EDITORIAL
«La France est
attendue pour éviter une catastrophe humanitaire, elle sera là», expliquait le président de la République,
le 5 décembre, pour justifier l’intervention militaire française en
Centrafrique. Un mois plus tard, les massacres sont devenus quotidiens à
Bangui, des centaines de milliers de Centrafricains déplacés se retrouvent
sans secours en raison de l’insécurité et les Africains vivant en RCA
fuient le pays de peur des massacres. La catastrophe humanitaire est là. Preuve
une nouvelle fois qu’une opération étrangère, même légitimée par l’ONU et
bénéficiant du soutien de tous les dirigeants des pays voisins et de l’Union
africaine, ne peut pas tout.
On peut exciper du caractère particulier de la
Centrafrique, Etat failli depuis sa naissance, l’un des pays les plus pauvres
du monde, sans armée, ni administration, sans hôpitaux, ni routes, ni
écoles. Il faut aussi donner crédit à François Hollande de s’être toujours
opposé à la Françafrique et de vouloir encore aujourd’hui remettre le
fardeau des interventions aux pays de la sous-région.
Il demeure qu’il faut entendre les Africains
qui ne se résolvent pas à ces ingérences à répétition de l’ancienne
puissance coloniale, quelles qu’en fussent les raisons humanitaires. Ils
interrogent la France, bien sûr, mais aussi leurs propres dirigeants
post-coloniaux qui, par intérêt et par lâcheté, ont laissé s’installer leurs
pays dans le sous-développement, la corruption et l’autocratie. Une
intervention n’est pas toujours la solution.
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