Organisé par la Fédération nationale de la Libre Pensée, un meeting se tiendra vendredi prochain à Paris. La Libre Pensée veut y « défendre l’Ecole laïque » et affirmer sa fidélité au serment laïque de Vincennes du 19 juin 1960. Ce jour-là, après une campagne qui avait collecté 10 813 697 signatures, 350 000 républicains laïques avaient fait « le serment solennel de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à la loi Debré contraire à l’évolution historique de la Nation » et de « lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ».
La Libre Pensée souligne qu’aujourd’hui « l’État verse près de 8 milliards d’euros chaque année à l’enseignement privé catholique, ce qui représente l’équivalent de 180 000 postes de fonctionnaires de l’Education nationale ».
Le meeting aura lieu vendredi prochain, à 20 Heures , à la Bourse du Travail, 85 rue Charlot, à Paris (3e). Il sera présidé par Marc Blondel, président de la Fédération nationale de la Libre Pensée. Les orateurs prévus sont Gabriel Gaudy (Union Régionale CGT-Force Ouvrière Île de France), Quentin Dauphiné (Tendance Émancipation, FSU), Philippe Gugliemi (Président d’honneur de Laïcité-Libertés), Fabienne Bellin (responsable SNES FSU), Raoul Mercier (élu local de la Seine-Saint-Denis), Alain Barbier (FERC-CGT), David Gozlan (Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée).
Champion de la libre circulation des capitaux, le Fonds monétaire International (FMI), pour la première fois dans un rapport officiel, a reconnu publiquement lundi qu’elle présenterait des « risques » et qu’il pourrait être « utile » de prendre des mesures de contrôle.
Il fait droit ainsi au constat dressé par de nombreux pays dits « émergents » comme le Brésil : une partie des fonds des plans de relance massifs décidés par les occidentaux face à la crise de leur système financier, a déferlé sur eux, alimentant des bulles spéculatives. Principal responsable : les États-Unis Depuis 2008, la banque fédérale américaine a créé 2300 milliards de dollars. Le rapport évoque des catastrophes économiques précédentes liées à l’absence de contrôle des capitaux : le Mexique, en 1994-95, la Turquie en 1994. En Asie, en 1997-98, la Thaïlande, l’Indonésie, ont été ainsi précipités dans la récession. En Europe, en 2008, l’Islande.
Le rapport constate que les pays qui, contre les instructions du FMI, avaient pris des mesures de contrôle (Brésil, Corée du Sud, Malaisie en Asie, Islande, après 2008) ont mieux résisté.
Néanmoins, il ne remet pas en cause le principe de la « liberté de circulation », mais prétend définir une position « pragmatique », estimant que « l’introduction de mesures de contrôle peut être appropriée en fonction des circonstances ».
Le représentant du Brésil au FMI, porte parole de dix autres pays, de son côté, conteste le rapport qui aurait tendance, selon lui, à réduire la part de responsabilité des pays dits « avancés » dans ces mouvements spéculatifs.
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES par Daniel Gluckstein, Secrétaire national du POI. « Le gouvernement remet l’avenir du site de Florange entre les mains de Mittal », titre victorieusement le quotidien du capital financier Les Echos. Envolée la « nationalisation transitoire » évoquée par Montebourg ? Ayrault s’en explique : « Le gouvernement n’a pas retenu l’hypothèse de la nationalisation. Il a écarté cette solution au vu des engagements qu’il a obtenu d’ArcelorMittal. La nationalisation (…) n’est pas efficace face à un problème de débouchés (…). Je rappelle que le gouvernement a fait le choix du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi. »
Les « engagements obtenus de Mittal » ? Parlons-en. Mittal s’est engagé… à éteindre les hauts-fourneaux et supprimer les emplois (lire page 2).
C’est un problème de « débouchés », prétend Ayrault, rejoint en cela par Pierre Laurent (secrétaire national du Parti communiste français) qui réclame la mise en place « d’un comité national pluraliste associant syndicats, élus locaux, parlementaires, Etat, industriels et banques » pour trouver « des solutions industrielles d’avenir ».
Parlons clair : des « débouchés » acceptables par Mittal, ou des « solutions industrielles » satisfaisantes pour les « industriels et banquiers », tout cela a un prix : la mise en place de la flexibilité, la baisse du coût du travail et l’association des syndicats à ces mesures de déréglementation anti-ouvrière. Tel est précisément le contenu du fameux pacte de compétitivité d’Hollande-Ayrault.
Un gouvernement qui partirait des besoins de la population et non de la recherche des « débouchés qui satisfont les industriels et les banquiers » commencerait par décider la réquisition (temporaire ou définitive) d’ArcelorMittal afin de garantir tous les emplois. Sur cette base, il finirait bien par trouver des « débouchés ».
C’est précisément sur cette question de la garantie donnée par le gouvernement au maintien de tous les emplois que les comités de Moselle du POI mènent campagne depuis des mois, rassemblant des milliers de travailleurs et de militants de toutes tendances sur cette exigence.
La capitulation du gouvernement Hollande-Ayrault devant Mittal, au moment précis où le chômage explose, et particulièrement le chômage des jeunes (lire en page intérieure) pose une question : quelle force bloquera le plan Mittal-Ayrault, sinon la force des travailleurs unis avec leurs organisations, rassemblés sur les revendications vitales de « maintien de tous les emplois et du site de Florange dans sa totalité, redémarrage des hauts-fourneaux » ?
Oui ou non, la montée de toute la Lorraine à Paris, à l’appel des organisations unies, ne serait-elle pas de nature à imposer au gouvernement le recul qui s’impose ? Au-delà de la Lorraine, cette question ne concerne-elle pas toute la classe ouvrière de ce pays ?
La conférence qui s’est tenue le 1er décembre à Paris a entendu des militants venus de tous les horizons du mouvement ouvrier. Par-delà leurs différences, ils ont exprimé leur détermination à agir en commun pour ouvrir la voie à la résistance unie des travailleurs et de la jeunesse. Oui, résistance pour défaire chacune des contre-réformes qui découlent de l’alignement du gouvernement sur la troïka, et pour balayer cette dernière, résistance au « compromis historique » auquel on voudrait contraindre les organisations syndicales, résistance pour abroger les traités européens.
Cette exigence trouve aujourd’hui une expression particulière dans la discussion engagée par des militants ouvriers en Lorraine : oui ou non, la montée de toute la Lorraine à Paris, à l’appel des organisations unies, ne serait-elle pas de nature à imposer au gouvernement le recul qui s’impose ? Au-delà de la Lorraine, cette question ne concerne-elle pas toute la classe ouvrière de ce pays ?
De g. à dr. : Jean-Guy Trintignac du Nouveau parti anticapitaliste, Jean-Paul Villette du Parti ouvrier indépendant et Daniel Bachelet du Parti communiste français. Photo F. P.
Le « collectif chalonnais contre la dictature de la troïka et pour l’abrogation du traité budgétaire européen », constitué avant la ratification du texte par le parlement français, continue son combat contre les politiques d’austérité.
Ces militants syndicaux et politiques de toutes tendances ont adressé une lettre ouverte au ministre du Redressement productif, lui demandant de « bloquer le plan de restructuration et nationaliser le groupe de Cecab » (propriétaire de Val d’aucy). Au chapitre national et européen, le collectif envoie samedi huit de ces représentants de Saône-et-Loire au rassemblement national des comités contre le traité. Le but de cette réunion : « proposer des perspectives de mobilisation aux classes laborieuses pour inverser la politique des gouvernements européens qui satisfont les intérêts du capital en imposant l’austérité aux peuples ».
Ce matin encore, Matignon affirmait, à propos de l’accord intervenu en le gouvernement et Mittal sur l’avenir du site de Florange (Moselle) qu’ « il s’agit d’un accord industriel entre l’État français et un opérateur privé qui n’a pas à être rendu public ». Depuis, le site internet du quotidien Le Monde, qui rapportait cette affirmation, a obtenu une copie du fameux texte.
Mais dès hier, deux anciens dirigeants d’Arcelor, Guy Dollé, Jean Louis Pierquin, ont révélé les avantages que Mittal tire de sa négociation avec le Premier ministre. Les 180 millions, présentés par le gouvernement comme un investissement, sont « la rentabilisation de la fermeture ». En effet 30 millions par an étaient prévus pour cette fermeture sur 5 ans. De plus il n’était pas nécessaire d’avoir recours à un plan social et c’était de l’intérêt de Mittal de l’éviter « compte tenu de la pyramide des âges ». Mais « ça ne veut pas dire pas de suppression d’emplois ».
Le document de deux pages cité en partie par Le Monde confirme que « “ les investissements stratégiques ” » ne représenteront que 53 millions d’euros de l’ensemble. Tout le reste, ce sera “ le flux d’investissements courants, les investissements de pérennité, santé, sécurité et progrès continu, et la maintenance exceptionnelle ”, c’est-à-dire un vaste fourre-tout où à peu près tout et n’importe quoi peut être comptabilisé, et notamment les frais de maintenance. »
Quant au projet ULCOS, il permet selon Guy Dollé, de justifier la mise en sommeil des installations, ce qui est moins couteux que leur arrêt et la dépollution du site.
La réunion entre les syndicalistes de Florange (Moselle) et le premier ministre Jean-Marc Ayrault, prévue mercredi 5 décembre à 18 heures, risque de virer à l'explication de texte. L'accord signé entre ArcelorMittal et le gouvernement, que Matignon refuse de publier mais dont Le Monde s'est procuré une copie, est en effet loin de lever toutes les interrogations sur le site lorrain du numéro 1 mondial de la sidérurgie.
Dans ce document de – seulement – deux pages, il est ainsi indiqué que les 180 millions d'euros d'investissement sur cinq ans promis par ArcelorMittal seront certes "réalisés de manière inconditionnelle", à la différence de ceux promis par Lakshmi Mittal à Nicolas Sarkozy en 2008. Mais "les investissements stratégiques" ne représenteront que 53 millions d'euros de l'ensemble.
Tout le reste, ce sera "le flux d'investissements courants, les investissements de pérennité, santé, sécurité et progrès continu, et la maintenance exceptionnelle", c'est-à-dire un vaste fourre-tout où à peu près tout et n'importe quoi peut être comptabilisé, et notamment les frais de maintenance. Exactement ce que craignaient les syndicats, qui accusent Lakshmi Mittal de vouloir faire passer pour une concession de sa part des dépenses qu'il était de toutes façons obligé d'effectuer.
Néanmoins, il est indiqué que le train à chaud, un équipement stratégique du site,"fait partie des outils majeurs du dispositif de laminage" de l'entreprise et verra donc son niveau de production "maintenu autour de 2 millions de tonnes par an pour alimenter en bobines l'aval de la Lorraine ". Cette pérennisation du train à chaud était réclamée depuis longtemps par l'intersyndicale de Florange.
SÉCURISER L'EMPLOI
Concernant les activités de packaging (fabrication du métal pour boîtes de conserve et canettes), dont une ligne sur deux seulement fonctionne actuellement sur le site, il est écrit noir sur blanc que "ArcelorMittal concentrera les activités de l'amont du packaging de l'entité Atlantique et Lorraine sur Florange ", ce qui devrait assurer la survie des lignes d'étamage "pendant cinq ans" et sécuriser du même coup l'emploi sur la même période. En échange, "l'activité amont de Basse-Indre [un autre site ArcelorMittal situé en Loire-Atlantique] sera mise en arrêt temporaire" et l'activité de recuit d'Ebange, une autre usine du groupe située près de Florange, pourra être mise en "arrêt temporaire" elle aussi, "en fonction de l'optimisation des carnets".
Mais, peut-on lire dans cet accord, "ce transfert d'activité n'impactera pas les effectifs inscrits à Basse-Indre", un engagement sur lequel Jean-Marc Ayrault s'est battu puisque ce site est situé dans son fief électoral, près de Nantes.
Concernant Ulcos, le programme de recherche sur la captation du dioxyde de carbone (CO2), présenté par Matignon comme la bouée de sauvetage des hauts-fourneaux de Florange, les engagements d'ArcelorMittal sont là aussi très succincts. S'il est indiqué qu'Ulcos "reste un projet important pour développer de nouvelles solutions mieux adaptées aux enjeux du changement climatique", il est aussi clairement écrit que "l'état actuel des résultats de la recherche ne permet pas de passer directement sur le démonstrateur industriel de Florange". Autrement dit : le projet n'est pas près de voir le jour.
Seul engagement concédé par M. Mittal : son groupe "va proposer (...) de continuer à travailler sur le projet de recherche et de validation technologique, en s'appuyant notamment sur l'expertise du centre R & D de Maizières-lès-Metz".
Conséquence, les "installations de la phase liquide seront mises sous cocon dans l'état actuel et compatible avec la perspective de réalisation d'un démonstrateur industriel Ulcos sur un haut-fourneau". Une phrase qui confirme que le P3, arrêté depuis juin 2011, est bien définitivement abandonné, et que le P6 ne sera pas relancé tout de suite puisque "le fonctionnement de toutes ces installations sera arrêté en toute sécurité à l'issue de la procédure légale", c'est-à-dire fin mars 2013. Le groupe s'engage simplement "à ne pas démonter ces installations dans les 6 ans".
LES SALARIÉS DE LA FILIALE GEPOR PRIS EN CHARGE
Sur le plan social, il est stipulé que les salariés des hauts-fourneaux, au nombre de 629, seront reclassés "sur des bases exclusivement volontaires", avec "un dispositif de gestion des fins de carrière et sur la mobilité interne au site"."ArcelorMittal continuera à proposer à des personnes volontaires les postes disponibles sur ses autres sites", est-il également indiqué.
Par ailleurs, le document stipule que les salariés de Gepor, une filiale d'ArcelorMittal qui emploie 130 personnes à Florange et pour lesquelles les syndicats se montraient très inquiets ces derniers jours, bénéficieront "des mesures de gestion de fin de carrière et de mobilité avec des conditions similaires à Florange".
Enfin, et cela devrait déclencher l'ire des salariés concernés, il est indiqué que seulement trois hauts-fourneaux seront conservés à Dunkerque (Nord) "à l'échéance minimale des cinq prochaines années". Autrement dit, le HF2 arrêté pour maintenance cet été, et dont la mise en sommeil a été prolongée cet automne, ne devrait plus produire avant longtemps le million de tonnes de fonte qu'il sortait chaque année auparavant...