C'est la mère des révolutions latino-américaines. Le dernier État officiellement communiste de l'Occident. La chute de Nicolás Maduro et l'arrêt des livraisons de pétrole par le Venezuela ont achevé de précipiter l'île dans le gouffre économique et social. Mais l'embargo renforcé par Donald Trump cache un système qui a étranglé sa propre population. Ingénieux et résilients, les Cubains n'ont d'autre envie que de s'affranchir de leur prison à ciel ouvert. Washington promet un changement historique tandis que le régime compte bien trouver une porte de sortie... « Ce n'est plus qu'une question de temps, Cuba va bientôt tomber », a annoncé Donald Trump ce vendredi 6 mars. Le président américain a renchéri samedi en affirmant que le régime vivait « ses derniers moments ». Trump a chargé son secrétaire d'État, le Cubain-américain Marco Rubio, de mener les négociations avec l'État cubain, plus que jamais en position de faiblesse. L'île, frappée par une pénurie massive de carburant se porte de pire en pire. Entre mercredi et samedi dernier, pendant près de 72 h, l'électricité, qui fonctionne presque exclusivement grâce à des centrales thermiques, est restée coupée sur l'ensemble du territoire. Depuis janvier, les coupures sont constantes, durant parfois jusqu'à 20 h/24. Les files devant les pompes d'essence sont devenues interminables. Les rares touristes restants et les Cubains-américains ayant pu louer une voiture sont cantonnés à 20 litres par jour, quand il en reste. Ceux-ci n'ont d'autre choix que de se soumettre à des heures de queue pour acheter, à plus de 26 dollars, un ticket permettant de faire de l'essence. Une mesure qui, tout comme les supermarchés réservés aux billets verts, doit permettre au gouvernement de s'approvisionner tandis que le peuple peine à trouver de quoi manger. Les salaires sur place sont misérables. Un professeur en ville gagne une vingtaine de dollars par mois, à peine moins qu'un médecin. Il y a quelques jours, Cuba a été classé comme le pays le plus pauvre d'Amérique, avec 10 dollars mensuels per capita (statistique éloquente, même si elle prend seulement en compte les salaires officiels et non le marché noir ni les bénéfices privés). Les villages sont les premiers sacrifiés. Privés de moyens de transport, de nombreux habitants ne peuvent plus aller travailler. En ville, les calèches, vélos et scooters électriques se sont multipliés. Les rues ne sont plus éclairées la nuit. Les autoroutes sont pratiquement désertes. Les universités ont f… Stanislas Gabaret |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire