Ce n'est que le début ", prévient le tract de l'intersyndicale des dix organisations d'Air France (FO, SNPNC, CGT, UNSA, SPAF, SNPL, Alter, SUD, CFTC, SNGAF), au lendemain de la grève du 22 février. Pour ces syndicats, la première journée a été " un grand succès ". Sandrine Techer, secrétaire de section du Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC), prend même des accents lyriques : " Cela a été une belle journée, qui sera inscrite dans l'histoire du syndicalisme " d'Air France. Pour la première fois depuis 1993, dix organisations représentant toutes les catégories de personnels, des pilotes aux hôtesses en passant par les salariés au sol, avaient appelé ensemble à une journée de grève.
Mais, pour l'intersyndicale, le combat continue.
" La balle est dans le camp de la direction ", analyse la représentante syndicale. Pour l'heure, cette supplique reste un vœu pieu. Air France n'a pas modifié sa position. La compagnie ne fait aucun commentaire et n'a pas décidé de discuter à nouveau avec les syndicats.
" Il n'y a aucune prise de contact avec la direction ", se désole Sandrine Techer.
A l'augmentation générale des salaires de 6 %, réclamée par les syndicats, Air France oppose
" la nécessité de maintenir un équilibre réaliste entre la rétribution des efforts de chacun et le maintien de conditions économiques permettant les investissements pour la croissance ". In fine, avait laissé entendre Air France, les revendications des syndicats pourraient éponger la presque totalité de ses bénéfices 2017, qui ont atteint 590 millions d'euros.
Réunion des syndicats le 5 marsToutefois, la fermeté de la direction pourrait pousser l'intersyndicale à renforcer son action. Air France doit revenir à la table des négociations
" si elle ne veut pas d'un deuxième conflit. Faute d'avancées de la direction, le mouvement va se durcir ", prévient ainsi Mme Techer.
Les dix organisations qui composent l'intersyndicale ont prévu de se réunir à nouveau le 5 mars. Avec ce délai,
" nous laissons à Air France le temps de réfléchir ", indique Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL).
Sans attendre, les pilotes se préparent déjà à un éventuel conflit de longue durée. Le SNPL a lancé, jusqu'au 14 mars, une consultation auprès de ses adhérents pour obtenir leur feu vert pour appeler à des grèves de plus de cent quarante-quatre heures cumulées.
Guy Dutheil
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