Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Les auditeurs n’en ont pas cru leurs oreilles lorsqu’Élise Blaise a chiffré l’impact financier du choc subi par TV Libertés après la fermeture brutale de ses comptes bancaires « c’est 442 987 € ». Une somme colossale pour un média indépendant, absorbée dans le chaos administratif, les pertes de dons et les dépenses juridiques. « Je ne suis pas certaine qu'il y ait une entreprise sérieuse qui puisse encaisser une perte comme ça et rester debout. », assure la directrice de TVL. Une perte qui a eu des conséquences très concrètes sur le pionnier de la réinformation : économies massives, matériel non renouvelé, activité ralentie. Mais plus largement, c’est surtout le temps perdu dans les procédures à rallonge qui pénalise la chaîne : « Quand ils nous attaquent au porte-monnaie, ce n’est pas uniquement pour nous attaquer au porte-monnaie. C’est parce que, pendant ce temps-là, on ne peut pas bosser. On est obligés de faire des pirouettes avec les banques pour réussir à trouver des solutions. C’est une stratégie d’assèchement, comme une procédure-bâillon mais par le portefeuille. ». Revenons à l’origine : l’année dernière, la banque qui hébergeait les comptes de TVL clôturait ceux-ci malgré une gestion financière parfaite du média, sans crédit ni découvert. Après cette première fermeture s’ensuit une série de rejets dans d’autres établissements, dont la seule issue sera le recours à la procédure du droit au compte via la Banque de France, mais avec des conditions calamiteuses : « Nous sommes traités comme des sous-citoyens. Nous avons une carte de crédit avec un plafond de dépenses de 3 000 euros. ». Ne souhaitant pas se laisser faire sans réagir, TVL, par l’intermédiaire de son conseil, a lancé une série de procédures judiciaires contre les banques lui ayant refusé un compte, dont une qui a mené à la perquisition d’une agence bancaire… laquelle aurait été prévenue à l’avance, selon Élise Blaise. Dans la même veine, la journaliste révèle qu’elle a vu passer une offre d’emploi dans un Ministère pour une activité « d’entrave administrative ». Sans preuve directe d’un lien avec leur affaire, elle y voit un climat général préoccupant pour les médias dissidents. De quoi énerver passablement la directrice de TVL alors que des pédocriminels et des délinquants sont laissés sans surveillance dans nos rues : « Dans la France d’Emmanuel Macron, on paie des gens pour emmerder ceux qui veulent avoir une voix libre, pendant que des tarés assassins se promènent. Les impôts qu’on paie, ce n’est pas pour protéger nos enfants, c’est pour emmerder TVL, Tocsin, et je ne sais qui. ». Ces événements sont à replacer dans un contexte d’asphyxie globale des médias libres par le pouvoir, laquelle s’accentue à l’approche de la présidentielle. Notre invitée décrit aussi l’invisibilisation algorithmique qui plombe son média : « Sur mon compte YouTube personnel, on ne me suggère jamais des vidéos de TVL alors que j’y suis abonnée et que, par la force des choses, je suis amenée à en regarder les contenus. ». Entre contrôle accru des réseaux sociaux, identification obligatoire et restrictions d’accès, elle y voit une dérive inquiétante et appelle à résister au plus vite : « Ils ne doivent plus faire un centimètre de plus ». Elle termine malgré tout sur une note positive : « Je suis convaincue qu’on finira par gagner. ». |
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