| Dix-sept ans après sa rétrocession par le Royaume-Uni à Pékin, Hongkong prend des airs d'adolescent rebelle vis-à-vis de la "mère patrie" chinoise. Depuis vendredi, et jusqu'au 29 juin, les militants pour la démocratie de cette région administrative spéciale (RAS) tiennent un référendum officieux sur le mode d'élection du futur chef de l'exécutif local. La participation à ce vote citoyen a déjà largement dépassé les attentes les plus optimistes de ses organisateurs, qui tablaient initialement sur un objectif de 100 000 réponses. Dès le premier jour, en effet, plus de 400 000 personnes (sur les quelque 7,2 millions que compte la RAS) se sont mobilisées, rapporte le Los Angeles Times. Une manière de signifier à Pékin qu'elles ont leur mot à dire sur la nomination des candidats à l'élection de 2017, analyse la BBC. Sans surprise, notent le Financial Times et The Economist, ce scrutin a suscité l'ire des hiérarques de la République populaire, qui l'ont jugé "illégal et non valable". Pour le Global Times, organe officiel du Parti communiste chinois, l'opposition, en agissant de la sorte, trahit l'essence de la Basic Law – loi fondamentale élaborée en 1990 et fondée sur le principe du "un pays, deux systèmes", cher à Deng Xiaoping. Dans ce contexte de défiance, le sort de l'ex-colonie britannique suscite doutes et interrogations. Dans un entretien au New York Times, Michael C. Davis, professeur de droit à l'université de Hongkong, prédit des mois difficiles si Pékin s'entête à refuser aux habitants le véritable suffrage universel. Son collègue Simon Young abonde dans le même sens, pour qui "les manifestations se multiplieront (...) Certains parlent déjà de partir s'ils ont le sentiment que la République populaire prend le pouvoir" (The Globe and Mail). |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire