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dimanche 28 juin 2026

Le HUFFIGTONPOST - Politique: En Nouvelle-Calédonie, les élections provinciales ont de faux airs de référendum - le 28.06.2026

 

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En Nouvelle-Calédonie, les élections provinciales ont de faux airs de référendum

Initialement prévu en 2024, le vote de ce dimanche pourrait tourner au duel entre pro et anti-indépendantistes.


Les élections provinciales ont lieu dimanche 28 juin.
DELPHINE MAYEUR / Hans Lucas via AFP
Les élections provinciales ont lieu dimanche 28 juin.
EN BREF
Les élections provinciales du 28 juin en Nouvelle-Calédonie opposent principalement pro et anti-indépendantistes, sur fond de crise politique persistante.
La campagne, très courte et tendue, voit émerger une possible « troisième voie » centriste, mais son accès à l’hémicycle reste incertain.
Le scrutin, sous haute surveillance, pourrait influencer les futures négociations sur l’avenir institutionnel de l’archipel.

À l’issue d’une campagne extrêmement courte, de quelques semaines seulement, et presque inexistante, les habitants de Nouvelle-Calédonie sont appelés aux urnes dimanche 28 juin. Si officiellement, les quelque 192 000 électeurs sont censés désigner leurs futurs représentants au sein des trois assemblées de province (Nord, Sud et Îles Loyauté), officieusement, c’est un vote pour ou contre l’indépendance qui semble se dessiner.

D’abord parce que le scrutin arrive dans un moment exceptionnel. Deux ans après les révoltes kanakes qui avaient émaillé l’archipel et fait 14 morts, il a été repoussé trois fois. La faute à une crise politique et institutionnelle qui s’enlise. Début avril, l’Assemblée nationale a rejeté la réforme constitutionnelle qui prévoyait un nouveau statut pour le territoire, ouvrant une période de flou. Le dégel du corps électoral continue de diviser la population.

Trois référendums sur l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie ont bien été organisés, mais ils n’ont accouché de rien. Les résultats du troisième, il y a cinq ans, n’ont même pas été reconnus par l’ONU. La nomination au gouvernement de Sonia Backès, la cheffe de file de la droite anti-indépendantiste, a aussi jeté le trouble, elle qui, en 2024, déclarait : « Au même titre que l’huile et l’eau ne se mélangent pas, le monde kanak et le monde occidental ont des antagonismes encore indépassables ». Au même moment, elle qualifiait le leader indépendantiste Christian Tein de « chef des terroristes ».

Dans la province Sud, Sonia Backès fait face à un éparpillement de listes favorables à l’indépendance, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et l’UNI n’ayant pas réussi à partir ensemble, divisés sur l’attitude à adopter face à l’accord de Bougival signé en juillet 2025. « Celui qui sort fort aura une position non négligeable à la table des discussions », défend Johanito Wamytan, l’un des leaders du FLNKS.

Ce duel entre pro et anti-indépendantistes est-il pour autant inéluctable ? Certains candidats cherchent à dépasser cette logique des deux blocs et à faire émerger une « troisième voie », plus au centre, qui ne se résumerait pas à devoir choisir entre pro et anti-indépendantistes. « La troisième voie existe », défend auprès du Monde Milakulo Tukumuli, candidat de L’Éveil océanien, le parti du « bloc central », créé en 2019. Problème : avec un seuil fixé à 5 % des inscrits (et non des votants) pour pouvoir être élu, il n’est pas assuré d’être envoyé dans l’hémicycle.

Des négociations avec Lecornu en juillet

La campagne électorale, bien que courte, s’est déroulée dans un certain climat de tension. En témoignent les propos du député Renaissance Nicolas Metzdorf, candidat sur la liste de Sonia Backès, qui a lancé mercredi soir dans un meeting près de Nouméa : « Dimanche, il faut mettre une triple branlée. Une au FLNKS, une aux mous du centre qui sont résignés à l’indépendance et une à tous ceux qui nous expliquent à Paris que l’on ne peut pas faire sans le FLNKS ».

Sébastien Lecornu espère toujours réunir après les élections les forces politiques calédoniennes, sans doute en juillet, pour discuter du futur de l’archipel. Ces négociations n’auront évidemment pas la même tonalité selon la couleur politique qui l’emporte dimanche.

« Si les partis indépendantistes parviennent à être majoritaires, ça ne veut pas dire que demain la Nouvelle-Calédonie sera indépendante. Mais ce serait le premier scrutin provincial avec une majorité indépendantiste », assure Pierre-Christophe Pantz, chercheur associé à l’université de la Nouvelle-Calédonie auprès de franceinfo. Pour s’assurer du bon déroulement du scrutin, près de 2 400 membres des forces de l’ordre seront mobilisés toute la journée de dimanche.

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