Un réfugié soudanais a violemment agressé un homme dans une rue d'un quartier catholique de Belfast en Irlande du Nord. Dès le lendemain, des appels à manifester dans les quartiers protestants de la ville ont circulé sur les réseaux sociaux. Si la défiance reste grande entre les communautés, Catholiques et Protestants se retrouvent dans la défiance vis à vis de leur gouvernement. Nous sommes dans le bastion protestant de Newtownards Road à l'est de Belfast. Après une soirée d'émeute, plusieurs maisons abritant des migrants ont brûlé. La veille, le 8 juin au soir, un réfugié soudanais appelé Hadi Alodid avait violemment attaqué un homme avec un couteau – lui crevant un œil. La vidéo de cette agression avait fait le tour des réseaux sociaux et des appels à la révolte avaient été entendus dans de multiples endroits d'Irlande du Nord. Pour les visiteurs, le territoire reprenait des allures connues lors des pires moments de tension entre Nationalistes catholiques et Unionistes protestants : magasins fermés et maisons noircies par le feu. De fait, les manifestations contre l'immigration massive se sont multipliées dans l'île –à Dublin, la capitale de la République d'Irlande et plus récemment là - dans la partie septentrionale faisant partie du Royaume Uni. Car le gouvernement de Londres cherche à éparpiller ces populations arrivant sur ses côtes avec l'agglomération de Belfast particulièrement visée par ces déplacements. Les protestations se sont transformées en émeutes d'une grande violence dans les quartiers protestants de Sandy Row et Shankill Road. Plusieurs familles de migrants ont dû être évacuées en urgence par les pompiers qui étaient d'ailleurs hués par la foule. Sur les murs les graffitis « Foreigners out !» (« Dehors les étrangers ») ont remplacé « Catholics out ! » quand les Unionistes faisaient brûler les lotissements construits dans leurs quartiers pour accueillir des familles catholiques. Belfast est un terreau fertile pour la violence. Si la paix est à peu près revenue depuis 1998, les deux communautés vivent encore séparées. La défiance reste très grande du côté des « Loyalistes ». Un tournant historique est intervenu en 2021 quand le recensement a montré que les Catholiques étaient devenus plus nombreux que les Protestants (46% contre 44%). Au moment des a… Ludovic Lavaucelle |
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