LE DESSIN DU JOUR de PLANTU Le MONDE du 22/02/2013
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jeudi 21 février 2013
LE DESSIN DU JOUR de PLANTU Le MONDE du 22/02/2013
LE DESSIN DU JOUR de PLANTU Le MONDE du 22/02/2013
Grève générale en Grèce avant l’inspection de la Troïka
jeudi 21 février 2013 | POI |
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Grève générale en Grèce avant l’inspection de la Troïka
Ils étaient 35 000 à Athènes et 15 000 à Salonique à suivre les centrales syndicales GSEE du privé et Adedy du public pour « répondre aux politiques sans issue et anti-croissance qui ont paupérisé la société et enfoncent l’économie dans la crise ».
Syriza, de la gauche radicale, présent, a appelé par tract à « faire tomber le plus vite possible » le gouvernement. Le Front syndical communiste Pame a manifesté à part, rejoint par quelques tracteurs signalant la colère des agriculteurs.
Le chômage frappe 27 % des actifs, plus de 60 % chez les jeunes. La rigueur asphyxie l’économie, la santé, l’éducation et la protection sociale.
L’inspection de la Troïka fin février-début mars, conditionnera le versement des prêts à venir. Selon le ministère des Finances, « il s’agit juste d’appliquer » les engagements pris en novembre, notamment « en matière de privatisations, de perception des impôts et de réduction du secteur public ».
Le programme de privatisation ambitionne de dégager 9,5 milliards d’euros d’ici à 2016, dont 2,5 milliards en 2013. Le Qatar achèterait Hellinikon, site de prestige au sud d’Athènes de 620 hectares. Son exploitation accroîtrait de 0,3 % le PIB du pays. Il investirait aussi jusqu’à un milliard d’euros dans des PME, via un fonds d’investissement.
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Montebourg, Titan et la CGT Goodyear : échange d'amabilités en quatre actes
Montebourg, Titan et la CGT Goodyear : échange d'amabilités en quatre actes
Mis à jour le , publié le
Un manifestant brandit un drapeau de la CGT à l'usine Goodyear d'Amiens (Somme), menacée de fermeture, le 12 février 2013.
(GONZALO FUENTES / REUTERS)
Un courrier du patron de Titan, une réponse de la CGT à la radio, puis une réponse du gouvernement par lettre et enfin une interview du même patron dans un grand média français... La reprise de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord (Somme) est l'occasion d'échanges virulents, parfois qualifiés d'"insultants", entre un repreneur américain potentiel et la France. Vous avez manqué un épisode ? Francetv info revient en quatre actes sur cet échange croisé peu ordinaire.
Acte 1 : le PDG de Titan brocarde les "soi-disant" salariés de Goodyear
Dans son courrier adressé au ministre du Redressement productif, le patron de Titan International raille les "soi-disant ouvriers" de l'usine de pneus Goodyear d'Amiens-Nord. "J'ai visité cette usine à plusieurs reprises, écrit Maurice M. Taylor. Les ouvriers français sont beaucoup payés, mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure de pause au petit-déjeuner et au déjeuner, parlent pendant trois heures et travaillent pendant trois heures. J'ai fait part de cette remarque aux syndicats. Ils m'ont dit que ça marchait comme ça en France !"
Maurice M. Taylor ironise ensuite : "Qu'a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français (...) Le fermier français veut des pneus pas chers. Il se moque de savoir s'ils viennent de Chine ou d'Inde (...)". "Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d'un euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin", menace-t-il. "Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers."
Acte 2 : pour la CGT, le PDG est proche de l'"asile psychiatrique"
Au micro d'Europe 1, mercredi matin, Mickaël Wamen, le représentant de la CGT, majoritaire à l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, a estimé que la lettre adressée par le PDG de Titan était une "insulte totale". "Ce n'est pas une lettre incendiaire, c'est une lettre insultante", a-t-il réagi. Et le syndicaliste enfonce le clou : pour lui, le patron de Titan "envoie un signal fort, c'est que ce directeur d'une multinationale est plus près d'un asile psychiatrique que de pouvoir tenir les rênes d'une multinationale".
Pour Mickaël Wamen, cette lettre "conforte" le syndicat, accusé de porter une part de responsabilité dans le projet de fermeture du site, dans le fait qu'il a eu raison. "Il dit qu'on est un syndicat fou, que le gouvernement, c'est de la merde, que [le président américain Barack] Obama est un rigolo et qu'il va aller produire en Chine. Tout ça quand on le met bien dans l'ordre, ça ne veut pas dire grand chose", a ajouté le syndicaliste....
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Paris dément la libération des otages français enlevés au Cameroun
Paris dément la libération des otages français enlevés au Cameroun
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La voiture à bord de laquelle Tanguy Moulin-Fournier et sa famille ont été enlevés, à Dabanga, au Cameroun, le 19 février 2013.
( AFP )
L'incertitude règne autour du sort des sept otages français enlevés mardi dans le nord du Cameroun. Paris dément officiellement, jeudi 21 février, la libération du couple, de leurs quatre enfants âgés de 5, 8, 10 et 12 ans, et leur oncle. C'est un énième rebondissement après de multiples versions contradictoires. Une source militaire camerounaise, a affirmé jeudi matin que la famille avait été retrouvée saine et sauve par les autorités nigérianes dans le nord du Nigeria. D'après elle, les otages se trouvaient dans une maison abandonnée dans la localité de Dikwa.
Mais une heure plus tard, le ministre camerounais de la Communication a démenti cette information. "C'est une folle rumeur. Si d'aventure ce qui s'est dit à travers cette rumeur était une vérité, le gouvernement camerounais aurait déjà porté l'information à la France", a déclaré le ministre Issa Tchiroma Bakary lors d'une conférence de presse. Et un peu plus tard, l'armée nigériane a démenti à son tour la libération des sept Français. "Ce n'est pas vrai", a déclaré le porte-parole d'une unité spéciale de l'Etat de Borno, au Nigeria, où ils auraient été découverts....
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A propos de la directive européennes sur le marché intérieur des services
http://www.jennar.fr/
à lire sur le blog de Raoul Marc Jennard
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21 fév2013
A propos de la directive européennes sur le marché intérieur des services
Commission de l’économie, du commerce extérieur et des technologies nouvelles du Parlement wallon (Namur, Wallonie, Belgique) sur la mise en œuvre de la Directive de l’Union européenne du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur.
Je remercie votre Commission de m’associer à vos travaux sur un sujet que j’ai eu l’occasion d’analyser depuis sa genèse et à propos duquel je me suis exprimé dans plusieurs publications, notamment au CRISP.
Je me propose de subdiviser mon exposé en trois parties. Dans un premier temps, j’entends formuler six observations qui fournissent à la question du marché intérieur des services son encadrement général. Dans une deuxième partie, j’examinerai quelques particularités de la directive qui ont des conséquences importantes pour la nature même de la construction européenne. Enfin dans une troisième partie, j’aborderai la question de l’évaluation de la mise en œuvre de la directive et celle du régime des aides d’Etat. Je conclurai brièvement par quelques recommandations.
Tout d’abord, chacun convient, et cela sera certainement répété lors de vos travaux, de l’énorme importance économique du secteur des services. Je voudrais pour ma part souligner l’énorme importance des activités de services dans le cadre du plein exercice de droits collectifs, accessibles à tous précisément parce qu’il s’agit de droits. Je sais qu’il est de bon ton dans certains milieux d’affaires – et j’ai moi-même subi ce discours – de considérer comme dépassés des textes tels que la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 ou le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels de 1976. Ce n’est pas mon opinion et je considère comme d’une actualité brûlante, particulièrement en ces temps où tant de gens souffrent d’une crise dont ils ne sont en rien responsables, d’avoir à rappeler ce que ces textes consacrent : le droit à la santé, à l’éducation, au logement, à un système de protection sociale, à la culture, le droit à l’accès à des moyens de transports, à l’énergie, à l’eau. Or, quel instrument est en mesure de permettre l’effectivité de ces droits si ce n’est le service public en dehors duquel ces droits ne sont accessibles qu’à ceux qui peuvent se les payer ? Car, qui oserait soutenir de manière crédible que la mise en concurrence des activités de services favorise un coût moindre pour une qualité identique ? Ce n’est pas, en tout cas, ce qu’on observe dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’énergie, de l’eau ou du transport ferroviaire. Les activités de services ne peuvent donc pas être abordées du seul point de vue économique, du seul point de vue marchand....
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Les otages français enlevés au Cameroun auraient été libérés
Les otages français enlevés au Cameroun auraient été libérés
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Capture d'écran d'une photo diffusée de Tanguy Moulin-Fournier, le père de la famille prise en otage au Cameroun le 19 février 2013.
( FRANCE 2 / FRANCETV INFO)
Les sept otages français enlevés mardi dans le nord du Cameroun ont été libérés jeudi 21 février, selon une source militaire camerounaise. Le ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif, l'a confirmé jeudi matin dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, affirmant que "les otages au Cameroun ont été libérés". Il était dans l'hémicycle pour débattre d'un texte UMP sur les anciens combattants et il a réclamé la parole pour annoncer la nouvelle, sans plus de précisions.
De son côté, l'envoyée spéciale de France 2 au Cameroun indique : "On est encore dans l'incertitude : l'ambassade de France ne confirme pas encore. Toutefois, plusieurs sources officielles évoquent une remise des otages à Kousseri dans le nord du Cameroun dans la journée".
Selon la source militaire camerounaise, ces Français, dont un couple, leurs quatre enfants âgés de 5, 8, 10 et 12 ans, et leur oncle, ont été retrouvés sains et saufs par les autorités nigérianes dans le nord du Nigeria. Ils sont entre leurs mains, a précisé la même source. Ils se trouvaient dans une maison abandonnée dans la localité de Dikwa, à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Niger.
Francetv info avec AFP
Bruxelles envisagerait une croissance française à 0% en 2013
Bruxelles envisagerait une croissance française à 0% en 2013
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Des employés d'une usine Lacoste à Troyes (Aube), le 7 janvier 2013.
(THOMAS SAMSON / AFP)
L'Europe est moins optimiste que le gouvernement. La Commission européenne, qui doit présenter vendredi 22 février ses prévisions de croissance en Europe, table pour ce qui concerne la France sur une croissance de 0 à 0,1% en 2013 et un déficit aux alentours de 3,6% du Produit intérieur brut, ont rapporté mercredi plusieurs médias, tels Le Point, Europe 1 et RTL. Le gouvernement français attend cette publication pour abaisser ensuite sa propre prévision de croissance, actuellement de 0,8%.
"Les calculs de la Commission européenne ne sont pas bons pour la France. Elle prévoit une croissance plate pour 2013 : 0 ou 0,1%", affirme RTL, citant des experts de Bruxelles. La radio relève, citant les mêmes sources bruxelloises, que le déficit budgétaire "sera d'au moins 3,6%". Le Point et Europe 1 affirment que la prévision sera de 0,1%. Sur les déficits, le magazine donne le chiffre de 3,6% tandis qu'Europe 1avance qu'il sera "légèrement au-dessus de 3,5%".
Le président François Hollande a confirmé mardi que la France n'atteindrait pas son objectif de 0,8 % de croissance en 2013, et indiqué qu'une nouvelle prévision de croissance serait établie "fin mars avec le Haut conseil aux Finances publiques". De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé que la prévision s'établirait autour de 0,2% ou 0,3%, mais il a été démenti par le ministère de l'Economie selon lequel la nouvelle hypothèse n'est "pas encore arrêtée".
Francetv info avec AFP
mercredi 20 février 2013
La semaine du choc( le dernier billet de Jean-Luc Mélenchon)
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La semaine du choc
La semaine du choc
Le retour. Voilà une quinzaine bien remplie entre un meeting à Rome, une session à Strasbourg, le salon de l’économie de la mer et une semaine au Maghreb avec trois conférences sur l’Ecosocialisme. Mon parcours m’aura scotché deux images en tête ces jours ci, celle de Besma, la veuve de Chokri Belaïd, en début de parcours, à Tunis, et, en fin de parcours, le spectacle de ma ville natale, Tanger, explosée en une immense métropole de plus d’un million d’habitants, moderne, neuve et contemporaine comme un plat cuisiné congelé. J’étais prévenu. Héraclite disait qu’on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. J’ajoute, pour m’aider, que le fleuve ne baigne pas deux fois le même homme. De la sorte j’ai contenu la nostalgie dans la petite cage où elle siffle sa chanson sans assourdir le présent. Je reviens du Maghreb surtout conscient de l’ampleur de la tâche qu’il faudra encore accomplir au service de notre message. Rien d’exotique là-dedans. De l’Euro-Maghreb de fait, à celui qu’il faut construire, il y a aujourd’hui l’apparence d’un si long chemin ! Je vous en parle.
Mais je n’ai pas lâché prise de l’actualité. Je l’ai suivie au fil des évènements et de mon déplacement. Pendant cette semaine, le gouvernement PS-EELV a fait commencer au pays sa descente aux enfers de l’austérité sans fin. Il n’atteindra aucun de ses objectifs budgétaires. Comme prévu par nous. Le pays qui a déjà commencé à souffrir si rudement va maintenant s’enfoncer dans le malheur d’un chômage de masse sans précédent. Une violence incroyable se déploie contre les personnes, celle de la situation sociale et celle des conditions du maintien de l’ordre établi. Deux immolés devant Pôle Emploi et un jeune sidérurgiste de vingt-cinq ans qui se fait arracher un œil dans une manifestation, en sont des signaux révélateurs ! Que n’aurait-on dit si cela s’était produit sous Sarkozy ! Le dire me vaudra les foudres des gardes chiourmes de la pensée officielle. Mais quelle importance ? Ce monde de pacotille et de connivences va s’effondrer.
Cette quinzaine se joue, pour notre Front de gauche, le vote de la loi d’amnistie sociale qu’il faut arracher au PS après que François Hollande nous l’ait refusée. Il s’agit de l’amnistie des syndicalistes et des associatifs condamnés sous l’ère Sarkozy. Plus qu’un symbole, un rapport de force. Ceux qui ne voteront pas avec nous seront notés. Le Parti de Gauche pense à une consigne spéciale pour eux dans les prochaines élections. Faites le leur savoir ils ne comprennent que ça....
POLITIQUE MATIN : LA MATINALE DU MERCREDI 20 FÉVRIER 2013
POLITIQUE MATIN : LA MATINALE DU MERCREDI 20 FÉVRIER 2013
A PROPOS DE CETTE VIDEO
Votre petit-déjeuner politique décline l’actualité sur tous les tons et bouscule les codes convenus.
Émission quotidienne présentée par Patrick Chêne avec Ahmed Tazir, Aurélie Marcireau, Denis Jeambar, Yves Thréard, Valérie Lecasble, Gérard Leclerc
Invités politiques du jour :
- Edouard Philippe, député UMP de Seine-Maritime
- Barbara Pompili, Présidente du groupe Ecologiste à l’Assemblée nationale, députée de la Somme
- Barbara Pompili, Présidente du groupe Ecologiste à l’Assemblée nationale, députée de la Somme
A l’heure du fast news et du prêt-à-penser, LCP propose chaque jour en DIRECT : Politique Matin, un rendez-vous unique qui bouscule les codes convenus de l’information et éclaire l’actualité sous un jour nouveau.
Présentée par Patrick Chêne, cette émission quotidienne dédiée à l’information politique décline l’actualité sur tous les tons. Résolument pertinente, forcément agitée, délibérément décalée, Politique Matin impose une autre façon d’aborder l’information politique.
Revues de presse nationale et régionale incontournables, Chroniques d’information thématiques indispensables, LCP Politique Matin, c’est aussi et surtout deux temps forts qui animent cette matinale d’info :
+ Politique bouquin !
Une chronique présentée par Aurélie Marcireau.
+ Le débat
Deux personnalités politiques débattent et confrontent leur point de vue sur l’actualité du jour.
Le face à face oppose ce matin deux personnalités politiques :
Le face à face oppose ce matin deux personnalités politiques :
- Edouard Philippe, député UMP de Seine-Maritime
- Barbara Pompili, Présidente du groupe Ecologiste à l’Assemblée nationale, députée de la Somme
- Barbara Pompili, Présidente du groupe Ecologiste à l’Assemblée nationale, députée de la Somme
+ Ça va faire du bruit
un temps d’avance sur l’info !
Entouré de quatre chroniqueurs (journalistes et experts), Patrick Chêne met en perspective un événement, un texte de loi, un thème, une décision politique… qui demain fera les grands titres et alimentera le débat.
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en partenariat avec LeFigaro.fr
en partenariat avec : La Tribune
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Diffusions : du lundi au vendredi de 8h30 à 9h30, en direct
VOUS AIMEREZ AUSSI
L’inspection du travail détournée de son sens
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le 15 Février 2013
Réforme
L’inspection du travail détournée de son sens
Tenu secret par le ministère du Travail, le projet de réforme de l’inspection du travail remet en cause sa mission au service des salariés et des syndicalistes, ainsi que le révèle une note interne de la hiérarchie.
On savait qu’elle manquait de moyens, d’effectifs, de pouvoirs. Voilà que l’inspection du travail est menacée par un projet de réforme qui mettrait à mal sa dimension de service public, son rôle de recours, de rempart, de bouée de sauvetage, pour les salariés et les syndicalistes qui la saisissent. C’est ce qui ressort de la lecture d’une note interne de la hiérarchie, que le syndicat CGT de Gironde a récupérée et diffusée début février, provoquant un grand émoi parmi les agents de l’inspection qui y voient confirmées, noir sur blanc, leurs craintes d’une casse de leur métier. Alors que le ministre du Travail, Michel Sapin, a annoncé, l’été dernier, une réforme du « système » d’inspection, mais prétend la construire par un grand dialogue avec les agents, à coups de séminaires et de groupes de travail toujours en cours, l’affaire révèle que les grands axes du projet sont fixés depuis longtemps.
Rédigé dans un style cash
Intitulé « Éléments de réflexion sur la réforme de l’inspection du travail », le document de quatre pages (à consulter ci-dessous) a été rédigé en juin dernier par la direction régionale (Direccte) d’Aquitaine, et distribué fin janvier aux directeurs locaux. Dans un style cash, puisque destinée à un usage interne à la hiérarchie, la note établit un diagnostic des difficultés des services, liées aux restructurations et au manque d’effectifs, avant d’avancer des « propositions » qui bouleverseraient à la fois l’organisation et la finalité de l’inspection du travail. L’objectif est résumé en une formule : la direction générale du travail (DGT) doit « assumer l’aspect descendant », terme sibyllin qui renvoie à un conflit traversant l’institution depuis plusieurs années.
Traditionnellement, l’activité des agents est guidée par la réalité du terrain. Compétents sur un secteur géographique, un inspecteur et deux contrôleurs en connaissent les entreprises, reçoivent les salariés et les syndicalistes qui les alertent sur des situations rencontrées au travail, ce qui oriente leurs choix de contrôles et d’interventions. Mais, depuis 2006, le ministère a introduit une logique tout autre, « descendante » donc, dans laquelle il impose aux agents des campagnes de contrôle ciblé sur des secteurs ou des thèmes, avec, en outre, des objectifs chiffrés, qui vont déterminer l’attribution de parts de primes pour chaque agent. Si ce fonctionnement a été largement boycotté par les agents, qui le jugent inefficace pour améliorer la situation des salariés, et pathogène pour eux-mêmes (voir ci-dessous), le projet de réforme veut le pousser jusqu’au bout. La note précise ainsi que l’activité serait organisée « en fonction d’un plan de contrôle prévisionnel » fait de campagnes qui « devront représenter au minimum 50 % de l’activité des agents, voire 75 % », au détriment de la réponse à la demande des usagers. La note prévoit aussi la création d’inspecteurs spécialisés dans des domaines jugés prioritaires ou sensibles, comme l’amiante, les transports, mais aussi les conflits et les plans sociaux.
Une manière de mettre fin à l’autonomie des agents
En lien avec cette réorientation, la note préconise la « disparition du découpage actuel des sections d’inspection », au profit d’un « périmètre départemental ». Une manière de résoudre le problème de la pénurie de moyens et d’effectifs, notamment de secrétaires, en les mutualisant au niveau départemental. Mais il s’agit aussi de mettre fin à l’autonomie des agents dans leur section, pour les placer directement sous la coupe des directeurs, qui pourraient plus facilement leur imposer des axes de travail, leur donner ou leur retirer des dossiers, avec le risque de porter atteinte à leur indépendance, garantie par la convention 81 de l’OIT.
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Fanny Doumayrou
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