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dimanche 8 mars 2026

La Cimade - Que reste-t-il des droits des femmes migrantes ?

 

La Cimade
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Chère amie, Cher ami,

Ce 8 mars, c’est la Journée mondiale des droits des femmes. À cette occasion, nous posons la question suivante : jusqu’où tolérerons-nous la violation des droits des femmes étrangères ?

Nous sommes inquiet·e·s, et d’autant plus à la veille du premier tour des élections municipales, car les communes ont le pouvoir et la responsabilité de garantir une vie digne pour toutes et tous, notamment à travers l’accès aux services publics locaux, l’hébergement d’urgence, la scolarisation des enfants, l’action sociale, la prévention des violences, la vie associative. Les choix municipaux qui vont être faits auront des conséquences directes sur la vie des femmes migrantes. Face à la dangereuse progression des extrêmes droites, c’est un cri d’alarme que nous lançons aujourd’hui : les droits des femmes sont universels. Ils ne dépendent ni de la nationalité, ni du statut administratif, ni de l’origine.

LE MAINTIEN DANS L'ILLÉGALITÉ ET LA PRÉCARITÉ :  
la première des injustices

En rendant quasi impossible toute régularisation, l’État a méthodiquement écrasé les dernières protections dont bénéficiaient les femmes étrangères et tout espoir de pouvoir vivre dignement et en sécurité.

SANS PAPIERS,

Impossible d’accéder à un emploi déclaré, rémunérateur et sûr

Impossible de trouver un logement ou d’acquérir une réelle indépendance financière

Impossible de sortir sereinement, de prendre part à la vie collective, de participer à la vie quotidienne, sociale et citoyenne de la ville.

L'ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES NE PEUT ÊTRE À GÉOMÉTRIE VARIABLE

Cette égalité ne peut s’arrêter aux frontières ni se conditionner à un statut. Les principes fondamentaux de dignité, de sécurité et d’accès à la justice, à la santé, au travail et à l’autonomie doivent être garantis à toutes. À La Cimade, en ce 8 mars, nous affirmons avec force que les droits des femmes étrangères sont des droits humains. Les ignorer ou les restreindre revient à affaiblir l’ensemble du combat pour l’égalité.

 

Un exemple ?

Avec la dématérialisation des procédures administratives, les femmes victimes de violences conjugales qui demandent un titre de séjour ou son renouvellement ne peuvent plus modifier les adresses postales et mails initiales, qui sont souvent celles du conjoint violent.

Elles sont de plus en plus nombreuses à se retrouver totalement sous l’emprise de leur conjoint, comme Kafoui, maintenue de force en situation irrégulière :

" Il m'a empêché de renouveler mon titre de séjour. Il a confisqué le livret de famille. J'ai pas droit à notre avis d'imposition. J'ai droit à rien. Je n'ai aucun document pour renouveler mon séjour."

 

Extrait de l’épisode 3 du podcast de La Cimade 
« Toute cette bravoure qui était en moi »

Certaines se sont même vu remettre une obligation de
quitter le territoire et ont été enfermées en centre de rétention administrative après avoir porté plainte contre leur agresseur !

En France, lorsqu'on est femme et sans papiers, les droits fondamentaux sont fragilisés et constamment remis en cause.

Dans certains territoires, en France, nous observons des barrières administratives supplémentaires qui entravent le quotidien des personnes en situation de précarité administrative. Par exemple, la conditionnalité de l’accès à des services publics comme les médiathèques à la présentation d’un document justifiant de sa situation administrative ou encore l’impossibilité de souscrire à une assurance privée en l’absence de titre de séjour valide.

Ces discriminations systémiques touchent particulièrement les femmes étrangères, qui se trouvent ainsi confrontées à des difficultés supplémentaires dans l’accès à des droits fondamentaux et à des services essentiels.

À une semaine des élections municipales 2026, nous appelons encore et toujours à un véritable sursaut collectif pour protéger les fondements mêmes du vivre-ensemble.

Grâce à votre soutien, nous intensifierons nos actions partout en France :

Dans nos permanences dédiées, nous continuerons d’accueillir et de soutenir les femmes victimes de violence dans leurs différentes démarches administratives et juridiques.

Nous continuerons de témoigner des réalités vécues par les femmes migrantes, de leurs combats, pour mettre un terme aux représentations erronées qui subsistent encore.

Nous mènerons avec détermination notre travail de plaidoyer pour exiger des politiques véritablement humaines et inclusives et défendre la régularisation large et durable de toutes les personnes sans papiers et particulièrement les femmes étrangères.

Nous aide à accompagner les femmes migrantes dans leurs démarches d'accès aux droits.

À l’occasion de cette Journée mondiale des droits des femmes, mobilisons-nous aux côtés des femmes migrantes et refusons ce climat de haine qui brise de plus en plus de vies.

Par avance, un grand merci.

Les équipes de La Cimade

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