Vendredi 13 mars – #101 : Carambolage
BONJOUR CHERS XOOMERS ! C’est peu dire que la guerre en Iran a percuté nos vies. Personnelles – ah, les prix à la pompe ! De citoyen – les quoi, les municipales ? Professionnelles – y aura-t-il de la croissance en 2026 ? Ce vent de crise amène une question : comment un manager doit-il réagir lorsqu’un événement extérieur – crise sociale, décès, conflit, rumeur, tensions interservices... – parasite son agenda ?
Cygnes noirs. Dans un article consacré à la campagne électorale escamotée, Corinne Lhaïk et Matthieu Deprieck interrogent l’analyse Raphaël LLorca : « Le problème désormais est la répétition d’événements exceptionnels, ces cygnes noirs théorisés par Nassim Nicholas Taleb. Si l’on accepte d’être écrasés par cette actualité, nous perdons notre capacité à agir. »
Antifragile. Lisez Taleb. Face aux cygnes noirs, par définition imprévisibles, il faut devenir antifragile, c’est-à-dire résistant aux chocs, et plus encore renforcé par le désordre. Il dit : « L’antifragilité dépasse la résistance et la solidité. Ce qui est résistant supporte les chocs et reste pareil ; ce qui est antifragile s’améliore. » Il dit aussi : « Je préférerais être bête et antifragile qu’extrêmement intelligent et fragile, à n’importe quel moment. »
Zone d’influence. Alors que faire ? Appelez-moi Marc Aurèle ! Il faut d’abord distinguer ce que vous contrôlez de ce que vous subissez. Souvent, nos dirigeants politiques préfèrent gesticuler plutôt que d’avouer leur impuissance. Pas vous ! Il est important d’identifier sa zone d’influence (ce sur quoi on peut agir) et sa zone de préoccupation (ce que vous ne contrôlez pas). A quoi bon se focaliser sur l’incontrôlable ?
Recul. Et pas de précipitation dans la réaction qui puisse trahir l'émotion ! Là encore, ne suivez pas l’exemple du gouvernement dans sa gestion de la flambée des prix du pétrole. Comme le suggèrerait un entraîneur sportif, il faut « stabiliser le cadre ». Plus ça tangue, plus les équipes ont besoin d’objectifs clairs, de règles de fonctionnement constantes, de communication rationnelle.
Ormuz. PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé explique ainsi (dans Le Figaro ) que la gestion de crise devient la routine: « Ces crises géopolitiques sont devenues le quotidien de notre métier ». Et aussi : « Notre métier, c’est de continuer à offrir des solutions ». Traduisez : ce n’est pas le blocage du détroit d’Ormuz qui va nous empêcher de dormir...
Bruits. Un statisticien recommanderait aussi de réduire le bruit. Quels sont les trois objectifs critiques quand tout autour de vous s’effondre ? Alignez équipe et ressources dessus, ignorez le reste. Un peu de transparence ne nuit pas non plus. Expliquez la situation à l’équipe sans dramatiser : faits + impacts + plan d’action. Le calme inspire la confiance.
Relativiser. Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, conseille ainsi d'éviter la précipitation (il n’y a plus d’argent pour subventionner le carburant !). Puis, à la manière d’un coach, il temporise pour éviter la contagion émotionnelle : « Ça n’est pas la stagnation de l’activité. Nous allons garder une croissance mondiale. On n’est pas dans une crise si vous l’entendez par la récession économique. » Chers xoomers, on peut être percutés sans être déstabilisés...
GénXO. GénXO, c’est un X comme eXpérience et un O comme Opportunité, pour les actifs suractifs de plus de 55 ans qui ne craignent pas les carambolages. Puisque l’on appelle désormais les membres de la Génération Z les zoomers, je propose de baptiser notre communauté les xoomers. Partagez X’O, suivez-nous sur LinkedIn !
Rémi Godeau, rédacteur en chef de l’Opinion
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