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Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême iranien
517 000 déplacés au Liban, bilan du 9e jour de guerre au Moyen-Orient, l'enjeu des municipales pour le RN, contrôles dans les stations-service contre la hausse abusive des prix.
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Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême iranien
L’Assemblée des experts a choisi le nouveau guide suprême iranien pour succéder à Ali Khamenei, tué le 28 février par des frappes israélo-américaines. Il s’agit de Mojtaba Khamenei, fils du défunt ayatollah, dont le nom circulait comme son possible successeur. “Le vote pour nommer le guide a eu lieu et le guide a été choisi”, avait précédemment déclaré Ahmad Alamolhoda, membre de l’instance cléricale iranienne compétente, sans toutefois donner de nom dans un premier temps.
Au cœur du pouvoir iranien, le guide suprême - qui a le dernier mot sur toutes les affaires de l’Etat - est la plus haute autorité politique et religieuse de la République islamique. Avant cette annonce, le président américain Donald Trump avait prévenu que le nouveau guide suprême iranien désigné “ne tiendrait pas longtemps” sans son aval. Israël avait de son côté annoncé qu’il serait “une cible”.
Né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad, Mojtaba Khamenei est l’un des six enfants de l’ex-guide suprême et était le seul à avoir une position publique à défaut de fonction officielle. En raison de sa discrétion, sa véritable influence a donné lieu à d’intenses spéculations durant des années au sein de la population iranienne comme dans les sphères diplomatiques.
Portant une barbe poivre et sel et le turban noir des “seyyed”, les descendants du prophète Mahomet, il a été présenté par certains comme le véritable patron, agissant dans les coulisses du bureau de son père, au coeur du pouvoir en Iran. Il est considéré comme proche des conservateurs, en raison notamment de ses liens avec les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique. Cette relation date de son engagement dans une unité combattante à la fin de la longue guerre entre l’Irak et l’Iran (1980-1988).
Plus d’un demi-million de personnes ont été déplacées au Liban
Soumis à d’intenses bombardements en riposte à des attaques du Hezbollah pro-iranien, le Liban compte plus d’un demi-million de déplacés par la guerre. Au total, 517 000 déplacés ont été recensés, dont plus de 117 000 hébergés dans des centres d’accueil, a déclaré la ministre des Affaires sociales, Haneen Sayed.
Les frappes israéliennes continues sur le pays ont par ailleurs tué, en une semaine, 394 personnes, dont 83 enfants et 42 femmes, a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Rakan Nassereddine. Selon le ministre, 1 130 personnes ont en outre été blessées dans les frappes qui visent la capitale et sa banlieue, le sud et l’est du Liban. “Ce sont des civils qui sont visés, pas des militaires et des installations militaires”, comme l’affirme Israël, a dit le ministre.
Le ministère de la Santé libanais a fait état d’une frappe ayant visé pour la première fois le cœur de Beyrouth et faisant quatre morts et dix blessés dans un hôtel d’une zone touristique où ont afflué des déplacés des zones visées. L’armée israélienne a de son côté affirmé que cette frappe avait tué cinq membres des Gardiens de la Révolution iranienne, dont trois commandants de la force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution.
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Bilan du neuvième jour de guerre au Moyen-Orient
La première attaque contre des infrastructures énergétiques iraniennes depuis le début de la guerre a eu lieu. Quatre dépôts et un site logistique pétroliers ont été frappés par les Etats-Unis et Israël à Téhéran et ses environs. Les habitants de la capitale se sont ainsi réveillés avec l’impression d’être encore en pleine nuit, une épaisse fumée noire plongeant la ville dans l’obscurité.
En réaction, l’armée iranienne a menacé de cibler des sites pétroliers de la région si Israël continuait de frapper les infrastructures énergétiques de la République islamique. “Et si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez ce jeu”, a affirmé le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution.
Les Etats-Unis ont de leur côté déclaré qu’ils ne prévoyaient pas de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, a déclaré le ministre de l’Energie, Chris Wright. Interrogé sur la chaîne CNN, le responsable américain a également affirmé que le conflit et les perturbations qu’il occasionne pour les flux pétroliers et gaziers ne dureraient, “au pire, que quelques semaines, pas des mois”.
Le Liban continue d’être pris pour cible par Israël. Une frappe a visé le camp de Aïn el-Heloué, le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban, dans le sud du pays.
L'armée israélienne a affirmé avoir frappé à Téhéran le QG de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution, force d'élite de la République islamique. Ce QG “comprenait le bâtiment de contrôle et d'exploitation du satellite Khayyam, lancé en août 2022 et utilisé par les Gardiens de la Révolution pour promouvoir leurs opérations et surveiller l'Etat d'Israël ainsi que les pays de la région”, selon l'armée israélienne.
En riposte, l’Iran continue de tirer missiles et drones vers des infrastructures dans le Golfe. Le Koweït a fait état de frappes sur des réservoirs de carburant de son aéroport, Bahreïn de dommages sur une station de dessalement. En Arabie saoudite, c’est le quartier diplomatique de Ryad qui a été visé par une attaque de drone, déjouée selon le gouvernement. Une autre frappe a visé le gisement de pétrole de Shaybah, tandis qu’un projectile tombé sur une zone résidentielle au sud de Ryad a fait deux morts. Des explosions ont également été entendues à Abou Dhabi, ainsi qu’en Israël où les secours ont fait état de six blessés.
Dans une rare intervention publique, le roi du Bahreïn Hamad ben Issa al-Khalifa s’est dit “profondément attristé” par ces “attaques sans précédent” qui “ne sauraient être justifiées par aucun prétexte de la part de l’Iran”. Le chef de la Ligue arabe a, lui, qualifié d’“irresponsables” les attaques de l’Iran sur ses voisins.
Côté israélien, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir tiré des missiles “nouvelle génération” en direction de Tel-Aviv et Beersheva dans le sud d’Israël, ainsi que vers la base aérienne de Al-Azraq, en Jordanie. L’armée israélienne a déclaré que les systèmes de défense antiaérienne avaient été activés.
Le Rassemblement national espère faire des municipales une rampe de lancement avant la présidentielle
À un an de la présidentielle, le scrutin municipal doit installer un élan pour le futur candidat du Rassemblement national, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Des marches des mairies conquises, il s'agit d'apercevoir à l'horizon le perron de l'Élysée.
Le RN a toujours nationalisé les élections municipales. Pourtant, les résultats de 2020 ont été décevants pour le parti, renforçant l’idée que ces élections ne sont pas les plus favorables au parti d’extrême droite, contrairement aux européennes et à la présidentielle.
Le parti de Marine Le Pen revendique la présentation de 601 listes avec l'étiquette RN pour ces élections municipales. Un chiffre comparable à celui du scrutin de 2014 mais supérieur à celui de 2020. Jordan Bardella, le président du RN, a fixé un objectif de plusieurs dizaines de communes à conquérir.
C'est à Marseille que Marine Le Pen a lancé la campagne des municipales. Le RN rêve d'ajouter la deuxième ville de France à ses victoires mais le parti de Jordan Bardella lorgne un autre port de la Méditerranée : Toulon. Il y a trente ans, la ville était déjà tombée aux mains du Front national. Une aventure au goût d'inachevé puisque la ville repassait à droite en 2001.
À Paris, Thierry Mariani a du mal à exister face à la concurrence de la candidate zemmouriste Sarah Knafo.
Pas moins de 35 députés du groupe RN seront candidats à ces élections municipales, cela correspond à 29% des élus RN au Palais Bourbon. Plus pragmatiquement, le RN souhaite atteindre les 10% dans les villes où il présente des listes afin d’y obtenir des conseillers municipaux.
La majeure partie des scrutins concernent des petites communes où les listes qui se présentent n’ont pas d’étiquettes politiques. Cela n’empêche pas le RN de vouloir aussi exister dans ces zones rurales. Il a établi ainsi une charte d’engagement pour les élus qui le souhaitent.
En échange, l’élu soutenu doit s’engager à ne pas augmenter la fiscalité locale, à faire de la lutte contre l’insécurité sa priorité ou encore à protester contre l’arrivée de personnes immigrées dans sa commune dans le cadre du pacte asile et immigration voté par l’Union européenne.
Les derniers points de cette charte sont plus politiques. Le candidat doit s’engager à apporter son parrainage pour la présidentielle au candidat du RN. Et pour les élections sénatoriales, il doit s’engager à soutenir et appeler à voter pour la liste soutenue par le Rassemblement national. Ce sont en effet les conseillers municipaux qui votent à l’occasion de ce scrutin au suffrage universel indirect.
C'est le dernier enjeu pour le RN lors de ce scrutin municipal : pouvoir créer un groupe au Sénat, où le parti d'extrême droite ne compte que trois sénateurs. Or, il faut être au moins 10 pour constituer un groupe, ce qui donne notamment plus de moyens financiers et de temps de parole. Des élections sénatoriales auront lieu en septembre prochain dans la moitié des départements.
Contrôles dans les stations-service contre les hausses abusives
“La guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe.” Le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce qu’“un plan exceptionnel de 500 contrôles” va être réalisé dans les stations-service contre les hausses abusives de prix à la pompe. Sur X, il dénonce des “pratiques abusives”. “C’est l’équivalent d’un semestre complet du plan de contrôle habituel qui sera réalisé sur seulement trois jours”, entre lundi et mercredi, par la répression des fraudes, précise-t-il.
Selon les chiffres du gouvernement, le SP95-E10, l’essence la plus consommée par les Français, se vendait vendredi en moyenne 10 centimes plus cher qu’il y a une semaine, avant le début de la guerre au Moyen-Orient. L’augmentation du gazole est encore plus marquée : il se vendait vendredi à 1,98 euro le litre en moyenne, contre environ 1,72 euro le 27 février, soit une hausse de 26 centimes (+15%). “J’ai vécu quelques crises, mais je n’ai jamais vu une augmentation aussi forte en si peu de temps”, avait réagi Frédéric Plan, conseiller national de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage.
L’émission du jour avec Ananda Guillet de Kokopeli
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