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lundi 30 septembre 2019

LA CGT-POLICE NE SE JOINDRA PAS À LA MANIFESTATION ORGANISÉE LE 2 OCTOBRE 2019



                                  

LA CGT-POLICE NE SE JOINDRA PAS À LA MANIFESTATION ORGANISÉE LE 2 OCTOBRE 2019


Nous sommes comme chacun des policiers de ce pays, touchés par les disparitions d’amis, de collègues et de camarades qui ont bien trop tôt tiré le rideau sur ce monde brutal. Nos pensées vont aux familles aux proches, qui devront continuer à vivre en portant à jamais la douleur laissée par ce trou béant.
Malgré cela, et consciente de la grande souffrance des policiers et agents de tous corps du Ministère de l’Intérieur, la CGT-Police ne participera pas le 2 octobre, à la manifestation organisée par les syndicats catégoriels à laquelle s’associent les scories du paysage syndical de la profession.
Cette décision, mûrement réfléchie a été prise en concertation après un débat qui a mis en lumière la nécessité d’agir plus sérieusement contre les conditions de travail devenues intenables.
Cette réflexion a surtout contribué à déterminer l’origine de ces dégradations et à en dénoncer les effets.
Nous n’avons cessé d’alerter les responsables sur la précarité dans laquelle ils avaient plongé la profession en multipliant les directives insupportables, faisant du policier le valet des pouvoirs qui se succèdent.
Agir contre la souffrance au travail, c’est d’abord se donner les moyens de lutter contre le climat anti-social qui règne à tous niveaux dans nos services.
C’est exiger la fin de la politique du chiffre, tellement éloignée de l’attente des citoyens qui ne reconnaissent plus leur police. Il s’agit d’une grave dérive qui dévoie le coeur même de la police car la fonction fondamentale du policier, la sécurité publique passe par la prévention, c’est à dire prévenir l’acte criminel, délictuel, contraventionnel ou incivique. Prévenir c’est endiguer le comportement déviant, mais la prévention ne se quantifie pas et n’entre donc dans aucune donnée statistique. Elle n’est donc pas compatible avec l’exercice comptable ministériel, ses règles de
performance et de culture d’un résultat tronqué.
C’est exiger la remise à niveau des effectifs sur l’ensemble du territoire, l’ensemble des services et des unités afin de permettre aux agents d’accomplir leurs missions sereinement et complètement.
C’est remettre le policier au coeur de la cité, au coeur du village ou du quartier afin qu’il retrouve sa place  républicaine, sa 
bienveillante autorité, et la confiance de ses concitoyens.
C’est rétablir l’indépendance de l’institution policière vis à vis du politique.
C’est construire le rapport de force, solidaire et humaniste en
capacité de faire plier l’arbitraire.
Le chantier est vaste, mais peu nombreux sont ceux enclins à bâtir le socle de l’édifice. La proximité avec le pouvoir ou au contraire le mépris affiché, ou encore l’attachement au confort des lambris dorés a détourné trop de « syndicalistes » de la mission qui leur a été confiée.
Depuis plus de 40 années, la police n’a su opposer aux réformes successives toujours plus contraignantes qu’une lignée de protagonistes indolents qui ont tout accepté contre une poignée de cerises.
Nous n’oublions pas l’impact des accords d’orientation de 1 995,de la fin de l’emploi statutaire de la déflation des corps… sans oublier les chimères du 20 décembre dernier. 
Tous les protocoles ministériels sont signés sans réelle discussion depuis tant d’années, alors que les suffrages exprimés leur confèrent une puissance inégalée dans la fonction publique.
Dans ces conditions, et par respect pour ceux qui n’ont pas
supporté la souffrance et sont partis trot tôt, la CGT-Police n’ira pas battre le pavé aux cotés d’organisations qui portent une trop grave responsabilité sur le désastre qu’ils dénoncent.

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