L'inflation en Allemagne inquiétante pour la zone euro
Reuters - L'inflation en Allemagne calculée aux normes européennes a nettement ralenti en décembre à 1,2%, un chiffre qui attise les craintes d'une spirale déflationniste dans la zone euro. Le consensus des
par
Sarah Marsh
BERLIN (Reuters) -
L'inflation en Allemagne calculée aux normes européennes a nettement ralenti en
décembre à 1,2%, un chiffre qui attise les craintes d'une spirale
déflationniste dans la zone euro.
Plusieurs économistes
expliquent que cette décélération des prix à la consommation est due en partie
à un changement de la méthode de calcul mais ce chiffre n'en plaide pas moins
en faveur de nouvelles mesures de la Banque centrale européenne (BCE) pour
prévenir la déflation.
A 1,2% en rythme
annuel en décembre, l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) - la
mesure de l'inflation utilisée par la BCE - est inférieur au consensus des
estimations d'économistes recueillies par Reuters, qui le donnait à 1,4%, et
marque un net ralentissement par rapport à novembre (1,6%).
Il s'éloigne en outre
de l'objectif de stabilité des prix tel que le définit la BCE, à savoir une
inflation "inférieure à mais proche de 2%".
La première estimation
de l'inflation dans la zone euro le mois dernier est attendue mardi et le consensus
donne un chiffre de 0,9% seulement, inchangé par rapport à novembre.
Pour Dirk Schumacher,
de Goldman Sachs, le chiffre allemand de lundi pourrait faire tomber l'indice
de la zone euro à 0,8%.
Un recul à 0,7% de
l'inflation en zone euro en octobre avait conduit la BCE à annoncer début
novembre une baisse inattendue de son principal taux d'intérêt à 0,25%, un
nouveau plus bas historique.
Et la banque centrale
est d'autant plus incitée à agir que l'Allemagne n'est pas le seul pays dans
lequel l'inflation est inférieure à 2%. En France, la hausse de l'indice IPCH
est tombée à 0,8% sur un an en novembre.
"L'écart entre
l'Allemagne et la zone euro n'est plus assez important pour constituer un
problème pour la BCE", explique Holger Schmieding, de Berenberg Bank.
LE MODE DE CALCUL
N'EXPLIQUE PAS TOUT
Avec d'autres
économistes, il note qu'un changement de mode de calcul des prix intervenu en
décembre 2012 avait artificiellement dopé l'inflation à l'époque et que, ce
facteur n'entrant plus dans la comparaison en rythme annuel, cela se traduit
par un retour de l'inflation IPCH vers sa tendance de long terme.
Sur l'ensemble de
2013, l'indice IPCH affiche une hausse de 1,6% contre 2,1% en 2012. Une
décélération qui reflète entre autres la baisse des prix pétroliers, précise
l'Office fédéral des statistiques.
Depuis la baisse des
taux de novembre, plusieurs responsables de la BCE ont estimé que la déflation
ne menaçait pas réellement la zone euro, tout en assurant que la banque
centrale disposait de plusieurs armes au cas où il faudrait combattre une telle
menace.
"Nous n'observons
pas de déflation pour l'instant (...) mais nous devons veiller à ce que
l'inflation ne reste pas bloquée en permanence sous 1% et à ce qu'elle ne tombe
pas en zone dangereuse", a dit fin décembre son président, Mario Draghi, à
un magazine allemand.
En Allemagne, où la
reprise économique est plus soutenue que dans bien d'autres pays de la zone
euro, le gouvernement prévoit une hausse de 1,8% des prix à la consommation
cette année. Quant à l'institut d'études économiques IfW, il n'exclut pas une
accélération à 2,5% résultant d'une éventuelle "surchauffe" de
l'économie après la baisse des taux de la BCE.
L'indice allemand des
prix à la consommation, non harmonisé, est ressorti en hausse de 1,4% sur un an
en décembre après 1,3% le mois précédent.
En Italie et en
Espagne, l'inflation a été estimée la semaine dernière à 0,6% et 0,3% seulement
sur un an.
Avec Eva Kuehnen à
Francfort et Klaus Lauer à Berlin; Marc Angrand pour le service français, édité
par Véronique Tison
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