| | Hadrien Mathoux Directeur adjoint de la rédaction Les municipales, première étape vers la
présidentielle
Ce dimanche 15 mars, les Français seront appelés aux urnes pour la première fois depuis la dissolution de l'Assemblée nationale afin d'élire, dans 35 000 communes, leurs maires. Il s'agit en réalité des premières « vraies » élections municipales depuis douze ans, la dernière échéance ayant été bouleversée par la pandémie de Covid-19 — plusieurs mois d'écart entre les premier et second tours, abstention record, etc.
Mais comme en 2020, le scrutin n'a pas déclenché l'effervescence habituelle. Pour expliquer ce relatif désintérêt médiatique et citoyen, il y a, bien sûr, les soubresauts de l'actualité géopolitique. Entre l'enlèvement du président vénézuélien, les menaces d'invasion du Groenland et le déclenchement d'une guerre au Moyen-Orient, on peut dire que Donald Trump a fait beaucoup pour détourner l'attention des Français des municipales. On pressent également que le profond ras-le-bol des Français envers une classe politique désespérante y contribue.
Néanmoins, les sondeurs prédisent une participation en forte hausse, qui peut s'expliquer par deux motifs en partie contradictoires. Le premier est le degré de déconnexion des élections municipales avec le jeu politique national : les communes demeurent un curieux îlot où les élus sont globalement appréciés, où les sortants bénéficient d'une prime et où les clivages idéologiques s'effacent en grande partie. Ainsi, des phénomènes nationaux comme l'émergence du macronisme, la poussée de LFI ou la domination du RN ne se sont, pour l'instant, pas traduits à l'échelon municipal, où persiste un clivage gauche-droite tempéré par des bataillons de gestionnaires largement dépolitisés.
Le deuxième facteur tient justement dans le caractère singulier de ce scrutin de mars 2026, qui représente le dernier rendez-vous électoral avant la consultation suprême, la présidentielle de 2027. Car l'interaction local-national, surtout dans les grandes villes, sera rarement aussi forte qu'en ces deux dimanches de mars. Certains candidats potentiels à la présidentielle, comme Édouard Philippe ou Fabien Roussel, jouent leur avenir ; le Rassemblement national ambitionne de se servir de ces municipales comme d'un marchepied pour accéder à l'Élysée ; enfin et surtout, la guerre des gauches qui s'annonce entre insoumis, écologistes, socialistes et tous les autres aura pour première bataille ces municipales. Autant de raisons de se rendre aux urnes dès ce dimanche ! Twitter @hadrienmathoux
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