Lu dans le DL du 26.02.2018
LE BILLET
PAR GEORGES BOURQUARD
Affaire Seznec,
y a un os
Depuis samedi, on exhume pour la énième fois l’affaire Seznec.
Les faits remontent à 1923, ce qui ne rajeunit personne et surtout ne
laisse pas espérer des confidences fracassantes des témoins de
l’époque.
Cette année-là Paul Quémeneur, en relation d’affaires avec
Guillaume Seznec, disparaît corps et biens entre Morlaix et Paris.
Son cadavre ne sera jamais découvert, mais son assassin est tout
trouvé : c’est Seznec.
Le coupable est condamné au bagne, le doute
ne profitant pas toujours à l’accusé.
Depuis bientôt un siècle, le mystère Seznec hante les palais de
justice et fait la fortune des éditeurs.
Dernière version à la mode,
c’est l’épouse Seznec qui aurait occis d’un coup de chandelier un
Quémeneur un peu trop entreprenant. Le Harvey Weinstein breton
aurait été enterré dans le cellier des Seznec, ce qui ne paraît pas la
meilleure façon de brouiller les pistes à moins de vouloir concourir
au championnat du monde de l’amateurisme criminel.
Bingo, des fouilles privées viennent de mettre au jour un os dans le
cellier des Seznec.
On ne sait pas trop s’il s’agit d’un fémur ou d’une
vertèbre, mais on ne va pas chipoter sur ce genre de broutille.
Depuis le temps qu’enquêtes et contre-enquêtes tombent sur un os,
celui-là serait le bon, enfin.
Un os ne fait pas un squelette certes, mais c’est un début.
Après
cette découverte, la justice y va avec des pincettes : on la
comprend, elle n’aime pas que l’on ressorte les cadavres de ses
placards.
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