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jeudi 12 mars 2026

L'ECLAIREUR - La deuxième guerre des Douze Jours - Jeudi 12 mars 2026

 

Un journalisme exigeant demande du temps, des enquêtes approfondies et du travail, invisible et non rémunéré. Si nos articles vous sont utiles, votre abonnement est un vrai soutien. En retour, vous accéderez à des contenus exclusifs et participerez directement à l’indépendance de ce média.


La deuxième guerre des Douze Jours

Retour sur nos articles traitant de la sanglante débâcle que constitue, selon la formule consacrée, la guerre d'agression non provoquée d'Israël et des Etats-Unis contre l'Iran.

 
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Frappe du Hezbollah sur Tel Aviv dans la nuit du 10 au 11 mars 2026

Plutôt que de refaire une longue analyse de la situation qui n’aboutira qu’à constater la défaite israélo-américaine, autant vous lister nos articles et podcasts dans lesquels nous avons peu ou prou fait le tour de la situation.

Tant à Washington qu’à Tel Aviv, on planifie depuis la chute du Mur une guerre contre l’Iran. Les six premiers jours de leur attaque, les USA on tiré pour plus de 6 milliards de dollars de munitions et dépensé un total d’au moins 11,3 milliards. Sans aucun effet, puisque les frappes de “décapitation” du “régime” iranien n’ont érodé ni sa volonté de se battre ni ses moyens militaires.

L’Iran également s’y préparait en développant une stratégique asymétrique fondée sur des capacités conventionnelles de frappes à distance (missiles balistiques et drones) et la mise en place un système de continuité de l’Etat et de commandement militaire décentralisé, avec 31 entités indépendantes disposant du pouvoir de procéder aux frappes en Israël et sur les infrastructures américaines et énergétiques de la région qu’elles estiment appropriées. Supériorité clausewitzienne de la défense alliée au principe d’initiative dans le commandement: redoutable.

Pour soutenir L’ECLAIREUR, choisissez votre abonnement, libre ou payant.

Et puis vient l’arithmétique brutale. Un missile balistique iranien coûte entre 1 et 2 millions de dollars. Un drone aérien suicide, entre 20 000 et 50 000 dollars. Voir ci-dessous le coût des munitions anti-arériennes (gardez à l’esprit qu’il faut au moins en tirer deux pour espérer réussir une interception) et de frappes à longue distance américaines. Et rajoutez que les USA n’ont pas la capacité industrielle de renouveler leur stock.

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Cette guerre est menée au seul profit d’Israël, qui par cette occasion sera responsable de l’énorme crise économique mondiale qui se profile. Car c’est bien Netanyahou et ses petits télégraphistes Jared Kushner et Steve Witkoff qui ont intoxiqué Trump dès décembre 2025 en le convainquant que des frappes de décapitation suffiraient à faire s’effondrer le “régime” iranien.

La même logique que lors des frappes sur les installations nucléaires iraniennes de juin 2025, qui n’ont eu aucun effet sur les capacités d’enrichissement iranienne. A l’époque, nous estimions déjà que Trump avait lui-même mis fin à sa présidence afin d’éviter une défaite à Israël, qui avait déclenché la guerre des Douze Jours.


Après l’enlèvement de Maduro au Venezuela, nous avons souligné que cette opération réalisée avec l’aide active des Bolivariens, ravis de se débarrasser d’un président dont la dérive totalitaire n’était plus tolérée, ne changeait rien à la donne mais contribuait à ce qu’un président mégalomane s’intoxique avec son propre pouvoir, le sur-estimant grandement alors qu’il était déjà en grande difficulté de politique intérieure.


Au moment de la tentative de changement de régime en Iran de décembre 2025 - janvier 2026 sur le modèle du coup d’Etat de 1953 qui renversa Mossadegh, nous avons exposé qu’il s’agissait d’une révolution virtuelle de trop, parce que les Iraniens ont la mémoire longue.


Le 1er mars, nous expliquions pourquoi les frappes de décapitation resteraient inefficaces.


Le 2 mars, nous affirmions que cette guerre était perdue d’avance pour des raisons politiques tant internes qu’externes aux USA.


Le 6 mars, six jours après le déclenchement des hostilités, nous tranchions dans le brouillard de guerre et la propagande médiatique et rapportions que l’Iran avait durablement détruit les capacités américaines de détection avancée en frappant les quatre radars THAAD du Golfe Persique.


Le 7 mars, nous faisions l’autopsie de la très efficace stratégie asymétrique iranienne.


Le 9 mars, nous analysions les conséquences mondiales du blocage du détroit d’Ormuz et avancions qu’Israël et les Etats-Unis mettaient à mal toutes les économies industrielles de par le monde.


Enfin, le 10 mars, nous vous expliquions pourquoi le détroit d’Ormuz resterait durablement bloqué tant que le dernier soldat américain n’aurait pas quitté la région, l’Iran disposant de capacités sous-marines (drones et mini sous-marin pouvant tirer des torpilles à cavitation imparables).


Quelle évolution possible du conflit?

Les USA ont sollicité les bons offices de la Russie pour demander aux Iraniens de mettre la pédale douce sur leurs frappes dévastatrices et de lever le blocus du détroit d’Ormuz.

Israël, que Trump est en train de lâcher en catimini, panique et a demandé la même chose à la Chine.

L’Iran, pour l’instant, ne paraît pas vouloir cesser les hostilités et refuse tout dialogue direct. Chat échaudé craint l’eau froide: l’offensive israélo-américaine a débuté alors que des négociations étaient en cours sous les auspices du sultanat d’Oman, dont le ministre des affaires étrangères affirme qu’elles avançaient à grands pas.

Les pays de la région considèrent qu’Israël et les USA sont de bien pires agents du chaos que l’Iran.

Il est peu vraisemblable que Netanyahou utilise l’arme nucléaire. D’abord parce que les frappes iraniennes, si elle font très mal, ne posent pas de menace existentielle pour Israël pour l’instant. Ensuite parce que l’utiliser signifierait la fin d’Israël. Afin d’amortir sa défaite, Tel Aviv s’en prend une fois de plus au Liban.

Les Iraniens ont commencé à laisser passer des pétroliers à destination de la Chine et de l’Inde dans le détroit d’Ormuz. Les cargaisons à destination de l’Occident restent bloquées. La plupart des pays du Golfe ont arrêté leur production de pétrole et de gaz, à la fois parce que les capacités de stockage sont pleines et afin de protéger leurs infrastructures pétrolières et gazières des frappes iraniennes.

Benjamin Netanyahou et Donald Trump sont en train de renvoyer l’Occident à l’âge de pierre. D’autant que, si le conflit se prolonge, les Houthis risquent d’entrer dans la danse en interdisant le trafic maritime en Mer Rouge.

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Directrice de la publication : Patricia Cerinsek

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Frappe du Hezbollah sur Tel Aviv dans la nuit du 10 au 11 mars 2026

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Tant à Washington qu’à Tel Aviv, on planifie depuis la chute du Mur une guerre contre l’Iran. Les six premiers jours de leur attaque, les USA on tiré pour plus de 6 milliards de dollars de munitions et dépensé un total d’au moins 11,3 milliards. Sans aucun effet, puisque les frappes de “décapitation” du “régime” iranien n’ont érodé ni sa volonté de se battre ni ses moyens militaires.

L’Iran également s’y préparait en développant une stratégique asymétrique fondée sur des capacités conventionnelles de frappes à distance (missiles balistiques et drones) et la mise en place un système de continuité de l’Etat et de commandement militaire décentralisé, avec 31 entités indépendantes disposant du pouvoir de procéder aux frappes en Israël et sur les infrastructures américaines et énergétiques de la région qu’elles estiment appropriées. Supériorité clausewitzienne de la défense alliée au principe d’initiative dans le commandement: redoutable.

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Cette guerre est menée au seul profit d’Israël, qui par cette occasion sera responsable de l’énorme crise économique mondiale qui se profile. Car c’est bien Netanyahou et ses petits télégraphistes Jared Kushner et Steve Witkoff qui ont intoxiqué Trump dès décembre 2025 en le convainquant que des frappes de décapitation suffiraient à faire s’effondrer le “régime” iranien.

La même logique que lors des frappes sur les installations nucléaires iraniennes de juin 2025, qui n’ont eu aucun effet sur les capacités d’enrichissement iranienne. A l’époque, nous estimions déjà que Trump avait lui-même mis fin à sa présidence afin d’éviter une défaite à Israël, qui avait déclenché la guerre des Douze Jours.


Après l’enlèvement de Maduro au Venezuela, nous avons souligné que cette opération réalisée avec l’aide active des Bolivariens, ravis de se débarrasser d’un président dont la dérive totalitaire n’était plus tolérée, ne changeait rien à la donne mais contribuait à ce qu’un président mégalomane s’intoxique avec son propre pouvoir, le sur-estimant grandement alors qu’il était déjà en grande difficulté de politique intérieure.


Au moment de la tentative de changement de régime en Iran de décembre 2025 - janvier 2026 sur le modèle du coup d’Etat de 1953 qui renversa Mossadegh, nous avons exposé qu’il s’agissait d’une révolution virtuelle de trop, parce que les Iraniens ont la mémoire longue.


Le 1er mars, nous expliquions pourquoi les frappes de décapitation resteraient inefficaces.


Le 2 mars, nous affirmions que cette guerre était perdue d’avance pour des raisons politiques tant internes qu’externes aux USA.


Le 6 mars, six jours après le déclenchement des hostilités, nous tranchions dans le brouillard de guerre et la propagande médiatique et rapportions que l’Iran avait durablement détruit les capacités américaines de détection avancée en frappant les quatre radars THAAD du Golfe Persique.


Le 7 mars, nous faisions l’autopsie de la très efficace stratégie asymétrique iranienne.


Le 9 mars, nous analysions les conséquences mondiales du blocage du détroit d’Ormuz et avancions qu’Israël et les Etats-Unis mettaient à mal toutes les économies industrielles de par le monde.


Enfin, le 10 mars, nous vous expliquions pourquoi le détroit d’Ormuz resterait durablement bloqué tant que le dernier soldat américain n’aurait pas quitté la région, l’Iran disposant de capacités sous-marines (drones et mini sous-marin pouvant tirer des torpilles à cavitation imparables).


Quelle évolution possible du conflit?

Les USA ont sollicité les bons offices de la Russie pour demander aux Iraniens de mettre la pédale douce sur leurs frappes dévastatrices et de lever le blocus du détroit d’Ormuz.

Israël, que Trump est en train de lâcher en catimini, panique et a demandé la même chose à la Chine.

L’Iran, pour l’instant, ne paraît pas vouloir cesser les hostilités et refuse tout dialogue direct. Chat échaudé craint l’eau froide: l’offensive israélo-américaine a débuté alors que des négociations étaient en cours sous les auspices du sultanat d’Oman, dont le ministre des affaires étrangères affirme qu’elles avançaient à grands pas.

Les pays de la région considèrent qu’Israël et les USA sont de bien pires agents du chaos que l’Iran.

Il est peu vraisemblable que Netanyahou utilise l’arme nucléaire. D’abord parce que les frappes iraniennes, si elle font très mal, ne posent pas de menace existentielle pour Israël pour l’instant. Ensuite parce que l’utiliser signifierait la fin d’Israël. Afin d’amortir sa défaite, Tel Aviv s’en prend une fois de plus au Liban.

Les Iraniens ont commencé à laisser passer des pétroliers à destination de la Chine et de l’Inde dans le détroit d’Ormuz. Les cargaisons à destination de l’Occident restent bloquées. La plupart des pays du Golfe ont arrêté leur production de pétrole et de gaz, à la fois parce que les capacités de stockage sont pleines et afin de protéger leurs infrastructures pétrolières et gazières des frappes iraniennes.

Benjamin Netanyahou et Donald Trump sont en train de renvoyer l’Occident à l’âge de pierre. D’autant que, si le conflit se prolonge, les Houthis risquent d’entrer dans la danse en interdisant le trafic maritime en Mer Rouge.

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The Second Twelve-Day War

A recap of our articles covering the debacle that is the unprovoked war of aggression waged by Israel and the United States against Iran.

 
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Hezbollah strikes Tel Aviv, Mars 10, 2026.

Washington and Tel Aviv have been war-gaming an attack on Iran since the fall of the Berlin Wall. In the first six days of strikes alone, the United States burned through more than $6 billion in munitions and reportedly spent a staggering $11.3 billion in total. The return on that investment: nothing. The “decapitation strikes” targeting the Iranian leadership neither broke Tehran’s will to fight nor degraded its military capacity by any measurable degree.

Iran, for its part, had not been idle. For years it built a strategy around asymmetric warfare — long-range conventional strike capabilities (ballistic missiles and drones), a decentralized command structure with 31 independent entities each authorized to strike Israeli territory and American or energy infrastructure across the region as they see fit. In Clausewitzian terms, the structural superiority of the defense, combined with initiative at the command level: a formidable combination.

Then there is the arithmetic. An Iranian ballistic missile costs between one and two million dollars. A suicide drone, between twenty and fifty thousand. Interceptors — of which at least two must be fired per incoming threat to have a reasonable chance of success — cost orders of magnitude more. So do American long-range strike munitions. And the United States lacks the industrial base to replenish what it has expended.

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This war is being waged for Israel’s benefit alone — and it will be Israel that bears responsibility for the severe global economic downturn now taking shape. It was Netanyahu, with his zealots Jared Kushner and Steve Witkoff, who spent December 2025 convincing Trump that a few decapitation strikes would be enough to bring the Iranian government to its knees. The same logic applied to the strikes on Iranian nuclear installations in June 2025, which left Tehran’s enrichment capacity entirely intact. At the time, we wrote that Trump had effectively ended his own presidency to spare Israel a defeat in the first Twelve-Days War— the defeat that triggered the second Twelve-Day War.

L’ECLAIREYR is reader-supported. To receive new posts and support our work, consider becoming a free or paid subscriber.

Our coverage, in chronoligical order:

On June 22, 2025, following the first Twelve-Day War, we argued that Trump had sacrificed his presidency to shield Israel from the full consequences of its military adventurism.

On January 5, after the kidnapping of Maduro in Venezuela, we noted that a successful covert operation had encouraged a megalomaniacal president to drastically overestimate his power at precisely the moment his domestic poltical standing was weakening.

On January 11, we examined the attempted regime change in Iran modeled on the 1953 CIA coup that toppled Mossadegh — and explained why it was a virtual revolution too far. Iranians have long memories.

On March 1, we laid out why the decapitation strikes would fail.

On March 2, we argued the war was lost before it began, for reasons both domestic and geopolitical.

On March 4 and 6, cutting through the fog of war and the propaganda blanketing Western media, we reported that Iran had durably destroyed American early-warning capabilities by striking all four THAAD radar installations in the Persian Gulf.

On March 7, we conducted a detailed autopsy of Iran’s highly effective asymmetric strategy.

On March 9, we analyzed the global consequences of the Strait of Hormuz blockade and established that Israel and the United States were actively dismantling the industrial economies of the world.

On March 10, we explained why the Hormuz Strait would remain closed until the last American soldier had left the region — Iran possessing submarine drone and mini-submarine capabilities, including cavitation torpedoes, that are effectively unstoppable.


Where does the conflict go from here?

The United States has asked Russia to intercede with Tehran — to dial back the devastation and lift the Hormuz blockade. Israel, which Trump is quietly abandoning as the domestic political toll becomes unbearable, has made the same request to China.

Iran, for now, shows no inclination to stand down and refuses any direct dialogue. The lesson is simple: the Israeli-American offensive was launched while negotiations were already underway under Omani auspices — negotiations that Oman’s foreign minister says were progressing well.

Across the region, the consensus is stark: Israel and the United States are now viewed as agents of chaos more dangerous as Iran.

A nuclear strike by Netanyahu is unlikely — not because the situation is not serious, but because it is not yet existentially threatening to Israel, and because using such a weapon would mark the end of Israel itself. Instead, Tel Aviv has reverted to its familiar reflex: striking Lebanon.

Iran has begun allowing oil tankers bound for China and India to transit the Hormuz Strait. Western-bound cargoes remain blocked. Most Gulf states have halted oil and gas production — partly because storage capacity is saturated, partly to keep their infrastructure out of Iranian crosshairs.

Netanyahu and Trump are sending the Western world back to an earlier, darker era. And if the conflict drags on, the Houthis may yet enter the picture, closing the Red Sea to shipping as well.

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