Salué par la ministre de l'Éducation nationale, le taux de réussite au bac ressemble aux vieilles statistiques soviétiques destinées à dissimuler la réalité : la « bienveillance » exigée des correcteurs masque l'effondrement scolaire. L'obtention de cet examen reste obligatoire pour accéder à l'enseignement supérieur, mais le « sésame » est désormais Parcoursup qui se base sur le contrôle continu. Chaque début d'été, le rituel des résultats au baccalauréat occupe les médias. Cris de joie des nouveaux bacheliers, pleurs ou gémissements du petit nombre des recalés… Le bilan semble globalement très positif. L'objectif fixé en 1985 par Jean-Pierre Chevènement de mener 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat serait atteint. À croire que le niveau des candidats monte d'année en année. « Le taux de réussite est de 85,75 % avant les rattrapages, en légère hausse par rapport à 2024 (85,5 %) », s'est réjouie Élisabeth Borne, ministre de l'Éducation nationale (France info, 04/07/2025). L'an dernier, après les rattrapages, il avait atteint 91,2 %… « Aujourd'hui, tout le monde ou presque réussit l'examen, constate Le Figaro (03/07/2025). Ainsi, de 1995 à 2024, le taux de réussite au bac est passé de 74,9 % à 91,2 %. Cela est d'autant plus paradoxal que la baisse du niveau scolaire des élèves en France est régulièrement évoquée... » « Résultats extraordinaires ! Pendant toute l'année, ils ne savaient pas écrire, ils ne savaient même pas qu'on met une majuscule en début de phrase ! » ironise Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste spécialiste de l'école, sur BFMTV (04/07/2025). Et de dénoncer ce vieux tour de passe-passe gouvernemental : « On a été bienveillants. On a remonté les notes comme il fallait. » Toutefois, cette « bienveillance » ne s'exerce pas également envers tous : « ...ce diplôme supposément national se passe selon des modalités dépendant du statut de l'établissement : les candidats au bac issus d'un lycée privé hors contrat, de l'école à la maison ou les candidats libres se voient refuser de valider 40 % de leur diplôme au contrôle continu. À la place, ils doivent passer une bonne dizaine d'épreuves terminales de plus que les autres ! » relève Anne Coffinier, de la Fondation Kairos pour l'innovation éducative, dans le JDD (07/07/2025). « Plusieurs v… Philippe Oswald |
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