![]() |
Un soldat français est mort au Kurdistan irakien
Les Etats-Unis autorisent la vente de pétrole russe, bilan du 13e jour de conflit au Moyen-Orient, corridors terrestres pour contourner le blocage du détroit d'Ormuz, le Livret A finance le nucléaire.
| |||||||||||||||
Un soldat français est mort au Kurdistan irakien
Un militaire français est mort “lors d’une attaque” dans la région d’Erbil au Kurdistan irakien, a déclaré dans la nuit Emmanuel Macron. “L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak”, a-t-il écrit, confirmant que plusieurs militaires français avaient été blessés.
Il est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février et qui s’est propagée dans plusieurs pays de la région.
“Cette attaque contre nos forces engagées dans la lutte contre Daech depuis 2015 est inacceptable”, a écrit le président français, en référence à l’organisation Etat islamique, précisant que “leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme”.
En parallèle, le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a annoncé sur Telegram prendre pour cible “tous les intérêts français en Irak et dans la région” après le déploiement du porte-avion français Charles de Gaulle dans le Golfe. Le groupe a exhorté les habitants à rester à au moins 500 mètres d’une base au Kurdistan irakien où se trouvent des militaires français, sans revendiquer directement d’attaque.
Dans le cadre d’une coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington, des militaires de plusieurs pays, dont l’Italie et la France, entraînent au Kurdistan irakien des membres des forces de sécurité kurdes. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la région autonome du Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes et pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.
Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.
Les Etats-Unis autorisent temporairement la vente de pétrole russe
Washington a annoncé l’autorisation temporaire de la vente de pétrole russe stocké sur des navires, un assouplissement salué par l’émissaire du Kremlin. Le ministère américain a délivré une licence autorisant la vente, jusqu’au 11 avril, de pétrole brut et de produits pétroliers russes chargés à bord de navires avant le 12 mars.
Le ministre des Finances, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette nouvelle autorisation visait à “accroître la portée mondiale de l’offre existante”. Mais il s’agit d’une “mesure à court terme”, a-t-il insisté. Scott Bessent a ajouté que cette annonce n’apporterait pas “de bénéfices financiers significatifs au gouvernement russe, qui tire la majorité des taxes prélevées au moment de l’extraction” du pétrole.
L’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, a déclaré que le marché mondial de l’énergie “ne peut rester stable” sans le pétrole russe, accentuant la pression sur les Etats-Unis pour la levée de davantage de sanctions, alors que les prix explosent depuis le début de la guerre en Iran. “Les Etats-Unis reconnaissent en fait l’évidence : sans le pétrole russe, le marché mondial de l’énergie ne peut pas rester stable”, a écrit Kirill Dmitriev sur Telegram.
La semaine dernière, l’administration américaine a autorisé, pour un mois, la livraison de pétrole russe bloqué en mer vers l’Inde. Le ministre avait précédemment dit que l’administration Trump envisageait de lever des sanctions sur une plus grande partie du pétrole russe.
Bilan du treizième jour du conflit au Moyen-Orient
Le Premier ministre israélien a donné sa première conférence de presse depuis le début du conflit. Benyamin Nétanyahou a déclaré qu’Israël était “en train d’écraser l’Iran et le Hezbollah”. “Nous vivons des jours historiques pour l’Etat d’Israël”, a assuré le chef du gouvernement. Cette guerre vise à “empêcher les Iraniens de conserver leur capacité de fabriquer l’arme nucléaire et à détruire leurs capacités de tirer des missiles balistiques”, tout en leur donnant les moyens de “faire tomber le régime”, a poursuivi le chef du gouvernement israélien.
L’armée israélienne a annoncé avoir effectué “une série de frappes de grande ampleur contre les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran”. Elle avait auparavant déclaré avoir bombardé dans la capitale iranienne des postes de contrôle de la milice paramilitaire iranienne des Bassidj, affiliée aux Gardiens de la Révolution. Plus tôt dans la journée, Tsahal a déclaré avoir bombardé “le complexe Taleghan”, utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires.
En parallèle, Israël a poursuivi ses frappes sur le Liban. L’armée a rapporté avoir “déclenché une vague de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à travers Beyrouth”. L’armée israélienne a aussi dit avoir visé des postes de commandement du mouvement pro-iranien, dans plusieurs séries de frappes sur Beyrouth et le sud du Liban.
À Beyrouth, des frappes israéliennes ont fait 12 morts et 28 blessés à l’aube sur le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah. Dans le sud du Liban, neuf personnes dont cinq enfants ont été tuées dans le village d’Irkey, dans une frappe israélienne sur des habitations où vivaient deux familles. Les autorités libanaises font état de plus de 600 morts et plus de 800 000 personnes déplacées dans le pays, depuis le début du conflit entre Israël et le Liban.
Le mouvement libanais pro-iranien a pour sa part revendiqué des missiles sur les systèmes de défense antiaérienne dans la région de Césarée, dans le centre d’Israël, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a une résidence.
Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême iranien, s’est exprimé dans un message écrit. “Le souhait des masses populaires est la poursuite d’une défense efficace et dissuasive. Il faut aussi continuer à utiliser le levier du blocage du détroit d’Ormuz”, a-t-il déclaré. Il a également promis de “venger” les victimes du conflit. Le nouveau dirigeant, lui-même blessé dans une frappe et dont l’état de santé reste un mystère, n’est toujours pas apparu en public.
L’armée iranienne a menacé d’“incendier” et de “détruire” des installations pétrolières et gazières au Moyen-Orient, en cas d’attaque contre les infrastructures énergétiques et les ports de la République islamique.
Les prix du pétrole poursuivent leur course, malgré la décision de l’Agence internationale de l’énergie de recourir à ses réserves stratégiques. TotalEnergies a annoncé suspendre l’équivalent de 15% de sa production mondiale de pétrole et de gaz dans plusieurs Etats du Golfe. Le géant français ajoute qu’“un prix du pétrole plus élevé” permettra de compenser “largement” sa “perte de production au Moyen-Orient”.
Les Etats-Unis ont frappé environ 6 000 cibles depuis le début de la guerre contre l’Iran le 28 février. Parmi ces cibles figurent plus de 90 navires iraniens, dont une trentaine de poseurs de mines. L’Iran ne pose pas de mines dans le détroit d’Ormuz, a assuré le ministre des Affaires étrangères iranien. “Ce n’est pas vrai”, a insisté Majid Takht-Ravanchi.
Blocage du détroit d’Ormuz : les corridors terrestres de la CMA CGM
L’armateur CMA CGM assure avoir mis en place des “corridors terrestres” pour “assurer le transit des biens de première nécessité”, malgré le blocage du détroit d’Ormuz. L’entreprise, leader en Europe du transport maritime en conteneur, s’exprime pour la première fois à la radio sur la situation de ses navires, treize jours après le début du conflit. Quatorze de ses bateaux sont actuellement bloqués dans la région. Trois cents marins et membres d’équipage sont embarqués dans ces bateaux.
Ces “corridors terrestres” circulent, soit par “Oman et le sud des Emirats arabe unis, au sud du détroit”, soit par “l'entrée par la mer Rouge et par l'Arabie saoudite”, assure Christine Cabau, la vice-présidente chargée des opérations et des actifs du groupe. “En termes de capacité, ce n'est pas la même chose qu'avec des navires qui passent par le détroit d'Ormuz”, mais cela “peut assurer le transit des biens de première nécessité et notamment de la nourriture, de l'eau et de tout ce qui sera essentiel pour les habitants de cette zone”, explique-t-elle.
“Nos navires sont bloqués, mais on peut assurer la relève de nos marins et la rotation de nos équipages, comme les moyens de transports continuent de fonctionner”, avance également Christine Cabau qui explique que les cadets ont été les premiers évacués. L’entreprise assure pouvoir mettre en place des mesures de soutiens psychologique pour les marins qui le souhaiteraient.
CMA CGM se dit particulièrement inquiète des “débris de drones ou de missiles qui peuvent tomber” et assure avoir mis en place des consignes de sécurité. La vigilance est maximale, assure l’entreprise, en lien permanent avec les services de l’Etat.
Le Livret A financera le programme nucléaire EPR 2
Le Livret A financera à hauteur de 60% le programme nucléaire EPR 2, a annoncé l’Elysée à l’issue d’un conseil de politique nucléaire, tenu en présence d’Emmanuel Macron sur le chantier de la future centrale de Penly, en Seine-Maritime, qui doit accueillir deux futurs réacteurs de nouvelle génération. “Le prêt bonifié de l’Etat accordé au programme EPR2 pour 60% du montant total du programme sera financé par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts”.
Le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts centralise et gère 59,5% de l’épargne réglementée des Français déposée sur les Livrets A, les Livrets de développement durable et solidaire et les Livrets d’épargne populaire. L’enveloppe est d’environ 400 milliards d’euros. Une moitié est dédiée à des prêts de long terme au logement social et à destination de la politique de la ville. L’autre moitié est investie dans des titres de dette et dans des actions de sociétés cotées.
Le conseil a également confirmé l’objectif d’assurer la décision finale d’investissement, qui sera prise par EDF, “avant la fin de l’année 2026, pour une première mise en service d’ici 2038”. Il demande à l’Etat et à EDF “de prendre toutes les mesures nécessaires pour finaliser les discussions en cours avec la Commission Européenne dans un calendrier cohérent avec cet objectif”. “On n’arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité et de la souveraineté sans le nucléaire”, a déclaré le président de la République.
Le programme EPR2 vise à construire 6 nouveaux réacteurs de forte puissance, à Penly, Gravelines (Nord) et Bugey (Ain). Le conseil indique par ailleurs avoir pris acte des conclusions de l’audit du programme de construction des 6 EPR2 par lequel EDF s’est engagé à tenir la cible de coûts de construction à hauteur de 72,8 milliards d’euros au cours de 2020 et du calendrier du programme.
Vous êtes actuellement un abonné gratuit à Le Monde Moderne. Pour profiter pleinement de l'expérience, améliorez votre abonnement.
© 2026 Le Monde Moderne
112 avenue de Paris, CS 60002, 94306 Vincennes Cedex


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire