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samedi 6 mai 2023

L’Hebdo de Mediapart - Répression policière. Haine ordinaire. Violences sexuelles dans la BD. Cette semaine dans Mediapart. - Vendredi 05 Mai 2023

 


La lettre hebdomadaire
Vendredi 05 Mai 2023

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Retrouvez une sélection de nos enquêtes, reportages et analyses parus cette semaine dans Mediapart, marquée par l'échec de l’opération « Wuambushu » et la répression policière en cours à Mayotte, mais aussi par la guerre au Soudan. Retrouvez également nos révélations autour de violences policières ou de haine ordinaire, ainsi que notre enquête sur le #MeToo de la bande dessinée.

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Les temps forts de la semaine

 
Elle était attendue par les uns, redoutée par les autres. En une semaine, l’opération « Wuambushu » a essuyé plusieurs revers et surtout attisé les tensions avec la population.
Par 
Condamné plusieurs fois pour violences, et cultivant des références nazies, cet ancien étudiant en école de commerce de 24 ans est devenu, en quelques années, la figure centrale de l’ultradroite française, dont il veut regrouper les chapelles dans une « interfaf ».
Par 
L’auteur de bande dessinée a été visé par une enquête préliminaire, classée sans suite en 2022, après deux plaintes pour « agression sexuelle » et « viol ». Mediapart a recueilli d’autres témoignages de femmes le mettant en cause. L’intéressé nie en bloc. Son acolyte, Jérôme Mulot, annonce mettre un terme à leur collaboration.
Nos enquêtes et reportages en France

 
Études, positions politiques, profil... : des militants de La France insoumise ont collecté des informations sur certains de leurs « camarades » signataires d’une tribune critique de la gestion de l’affaire Quatennens. La Cnil et le comité de respect des principes de LFI ont été saisis.
Par 
Plusieurs centaines d’eurodéputés ont souscrit à un fonds de pension afin de compléter leurs retraites déjà généreuses. Parmi eux, au moins 81 élus français, dont Investigate Europe et Mediapart ont obtenu la liste. Certains touchent jusqu’à 13 700 euros par mois, au détriment des contribuables européens. Parmi les bénéficiaires présents ou à venir : Jean-Pierre Raffarin, Harlem Désir ou encore Marine Le Pen.
Par 
Une proposition de résolution est soumise jeudi par le PCF à l’Assemblée pour faire reconnaître un « apartheid » en Israël. Sans entrer dans ce débat, des députés du groupe Renaissance estiment que règne dans la majorité une « loi du silence » sur la politique du gouvernement israélien, au mépris de la ligne du Quai d’Orsay.
Par 
Questionné mardi par la commission enquête parlementaire dédiée aux ingérences étrangères sur les liens qu’il a entretenus avec Moscou et deux multinationales russes avant la guerre en Ukraine, l’ancien premier ministre a réfuté toute ingérence et assuré n’avoir « pas touché un centime ».
 
Poursuivie en justice pour maltraitance, Adriana, 34 ans, s’est vu retirer son enfant d’un an et a reçu une OQTF lui ordonnant de quitter le pays sans lui. Tout reposait pourtant sur un seul élément : le témoignage raciste d’un passant.
Par 
Mediapart a enquêté sur l’application, dans un lycée de Marseille, des dernières consignes ministérielles sur les signes religieux ostensibles. Plusieurs élèves qui portent des tenues jugées contraires aux règles dénoncent un « acharnement » de la direction. Ainsi que des propos scandaleux du proviseur.
Par 
Alors qu’un rapport de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté alerte sur les « fouilles en sous-vêtements systématiques » dans les commissariats parisiens, Mediapart publie sept témoignages de manifestants qui ont subi des fouilles partiellement ou entièrement nus en garde à vue, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.
Par 
Une manifestante et un manifestant ont été grièvement blessés, lundi, par des grenades lors de la manifestation du 1er Mai à Nantes. Le parquet n’a pas ouvert d’enquête.
Notre regard sur le monde

 
Depuis bientôt trois semaines, les deux généraux les plus puissants du pays et leurs armées s’affrontent. Les combats se concentrent dans Khartoum, la capitale. Des dizaines de milliers d’habitants ont fui la métropole. D’autres restent. Récits.
Par 
Alors que l’Assemblée nationale a voté en décembre dernier la création de juridictions spéciales pour juger les violences intrafamiliales, Mediapart a suivi des audiences d’un tribunal dédié à ces questions à Madrid. Ces juridictions, en place depuis 2005 en Espagne, ont fait leurs preuves.
Par 
Ville en forte croissance de la banlieue de Phoenix, Queen Creek a besoin d’eau pour ses nouveaux habitants. Elle est allée la chercher dans une commune rurale, à 340 kilomètres de distance. La manœuvre provoque des inquiétudes dans un État, l’Arizona, en proie à la sécheresse.
 
Une affaire de détournement de fonds destinés à la nourriture des soldats a ébranlé, fin janvier, le ministère ukrainien de la défense. Comme l’homme qui a révélé ce scandale, Yurii Nikolov, de nombreux citoyens continuent, malgré la guerre, à dénoncer la corruption au plus haut sommet de leur État.
Par 
Alors que le pays est miné par la crise économique et une inflation galopante, le président Erdoğan, en difficulté dans les sondages, se dépeint comme celui qui fait de la Turquie une superpuissance mondiale crainte et respectée. Le pays vote dimanche 14 mai.
Par 
La campagne présidentielle a commencé et risque de faire dérailler une politique latino-américaine à peine lancée. Né à La Havane, Alejandro Mayorkas a sous sa responsabilité l’administration des frontières : pas du goût des élus républicains, qui voudraient le destituer.
Dans le studio

Dans le Club  Les lecteurs et lectrices prennent la parole

 
Le lycée professionnel fera-t-il encore partie de l’Education nationale en 2024 ? Au vu des contours de la réforme annoncée par l’exécutif ce jeudi, rien n’est moins sûr. Le glissement déjà opéré des lycées professionnels sous l’autorité du ministère du Travail est extrêmement dangereux à plus d’un titre. Et cela représente une menace pour l’ensemble de l’Education nationale.
le blog de 
Moriane, 36 ans, mère de 2 enfants, était ouvrière dans une usine d'un groupe textile dans le Limousin. Le samedi matin 4 mars 1989, elle s'est immolée par le feu, sans témoin, dans un pré proche de son domicile. La veille, à l'usine, elle avait subi la pression de la contrôleuse de qualité, qui, chronomètre en main, surveillait son rendement.
le blog de 
Chronique d'une guerre fratricide annoncée. L'ancien président de la République des Comores (1978 - 1989) parlait d'une guerre de la salive, à mener contre la France, pour le recouvrement total de la souveraineté des Comores. Aujourd'hui, à forces de manipulations, de contre-vérités, d'ambitions, la crise mahoraise risque de déboucher sur un bain de sang.
« Le poison de la concentration des médias, la croisade culturelle de milliardaires contre les libertés collectives, continueront d’infuser lentement ici et là. Le terreau médiatique est devenu si fertile pour la pousse de l’extrême droite et de la censure. » Alors que se précise l'hypothèse de la vente d'Editis au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, dessinant un paysage éditorial constitué de deux mastodontes avec le groupe Bolloré, un ensemble d'élu·es Nupes s'inquiète de l'absence de mécanismes de protection contre les phénomènes de concentration.
le blog de 
« Tous les surprofits ont été repris. » C’est Emmanuel Macron qui déclare ça, dans Le Parisien. Eh, oh, les « factcheckers », vous roupillez ? Y a une démission collective ? Vous avez fermé boutique ?
 
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LSDJ : Jean-Luc Mélenchon est-il l'idiot utile du lepénisme ? - le 5.05.2023

 

05 MAI 2023 - N° 1891

POLITIQUE

Jean-Luc Mélenchon est-il l'idiot utile du lepénisme ?

Photo : Geoffroy van der Hasselt / AFP

Jean-Luc Mélenchon fait-il « la courte échelle au Rassemblement national », comme le dit Emmanuel Macron ? Pourquoi donc le chef des Insoumis préparerait-il l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et pas la sienne ? Son discours devrait lui profiter, au moins pour deux raisons : à l’Assemblée, LFI pilote la Nupes, alliance entre Insoumis, socialistes, écologistes et communistes. Cette coalition tient toujours un an après. Et dans la rue, LFI se repaît d’un front syndical uni et d’une mobilisation qui ne faiblit pas. Emporté par cet élan, Mélenchon crut bon, pour le 1er Mai, de vanter l’« insurrection citoyenne » et d’appeler à mettre « à bas la mauvaise République ».

Problème : cette inflation rhétorique profite à Marine Le Pen, bien que le RN soit absent des cortèges, comme l’indique ce sondage Ifop publié début avril. « Marine Le Pen engrange sur le rejet de la réforme des retraites et dans l'opinion, face aux autres oppositions dont la Nupes », selon Jacques Paugam dans Les Échos. En résumé, plus Mélenchon aboie, plus Le Pen passe. L’Insoumis agité devient ainsi l’idiot utile du lepénisme.

Naguère, l’antidote au FN s’appelait le Front républicain. Il fonctionnait sur l’incompatibilité entre extrémistes et modérés, divisant le monde entre la peur et le désordre d’un côté, la raison et la continuité de l’autre. Guidé par ses seuls excès, Mélenchon empêche de réactiver cette posture.

Pour Philippe Corcuff, professeur de science politique, le jeu dangereux de LFI tient du « confusionnisme », un phénomène qu’il expose dans un essai intitulé La grande confusion – comment l’extrême-droite gagne la bataille des idées (Textuel, 2021). Le confusionnisme, né de l’affaissement du clivage gauche/droite, se définit comme « l’effacement de la frontière symbolique avec l’extrême droite » via « des zones d’intersection et d’interactions » entre des familles politiques que tout éloigne a priori.

Corcuff se présente comme « engagé dans la renaissance d'une gauche d'émancipation, libertaire, cosmopolitique et mélancolique ». L'homme exècre les punchlines des chaînes d’info continue. Il déplore qu’il faille « caricaturer toujours plus, faire le plus de bruit possible (…), au détriment des arguments et des nuances ».

Enfant de la télé, Mélenchon ne songe qu’à y faire le beau. Et oublie surtout une chose, c’est que toute diabolisation du macronisme « pourrait déboucher prochainement sur une victoire électorale du Rassemblement national ». Car, ajoute Corcuff, « nous sommes dans une période d’extrême droitisation des débats publics ». Le discours des énervés d’extrême-gauche produit un effet mécanique : par contraste, le RN paraît sage et raisonnable, donc éligible, alors que LFI, plombé par son rapport à la violence, tire toute la gauche vers le discrédit.

Nul, hormis ses adeptes, ne souhaite voir Mélenchon diriger la France. Face à lui, le macronisme a beau jeu de se présenter comme le parti de l’ordre auquel le pays doit le peu de stabilité sociale qui lui reste. Quant au lepénisme, Mélenchon continue, par sa surenchère verbale, à le dédiaboliser, à en faire le principal opposant populaire à l’exécutif.

Corcuff épingle les propos de membres de LFI – qui, tel le philosophe Frédéric Lordon, qualifient Macron de « forcené », au « regard halluciné », n’hésitant pas « à aller au bout de sa folie », et qui ajoute même : « et un forcené ça se déloge ». L’universitaire dénonce d’autant plus ces diatribes qu’Emmanuel Macron, à ses yeux, « est sans doute dans les faits le président de la République le moins "néolibéral" par rapport à François Mitterrand (à partir du tournant de 1983), Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, dans le sens où le COVID l’a conduit à injecter massivement de l’argent public dans l’économie dans une logique "keynésienne" ». Le mauvais procès en ultralibéralisme, selon Corcuff, discrédite LFI.

S’il refuse de faire du chef de l’État l’incarnation du Mal, c’est aussi par culture idéologique. Car, écrit-il, « en personnalisant à outrance les mécanismes de domination, cela affaiblit la critique sociale structurelle associée historiquement à la gauche ». Conclusion : LFI, non seulement trahit la pensée critique, héritage intellectuel de son camp, mais la remplace par une « critique de surface », celle du temps des media et du conspirationnisme, « où la source de nos difficultés personnelles et collectives viendrait (…) d’un Grand Méchant manipulant dans l’ombre ». Mélenchon oublie que le marxisme ne s’intéresse pas tant aux hommes qu’à « la dynamique du capitalisme et des structures impersonnelles de domination – de classe, de genre, raciales, etc. – et de leurs entrecroisements ».

Ainsi la rhétorique du Grand Méchant est-elle « davantage propice à une politique du ressentiment portée par l’extrême droite qu’à une politique de l’émancipation portée par la gauche ».

Louis Daufresne

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Pour aller plus loin :

La diabolisation de Macron comme contribution involontaire à l’extrême droitisation

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