LA PREMIERE REVOLTE DES CANUTS

LA PREMIERE REVOLTE DES CANUTS
La révolte des canuts éclate, le 22 novembre 1831, sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon. De là, elle gagne tous les quartiers travailleurs.
Les insurgés arborent le drapeau noir et ont comme devise « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ».
Le nom canut vient du mot canette ou bobine ; et les canuts sont des artisans qui tissent la soie chez eux, sur leur propre métier.
A cette époque, la production de soieries faisait vivre une grande partie de la population lyonnaise. Elle était ainsi organisée : au sommet on trouve environ 400 négociants-banquiers, baptisés « fabricants » ou « soyeux ». Ils commandent la fabrication et en effectuent la commercialisation. Ces fabricants ont affaire à quelque 8 000 maîtres artisans ou canuts. Ils possèdent donc leurs métiers à tisser et travaillent à la commande et à la pièce. On trouve deux à six métiers selon la taille de l’atelier. Ces canuts emploient quelque 30 000 compagnons, salariés à la journée. Ils vivent souvent chez le canut. On fait également travailler des femmes et des apprentis ou garçons de course.
Les revenus ne permettent qu’une vie de misère. Les canuts sont obligés de se concurrencer entre eux pour décrocher une commande, malgré la demande soutenue. L’apparition de métiers à tisser bien plus performants qu’avant (dont le métier Jacquard) ne contribue pas à générer un revenu décent. Les négociants-banquiers se frottent les mains, prennent toujours prétexte des « aléas de la conjoncture » pour répercuter les fluctuations du marché à la baisse. Toujours est-il que le revenu des travailleurs, tant canuts que compagnons, est deux fois moindre que sous le Premier Empire, et les journées de travail atteignent souvent 18 heures !
Que demandent les canuts ? Ils veulent simplement l’établissement d’un tarif permettant de limiter la baisse des prix. A cette fin, ils sollicitent, le 18 octobre l’intervention du préfet du Rhône, Bouvier-Dumolart. Ce dernier réunit une commission et le 26 octobre, un tarif est établi.
Sauf qu’une centaine de négociants-banquiers le prennent très mal et invoquent le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier de 1791 (concoctés pendant la Révolution !) qui consacrent, entres autres reculs sociaux, le principe de non-intervention de l’Etat dans les relations de travail. Bref, ils refusent d’appliquer le tarif, le jugeant exorbitant.
Les travailleurs se soulèvent le 21 novembre. Ils trouvent sur leur chemin la 1ère légion de la Garde nationale qui est surtout composée de négociants-banquiers. Ceux-ci n’hésitent pas à tirer : trois ouvriers sont tués ! On s’arme de pioches, de pelles et de bâtons. Il y a aussi quelques fusils. Des travailleurs de tous quartiers rejoignent les canuts. L’infanterie s’en mêle, puis recule, tandis que la Garde nationale, sauf celle des beaux quartiers, passe du côté des insurgés.
La bataille fit quelque 600 victimes, morts et blessés. Le général du cru, un certain Roguet, et le maire Victor Prunelle s’enfuient dans la nuit. Le 23 novembre, les insurgés sont maîtres de la ville. Aucun pillage n’est à déplorer. Les travailleurs veulent juste le respect de l’accord collectif. Confiants, ils reprennent le travail la semaine suivante.
L’insurrection lyonnaise provoque stupéfaction et colère à Paris. Le souvenir des Trois Glorieuses est toujours présent dans les esprits de la gouvernance et des gens de biens. On dépêche une armée de 20 000 hommes, commandée par Soult, ministre de la Guerre et le duc d’Orléans, fils de Louis-Philippe.
Les deux acolytes font leur entrée dans Lyon le 03 décembre. Pas d’effusion de sang. Le préfet est révoqué, la Garde nationale dissoute. 90 ouvriers sont arrêtés et une importante garnison est placée dans la ville.
D’après Soult, les acclamations qui se sont fait entendre dans les quartiers huppés sont dues à « la reconnaissance pour le roi et pour le prince » et les silences des autres quartiers à « une expression de tristesse qui était évidemment le témoignage du repentir ».
A la Chambre des députés, Casimir Perrier clame que « la révolte a voulu s’armer contre la liberté du commerce et de l’industrie » et que « la société ne se laissera pas menacer impunément ». Applaudissements de toutes parts. Personne ne tint compte de la demande d’enquête formulée par le député d’extrême gauche, Eusèbe de Salverte.
Le tarif minimum est bel et bien enterré.
Les canuts se révolteront deux fois encore.
La révolte des canuts éclate, le 22 novembre 1831, sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon. De là, elle gagne tous les quartiers travailleurs.
Les insurgés arborent le drapeau noir et ont comme devise « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ».
Le nom canut vient du mot canette ou bobine ; et les canuts sont des artisans qui tissent la soie chez eux, sur leur propre métier.
A cette époque, la production de soieries faisait vivre une grande partie de la population lyonnaise. Elle était ainsi organisée : au sommet on trouve environ 400 négociants-banquiers, baptisés « fabricants » ou « soyeux ». Ils commandent la fabrication et en effectuent la commercialisation. Ces fabricants ont affaire à quelque 8 000 maîtres artisans ou canuts. Ils possèdent donc leurs métiers à tisser et travaillent à la commande et à la pièce. On trouve deux à six métiers selon la taille de l’atelier. Ces canuts emploient quelque 30 000 compagnons, salariés à la journée. Ils vivent souvent chez le canut. On fait également travailler des femmes et des apprentis ou garçons de course.
Les revenus ne permettent qu’une vie de misère. Les canuts sont obligés de se concurrencer entre eux pour décrocher une commande, malgré la demande soutenue. L’apparition de métiers à tisser bien plus performants qu’avant (dont le métier Jacquard) ne contribue pas à générer un revenu décent. Les négociants-banquiers se frottent les mains, prennent toujours prétexte des « aléas de la conjoncture » pour répercuter les fluctuations du marché à la baisse. Toujours est-il que le revenu des travailleurs, tant canuts que compagnons, est deux fois moindre que sous le Premier Empire, et les journées de travail atteignent souvent 18 heures !
Que demandent les canuts ? Ils veulent simplement l’établissement d’un tarif permettant de limiter la baisse des prix. A cette fin, ils sollicitent, le 18 octobre l’intervention du préfet du Rhône, Bouvier-Dumolart. Ce dernier réunit une commission et le 26 octobre, un tarif est établi.
Sauf qu’une centaine de négociants-banquiers le prennent très mal et invoquent le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier de 1791 (concoctés pendant la Révolution !) qui consacrent, entres autres reculs sociaux, le principe de non-intervention de l’Etat dans les relations de travail. Bref, ils refusent d’appliquer le tarif, le jugeant exorbitant.
Les travailleurs se soulèvent le 21 novembre. Ils trouvent sur leur chemin la 1ère légion de la Garde nationale qui est surtout composée de négociants-banquiers. Ceux-ci n’hésitent pas à tirer : trois ouvriers sont tués ! On s’arme de pioches, de pelles et de bâtons. Il y a aussi quelques fusils. Des travailleurs de tous quartiers rejoignent les canuts. L’infanterie s’en mêle, puis recule, tandis que la Garde nationale, sauf celle des beaux quartiers, passe du côté des insurgés.
La bataille fit quelque 600 victimes, morts et blessés. Le général du cru, un certain Roguet, et le maire Victor Prunelle s’enfuient dans la nuit. Le 23 novembre, les insurgés sont maîtres de la ville. Aucun pillage n’est à déplorer. Les travailleurs veulent juste le respect de l’accord collectif. Confiants, ils reprennent le travail la semaine suivante.
L’insurrection lyonnaise provoque stupéfaction et colère à Paris. Le souvenir des Trois Glorieuses est toujours présent dans les esprits de la gouvernance et des gens de biens. On dépêche une armée de 20 000 hommes, commandée par Soult, ministre de la Guerre et le duc d’Orléans, fils de Louis-Philippe.
Les deux acolytes font leur entrée dans Lyon le 03 décembre. Pas d’effusion de sang. Le préfet est révoqué, la Garde nationale dissoute. 90 ouvriers sont arrêtés et une importante garnison est placée dans la ville.
D’après Soult, les acclamations qui se sont fait entendre dans les quartiers huppés sont dues à « la reconnaissance pour le roi et pour le prince » et les silences des autres quartiers à « une expression de tristesse qui était évidemment le témoignage du repentir ».
A la Chambre des députés, Casimir Perrier clame que « la révolte a voulu s’armer contre la liberté du commerce et de l’industrie » et que « la société ne se laissera pas menacer impunément ». Applaudissements de toutes parts. Personne ne tint compte de la demande d’enquête formulée par le député d’extrême gauche, Eusèbe de Salverte.
Le tarif minimum est bel et bien enterré.
Les canuts se révolteront deux fois encore.

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