Vendredi 9 janvier – #91 : Mauvaises résolutions
BONJOUR ET BONNE ANNEE ! C’est décidé, cette année, je délègue, je lève le pied, je décroche de LinkedIn, je dis non. Bon, je plaisante. A mon âge, j’ai arrêté les bonnes résolutions. Elles sont inutiles. Pire, elles fatiguent. Alors le Dry January, je l’applique aussi à ce folklore du début d’année.
Automatismes. Y renoncer, c’est d’abord prendre acte d’une réalité psychique. Les résolutions générales, déclaratives, ne modifient pas les comportements. Le cerveau déteste l’abstraction. Dire « je vais mieux gérer mon temps » n’a aucun effet mesurable sur la manière dont on traite ses mails à 6 heures du matin ! Et puis la volonté est une ressource limitée. Les travaux sur l’auto‑régulation montrent que plus votre journée avance, plus vous cédez à vos automatismes. Enfin, les habitudes finissent toujours par gagner.
Chartes. Dans l’entreprise, les « bonnes résolutions » prennent une autre forme : plans stratégiques, chartes managériales, engagements RSE. Là encore, les livres de management convergent : on promet que tout va changer sans que rien ne change. Interdiction des mails tardifs, fin de la réunionnite, simplification du millefeuille hiérarchique… Les chercheurs sont tous d’accord : un changement ne prend que lorsqu’il touche les mécanismes concrets – processus, règles, rituels – et non les proclamations. Et gare au placebo managérial : il apaise la mauvaise conscience, mais ne guérit rien.
Troisième acte. Les cadres de GenXO n’ont pas besoin de résolutions, mais de décisions, discrètes mais irréversibles. La littérature sur les troisièmes actes de carrière en témoigne : les pivots réussis ne sont pas nés d’un serment du 1er janvier, mais d’arbitrages clairs.
Agir. Alors quoi faire ? On ne se « résout » pas à changer, on s’administre différemment. Voici trois pistes trouvées grâce à l’intelligence artificielle.
Un : une décision par trimestre, pas dix promesses en janvier – et une vraie, qui coûte un peu, qui libère beaucoup.
Deux : un indicateur personnel simple, suivi dans le temps (nombre de soirées sans écran, nombre de déjeuners hors entreprise, temps de travail profond hebdomadaire...).
Trois : un pacte avec deux ou trois alliés – collègues, amis, conjoint – qui ont le droit de vous rappeler vos propres règles quand vous les trahissez.
Efficacité. Après les cartes de vœux et, donc, les bonnes résolutions, ne comptez pas sur moi pour m’attaquer aux galettes. Mais le message est clair : à plus de 50 ans, on n’a plus besoin de pittoresque, mais d’une nouvelle architecture de sa vie professionnelle – et, par ricochet, personnelle. C’est moins spectaculaire qu’un grand serment de janvier, mais infiniment plus efficace en décembre.
GénXO. GénXO, c’est un X comme eXpérience et un O comme Opportunité, pour les actifs suractifs de plus de 55 ans, qui n’attendent pas les bonnes résolutions pour vivre une vie professionnelle unique. Et puisque on appelle désormais les membres de la Génération Z les zoomers, je propose de baptiser notre communauté les xoomers. Partagez X’O, suivez-nous sur LinkedIn ! Et encore : très bonne année cher zoomers !
Rémi Godeau, rédacteur en chef de l’Opinion
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire