EUROPEENNES - 30 jours. Dans un mois, 44,6 millions de Français seront appelés aux urnes pour la deuxième fois de l'année, à l'occasion des élections européennes. Le 25 mai, 74 députés européens seront élus dans les huit euro-régions qui composent le pays.
A tout juste un mois du scrutin, les chances de la gauche française apparaissent bien minces, si l'on se fie aux différents sondages qui placent le parti socialiste en troisième position derrière l'UMP et le Front national qui sont au coude-à-coude. Selon une enquête CSA pour Nice Matin et BFMTV publiée ce jeudi, il est crédité de 20% des suffrages, derrière l'UMP (22%) et le FN (24%). Ce résultat est-il révélateur de ce qui pourrait se passer dans toute l'Europe? Ou le socialiste allemand Martin Schulz qui brigue la commission européenne en cas de succès de la gauche a-t-il raison de croire en son destin?
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Une chose est certaine: à l'échelle des 28 pays, l'élection sera ultra serrée. Le think-thank PollWatch 2014 a publié mercredi 23 avril une nouvelle note dans laquelle il actualise ses prévisions sur ce que sera la prochaine assemblée du Parlement européen. Résultat, la droite représentée par le PPE pourrait obtenir 217 sièges (sur 766) quand le Parti socialiste européen (PSE) en totaliserait 208. Selon leur modèle statistique, le PPE a 74% de chances de terminer devant le PSE. "Nous sommes dans la marge d'erreur et il est aujourd'hui très difficile de faire une prédiction certaine", précise cependant au HuffPost Doru Frantescu, directeur en charge de la politique.
Le PS autant responsable que les écolos
Mais ce spécialiste de la carte électorale européenne convient aussi que "la gauche française peut être une cause de l'échec de la gauche européenne". Il faut en effet prendre la gauche au sens large et ne pas se contenter des chiffres du seul parti socialiste.
Les estimations de PollWatch2014 évoquent 16 sièges pour le PS, plaçant les listes conduites par Jean-Christophe Cambadélis, le nouveau premier secrétaire, en troisième position derrière les 21 sièges de l'UMP et les 20 du FN. Ce total est certes faible, mais il est cependant supérieur au nombre d'élus dans l'assemblée sortante. Seulement 13 eurodéputés sont membres du PS, conséquence directe d'une élection ratée en 2009. Le PS avait alors obtenu à peine plus de 16%.
Mais il y a cinq ans, un autre parti de gauche avait raflé la mise. Dans le sillage de Daniel Cohn-Bendit, Europe Ecologie-Les Verts avait fait le même score, ce qui lui avait offert une quinzaine de sièges. Au gré des démissions et des suppléances, ce sont même 16 écologistes qui ont fini la dernière session. Faire aussi bien n'est bien sûr pas l'objectif des écolos qui ont perdu leur locomotive médiatique, mais selon les prévisions de PollWatch2014, EELV n'obtiendrait que 5 sièges.
Au total, les partis de gauche susceptibles de soutenir le socialiste Martin Schulz perdraient huit sièges par rapport à la précédente mandature. Pour tenter de changer la donne, le PS veut à tous prix éviter de nationaliser le scrutin pour ne pas revivre le scénario noir des municipales. Après la sanction des 23 et 30 mars -scrutin pour lequel il avait tenté de mettre l'enjeu local au premier plan- il cherche désormais à européaniser la campagne.
En clair, faire un tir de barrage contre la commission européenne présidée par le droitier José Manuel Barroso. "Nous appelons les Français à ne pas se tromper de colère. Les européennes, c'est pour piloter la politique européenne, ce n'est pas une élection nationale. Ce n'est pas Paris qui est en jeu, mais Bruxelles, qui développe depuis dix ans une politique qui nous a conduits là où nous en sommes aujourd'hui", a lancé ce jeudi Jean-Christophe Cambadélis en dévoilant les 74 arguments de campagne du PS.....- la suite ici --->europeennes-2014-gauche-francaise-faire-perdre-gauche-europeenne
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