, car au total, plusieurs dizaines de candidats se sont manifestés pour reprendre la raffinerie depuis son dépôt de bilan en janvier 2012, mais, jusqu'à présent, aucun n'a été en mesure déposer un dossier complet. Le tribunal a repoussé à huit reprises la date limite de dépôt de leurs offres.

Ayrault appelle Cahuzac à "ne plus exercer de responsabilités politiques"


Ayrault appelle Cahuzac à "ne plus exercer de responsabilités politiques"

Le Monde.fr  • Mis à jour le 

                  Le premier ministre a soutenu qu'il ne "savait rien" des mensonges de Jérome Cahuzac, mardi soir sur France 2.

Invité du "20 Heures" de France 2 au terme d'une journée éprouvante pour majorité, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, visiblement tendu, a vivement condamné la "faute morale" commise par son ancien ministre Jérôme Cahuzac et affirmé, à plusieurs reprises, qu'il n'était pas au courant de ses mensonges.

En réponse aux suspicions de l'opposition et d'une partie de la gauche, le premier ministre a affirmé : "Je n'avais aucune raison de ne pas le croire, tout comme le président et les députés [...]. Quand il dit devant l'Assemblée nationale qu'il n'a jamais eu de comptes à l'étranger, il y a quand même quelque chose de solennel ! Et je n'avais pas moyen de vérifier", a-t-il expliqué, ajoutant encore "je ne savais rien car nous n'avions aucun élément qui pouvait prouver le contraire, même si j'ai eu des doutes".
Selon M. Ayrault, "la meilleure garantie" contre ce type de dérive est "la justicetotalement indépendante" sur laquelle son gouvernement s'est "toujours appuyé[...] pour que la vérité éclate". Il a déploré au passage les "attaques très fortes contre la justice ces dernières semaines" en allusion aux critiques de l'opposition contre le juge qui a mis en examen Nicolas Sarkozy.
Le premier ministre, qui a dit avoir eu un échange avec M. Cahuzac dans la journée "pour dire qu'il nous avait menti et qu'il nous avait trahi, et que c'était extrêmement choquant", l'a appelé mardi soir à "ne plus exercer de responsabilités politiques, quelle qu'elle soit".
  • Hollande : "Une impardonnable faute morale"

La réaction de François Hollande ne s'est pas fait attendre très longtemps. Le chef de l'Etat a pris "acte avec grande sévérité des aveux de Jérôme Cahuzac", explique un communiqué de l'Elysée. L'ancien ministre du budget a "commis une impardonnable faute morale" en "niant l'existence de ce compte devant les plus hautes autorités du pays, ainsi que devant la représentation nationale". Jérôme Cahuzac a avoué, mardi 2 avril, avoir détenu un compte en Suisse pendant des années qui a été transféré à Singapour en 2009, avec plus d'un demi-million d'euros dessus....
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