| Inde : trente ans après, les plaies à vif de Bhopal |
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| Le temps a passé, mais n'a pas effacé le souvenir du drame. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, une fuite massive de gaz survenait au cœur d'une usine de pesticides d'Union Carbide à Bhopal, dans le centre de l'Inde. En quelques jours, près de 3 800 personnes trouvèrent la mort (elles seront 25 000 à long terme). Trente ans plus tard, le spectre de cette tragédie hante toujours la capitale du Madhya Pradesh. D'autant qu'à travers le pays des accidents industriels continuent de se produire, rappelant combien les normes de sécurité laissent à désirer, souligne l'IB Times. Non loin de l'usine, laissée à l'abandon, la population porte les stigmates de la catastrophe. Et la jeune génération n'est pas épargnée. Autisme, troubles du comportement, retard de développement : les maux dont souffrent les enfants sont légion. Le nombre de cas cliniques croît de jour en jour, observe India Today. Aux cancers et autres pathologies s'ajoutent les malformations congénitales, dont le taux est dix fois plus élevé que dans le reste du pays, relève The Asian Age. Gorgées de substances toxiques, les eaux toxiques qui s'écoulent aux abords du site, polluant nappes phréatiques et cultures, représentent un autre danger, notent The Hindu et The Irish Examiner. Pourtant, Union Carbide n'a jamais reconnu la moindre responsabilité, arguant qu'elle aurait été la cible d'un sabotage (WSJ). Les victimes, elles, se battent avec l'énergie du désespoir pour obtenir des compensations financières. Dans une tribune à l'Hindustan Times, le militant Abdul Jabbar fustige la "trahison" du pouvoir indien, accusé d'être velléitaire sur ce dossier. Egalement cité dans Newsweek, il explique qu'il a fallu quatre-vingt-dix ans à l'Inde – depuis la révolte des cipayes de 1857 – pour acquérir l'indépendance. Et de s'interroger : "Narendra Modi [le premier ministre] interviendra-t-il plus rapidement que les Britanniques après 1857 ?" |
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