![]() |
L'Iran poursuivra ses attaques "aussi longtemps que nécessaire"
10e jour du conflit au Moyen-Orient, l’école de Minab détruite par un missile américain, rejet de la confusion des peines de Nicolas Sarkozy, la mauvaise gestion des espèces dites nuisibles.
| |||||||||||||||
L’Iran poursuivra ses attaques “aussi longtemps que nécessaire”
L'Iran a affirmé être prêt à se battre “aussi longtemps que nécessaire” contre les Etats-Unis et Israël. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a ajouté que des négociations avec Washington “ne sont plus à l'ordre du jour”.
Quelques heures plus tôt, le président américain Donald Trump avait assuré que la guerre contre l'Iran allait “se terminer bientôt”, sans évoquer d'échéance précise. Il a également dit que le conflit était “bien en avance” sur le calendrier de quatre à cinq semaines qu'il avait évoqué auparavant.
En réaction, les prix du pétrole, en forte hausse depuis le début de la guerre, ont chuté de 10%. Le président américain a cependant menacé de frapper l'Iran “beaucoup plus fort” si les autorités en place à Téhéran décidaient de bloquer l'acheminement de pétrole dans la région. “Je ne laisserai pas un régime terroriste tenir le monde en otage et tenter de stopper l’offre mondiale de pétrole”, a-t-il ajouté.
Le bilan du dixième jour de conflit au Moyen-Orient
Le président américain a déclaré à une journaliste de la chaîne CBS que la guerre était “quasiment” finie. Le chef de l’Etat américain a fait valoir que Téhéran n’avait plus de “marine” ni de “communications” ou de “force aérienne”. Les cours du pétrole, qui ont flambé depuis le début de la guerre, ont reculé à la suite de cette déclaration.
“Cela va se terminer bientôt, et si cela recommence, ils seront encore plus durement touchés”, a-t-il réaffirmé lors d’une conférence de presse. Le président a aussi déclaré que “plus de 5 000 cibles ont été atteintes” en dix jours de guerre. Donald Trump a aussi menacé de frapper l’Iran “beaucoup plus fort” si les autorités du pays décidaient de bloquer l’acheminement de pétrole dans la région.
Après les déclarations de Donald Trump, Israël a revendiqué de nouvelles frappes en Iran. “Pour la deuxième fois aujourd’hui, l’armée a commencé une vague de frappes de grande ampleur à Téhéran”, a annoncé l’armée israélienne dans un très court communiqué, précisant cibler “des cibles terroristes”.
Plus tôt dans la journée, elle avait déclaré avoir mené une vague de frappes contre six bases aériennes en Iran, qui servaient, selon elle, à “armer et financer” des alliés de Téhéran, dont le Hezbollah libanais ou les rebelles houthis au Yémen.
Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.
Dans le même temps, l’Iran poursuit ses bombardements du territoire israélien. Téhéran a aussi continué d’envoyer drones et missiles sur les infrastructures pétrolières de ses voisins du Golfe. Plusieurs fortes explosions et des sirènes ont notamment retenti en plusieurs points de la capitale du Qatar. Le ministère de l’Intérieur du Bahreïn a annoncé qu’une attaque iranienne sur une zone résidentielle, dans la capitale Manama, avait fait un mort et plusieurs blessés.
Au lendemain de la nomination de Mojtaba Khamenei comme guide suprême iranien, pour succéder à son père Ali Khamenei, Israël l’a qualifié de “tyran qui va perpétuer la brutalité du régime”. Donald Trump a lui aussi exprimé son mécontentement. “Ils ont fait une grande erreur”, a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique avec la chaîne NBC.
De son côté, le Hezbollah a prêté allégeance au nouveau guide suprême iranien et lui a adressé “ses félicitations”. Le président russe Vladimir Poutine, allié de Téhéran, a assuré Mojtaba Khamenei de son “soutien indéfectible”. Le sultan d’Oman et le Premier ministre ont eux aussi salué la nomination du nouveau leader.
L’aviation israélienne a mené dans la banlieue sud de Beyrouth de violentes frappes sur la société financière du Hezbollah, Al-Qard Al-Hassan. Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 486 morts et 1 313 blessés depuis leur déclenchement il y a une semaine. De son côté, le Hezbollah a déclaré avoir lancé des “missiles sophistiqués” sur une base du Commandement du front intérieur de l’armée israélienne à Ramla, près de Tel-Aviv.
Emmanuel Macron a affirmé que la France avait poursuivi des interceptions ces derniers jours pour protéger ses partenaires affectés par la guerre au Moyen-Orient. Le Charles-de-Gaulle est au cœur d’un important dispositif naval français appelé aussi à mobiliser huit frégates et deux portes-hélicoptères amphibies dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d’Ormuz dans le Golfe.
Les ministres des Finances du G7 ont discuté d'une possible utilisation des réserves stratégiques de pétrole pour tenter d'atténuer la flambée des prix du brut. Mais “on n'y est pas encore”, a déclaré le ministre des Finances français, Roland Lescure. Ces réserves sont constituées sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie qui impose à sa trentaine de pays membres de détenir en permanence des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d'importations nettes d'or noir.
En France, le gazole a dépassé la barre des 2 euros le litre. Ce carburant, le plus consommé dans le pays, a pris 28 centimes au litre en France hexagonale, soit un bond de 16%. Le litre d'essence SP95-E10 a de son côté pris 11 centimes depuis le 27 février, et est en moyenne affiché à 1,833 euro le litre.
L’école de Minab détruite par un missile américain
Une vidéo publiée par le média d’État iranien Mehr News, authentifiée par le média d’investigation Bellingcat puis par l’Agence de vérification de Radio France, a permis d’identifier un missile américain qui est tombé à proximité d’une école détruite dans le sud de l’Iran, à Minab, samedi 28 février. L’origine de la frappe qui a touché l’établissement scolaire n’a pas encore été déterminée et les États-Unis, Israël et l’Iran s’accusent mutuellement. Selon les autorités iraniennes, la frappe sur l’école a tué plus de 168 personnes, en majorité des enfants.
Cette vidéo de trois secondes montre un missile tomber à la verticale, provoquant une détonation et un épais nuage noir. Une analyse des caractéristiques du missile permet de conclure qu'il s'agit d'un missile de croisière Tomahawk, car il est d'une grande taille, a des ailes montées au milieu du missile, de chaque côté, et a plusieurs ailerons à l'arrière.
Il s'agit d'un missile de croisière fabriqué par les États-Unis et principalement utilisé par ce pays. Il est lancé depuis des navires de guerre, des sous-marins ou des semi-remorques, en sachant que plusieurs navires de guerre américains sont présents dans la région. D'autres images permettent d'affirmer que des missiles Tomahawk ont été utilisés dès le premier jour de la guerre au Moyen-Orient.
La géolocalisation de la vidéo permet de constater qu'elle montre des bâtiments affiliés au corps de la Marine des Gardiens de la Révolution islamique, accolés à l'école qui a été détruite. Les images satellites montrent que des frappes de précision ont eu lieu et ont touché au moins six bâtiments à proximité immédiate de l'établissement scolaire.
Une carte publiée la semaine dernière par le département américain de la Défense confirme que les États-Unis et Israël ont mené des frappes dans la région de Minab dans les premières heures de l’attaque.
Lors d’un échange avec la presse, le président américain Donald Trump a de nouveau estimé que l’armée iranienne était responsable de la destruction de cette école, accusant son “manque de précision”. Des sénateurs démocrates ont réclamé une enquête “impartiale” du Pentagone.
La justice rejette la confusion des peines de Nicolas Sarkozy
Le tribunal correctionnel de Paris a refusé la demande de Nicolas Sarkozy de confusion de ses peines dans les affaires Bismuth et Bygmalion. Le tribunal estime que Nicolas Sarkozy doit exécuter la partie ferme de sa condamnation dans l’affaire Bygmalion, soit six mois de prison aménageables, une peine qui peut notamment être exécutée sous bracelet électronique. Cette décision est susceptible d’appel.
L’avocat de l’ancien chef d’Etat, Vincent Desry, avait souligné que cette demande était une “procédure extrêmement classique dans cette situation”. La confusion de peines est prévue par l’article 132-4 du Code pénal. Cependant, elle n’est accordée que lorsque plusieurs infractions ont été jugées dans des procédures séparées, mais commises avant qu’une condamnation définitive n’intervienne, et lorsque les peines sont de même nature.
Dans l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a été condamné en février 2024 par la cour d’appel de Paris à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, pour le financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012. Cette condamnation est devenue définitive le 26 novembre 2025 avec le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation.
Sa peine en appel, dont la cour avait ordonné l’aménagement pour la partie ferme, était légèrement inférieure à celle d’un an de prison ferme prononcée en première instance. Cette affaire constitue la deuxième mention au casier judiciaire de l’ancien président, après sa condamnation dans le dossier Bismuth. Dans cette affaire de corruption et de trafic d’influence, Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique. Cette condamnation est devenue définitive en décembre 2024. Il avait porté un bracelet électronique du 7 février au 12 mai 2025. Alors âgé de 70 ans, il avait obtenu une libération conditionnelle avant la moitié de sa peine.
Nicolas Sarkozy doit par ailleurs comparaître à nouveau devant la justice à partir du 16 mars, avec l’ouverture du procès en appel dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne de 2007. L’ancien président a été condamné en première instance à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs et a effectué environ trois semaines de détention.
Réduire la population des nuisibles coûte plus cher que les dégâts causés
Éliminer massivement les espèces jugées “nuisibles” en France revient plus cher que les dommages qu'elles causent réellement, révèlent les chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle dans une étude parue dans la revue scientifique Biological Conservation. Les scientifiques commencent par rappeler qu'aujourd'hui, on tue chaque année en France 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés, dits “nuisibles”, pour tenter de réduire les pertes économiques. Mais jusque-là personne n'avait essayé d'évaluer les coûts d'une telle politique publique.
Après avoir étudié les données de déclarations de dégâts et d’animaux tués sur sept années, il en ressort d’après les chercheurs que le coût économique de l’élimination des “nuisibles est huit fois plus élevé que les déclarations de dégâts imputés à ces espèces”. Dans le détail, les destructions animales coûtent entre “103 et 123 millions d’euros par an, tandis que le coût annuel des dégâts déclarés varie de 8 à 23 millions d’euros”, expliquent les chercheurs.
L’étude met également en évidence que la destruction de ces “nuisibles” ne permet pas une régulation des populations animales. Chez les oiseaux par exemple, “les effectifs reproducteurs au printemps ne dépendent pas de l’effort de destruction : les régulations ne diminuent pas la taille des populations nicheuses”, précisent les chercheurs dans leur étude.
C’est pourquoi, selon les chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle, il faudrait tout simplement revoir la politique publique de gestion des dégâts, “comme le préconisait déjà un rapport de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable, publié en décembre 2024”.
Macron sur le CDG, Moyen-Orient et prix de l’essence
Vous êtes actuellement un abonné gratuit à Le Monde Moderne. Pour profiter pleinement de l'expérience, améliorez votre abonnement.
© 2026 Le Monde Moderne
112 avenue de Paris, CS 60002, 94306 Vincennes Cedex


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire