Voilà une nouvelle leçon de démocratie à la Trump : quand on vous accuse d’ingérence, criez à la désinformation. C’est ce que fait la ministre adjointe des Affaires étrangères américaine, Sarah B. Rogers, qui attaque l’Humanité sur X. Elle affirme que l’information selon laquelle l’administration Trump pourrait sanctionner les juges de Marine Le Pen serait une « fake news ». Une information de nos confrères allemands de Der Spiegel, effectivement relayée par l’Humanité et d’autres journaux français.
C’est la méthode trumpiste habituelle que subit aujourd’hui l’Humanité : tenter de discréditer tout ce qui dérange. Faire un coup d’État au nom de la démocratie ou crier à la désinformation pour masquer un fait d’intérêt public sont des oxymores politiques dont on use et abuse actuellement outre-Atlantique.
Il faut dire qu’une trumpiste qui crie à la désinformation, c’est un peu comme un tueur en série qui dénonce des atteintes aux droits humains… Oui, il est avéré que Donald Trump tente de donner un coup de main à son alliée Marine Le Pen dans sa conquête du pouvoir en France : c’est écrit noir sur blanc dans le document stratégique dévoilé par Washington il y a quelques semaines.
L’information de Der Spiegel, qu’il nous semble essentiel de faire connaître, est d’autant plus crédible que les précédents sont nombreux. Ainsi, 11 juges de la Cour pénale internationale (CPI) se sont vu infliger des sanctions par l’administration Trump. Parmi eux, Nicolas Guillou, un Français, désormais interdit bancaire sur une large partie de la planète. Son tort ? Avoir « autorisé l’émission par la CPI de mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou », selon le département d’État dirigé par Sarah B. Rogers. Il en va de même pour le juge qui a condamné Bolsonaro au Brésil, ou encore pour Thierry Breton, qui a eu le tort de légiférer pour réguler (un peu) les géants du numérique, et pour Anna-Lena von Hodenberg, qui dirige une ONG allemande primée pour son travail contre la haine en ligne.
Face à l’autoritarisme de Trump ou du RN, la justice indépendante et la presse libre sont des remparts. Chacun dans son rôle. Malgré les tentatives d’intimidation, nous continuerons à jouer le nôtre. |
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