Translate

mardi 23 avril 2019

Les Crises.fr - M. Macron espère que le débat pourra apaiser l’agitation en France. Tout comme Louis XVI - le 10.04.2019


https://www.les-crises.fr


                                    Les Crises
10.avril.2019 // Les Crises

M. Macron espère que le débat pourra apaiser l’agitation en France. Tout comme Louis XVI



Une vision de Reuters de début janvier…
PARIS/FLAGY, France (Reuters) – En 1789, Louis XVI convoque l’aristocratie, le clergé et les citoyens de France pour discuter des moyens de boucher les finances désastreuses de la Couronne et d’apaiser le mécontentement populaire face à une société féodale sclérosée.

Des membres du mouvement des gilets jaunes occupent un rond-point à Nemours, France, le 9 janvier 2019. Photo prise le 9 janvier 2019. REUTERS/Benoit Tessier

C’était le début de la Révolution française. En quelques mois, il était impuissant et quatre ans plus tard, il était guillotiné.
Deux siècles plus tard, le président Emmanuel Macron, souvent critiqué pour son comportement monarchique, appelle également à un débat national pour apaiser les manifestants en « gilet jaune » dont le soulèvement de neuf semaines a embrasé Paris et secoué son gouvernement.
Il lancera le 15 janvier le « grand débat » d’une durée de trois mois. Comme sous le règne du roi au tragique destin, les Français écrivent déjà des doléances dans des « cahiers de doléances » ouverts par les maires de 5.000 communes.
Le débat se concentrera sur quatre thèmes : la fiscalité, l’énergie verte, la réforme institutionnelle et la citoyenneté. Les discussions se dérouleront sur Internet et dans les mairies. Mais les autorités ont déjà déclaré que le changement de cap des réformes de Macron visant à libéraliser l’économie sera hors sujet.
« Les débats ne sont pas une occasion pour les gens de se débarrasser de toutes leurs frustrations et nous ne remettons pas en question ce que nous avons fait au cours des 18 derniers mois », a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux à BFM TV. « Nous ne rejouons pas l’élection. »
En limitant les conditions, Macron risque de faire la même erreur que celle qui a condamné la monarchie, a déclaré l’historien Stéphane Sirot de l’Université de Cergy-Pontoise au journal Le Parisien.
« Emmanuel Macron est comme Louis XVI qui… recueille les cahiers de doléances mais n’y comprend rien. »
PRÊCHER DANS LE DÉSERT
A Flagy, à 100 kilomètres au sud de Paris, le maire du village a reçu les plaintes écrites de « gilets jaunes » locaux comme Agosthino Bareto. Ce propriétaire du garage, âgé de 65 ans, est convaincu que le gouvernement encadrera le débat à sa convenance.
« Tout ce que nous disons, c’est comme prêcher dans le désert », dit Bareto. « On ne nous écoute pas. »
Le maire de Flagy, Jacques Drouhin, est sensible à de telles frustrations. Il dit qu’il refusera de tenir un débat à l’hôtel de ville aussi longtemps que M. Macron aura l’intention d’aller quand même de l’avant dans les réformes.
« Ce n’est pas ce que nos concitoyens demandent », a dit M. Drouhin. « C’est assez. C’est maintenant à nos dirigeants d’écouter ce qui est dit dans les cahiers de doléances. »
Une faible participation compromettrait l’exercice. Un sondage d’opinion Elabe réalisé mercredi a montré que seulement 40% des citoyens ont l’intention de prendre part au débat.
La France se prépare à d’autres manifestations de rue et à d’éventuelles émeutes lors du coup d’envoi des soldes d’hiver ce samedi. Pourtant, même si les manifestations se poursuivent, il n’est pas certain que les « gilets jaunes » émergeront comme une force politique ou s’essouffleront, affaiblis par leurs propres divergences internes.
Cette semaine, le leader du mouvement anti-système 5 étoiles italien, Luigi di Maio, a publiquement soutenu les manifestants français en leur offrant la plate-forme Internet de son parti pour la démocratie directe – connue sous le nom de « Rousseau », d’après un penseur du siècle des Lumières français – pour aider les « gilets jaunes » à définir un programme.
Sans leader, les « gilets jaunes » reflètent des mouvements comme les Indignés espagnols et les 5 étoiles italiens, qui ont cherché à renverser le système politique traditionnel de l’Europe.
« Je suis plus préoccupée maintenant par les protestations des “gilets jaunes” en France (qu’en Italie) », a déclaré Karen Ward, responsable de la stratégie marché pour l’EMEA chez JP Morgan Asset Management, lors d’une conférence de presse. [On parle de « zone EMEA » pour désigner l’Europe, le Moyen-Orient (Middle East) et l’Afrique NdT]
REFERENDUM ?
Les « gilets jaunes » tirent leur nom des gilets haute visibilité qu’ils portent sur les barrages routiers et dans la rue. Leur rage découle d’une pression sur les revenus des ménages et de la conviction que Macron, un ancien banquier d’affaires considéré comme proche des grandes entreprises, est indifférent à leurs difficultés.
M. Macron sera encouragé par la chute brutale de l’appui du public aux manifestants au cours du dernier mois. Il promet d’utiliser les débats pour canaliser leur colère et façonner de nouvelles politiques via une démocratie plus participative.
Les « gilets jaunes » revendiquent le droit d’organiser des référendums par le biais de pétitions de masse. Les hauts ministres n’ont pas rejeté l’idée – le Premier ministre Édouard Philippe a qualifié les référendums d’initiative Citoyenne d’« outil utile dans une démocratie » – mais a déclaré que leur utilisation devrait être limitée.
Le plus probable est que le parti au pouvoir et le gouvernement vendent l’idée que le débat national soit suivi d’un référendum avec plusieurs questions, plutôt que d’un vote favorable ou défavorable.
« Le gouvernement est conscient des risques qu’il y a à faire d’un quelconque vote un vote sur Macron et non sur les enjeux », a déclaré Antonio Barroso, directeur adjoint de Teneo, société de conseil en études sur les risques. « Alors vous réglez ça en posant de multiples questions. »
Reportage de Richard Lough à Paris et d’Emilie Delwarde à Flagy ; reportage supplémentaire de Michel Rose à Paris et Julien Ponthus à Londres ; rédaction de Richard Lough ; révision de Luke Baker et Peter Graff.
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.
Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]
Alfred // 10.04.2019 à 07h42
“Donner sa réponse qui avait toujours été là à une question qui n’a jamais été posée” telle est la définition du travail du personnel politique selon certains. L’exécutif est en train de le confirmer.
Baisser les impôts plutôt que les répartir équitablement. Réduite le personnel hospitalier plutôt que de supprimer les gras fromages que sont les divers conseils et instances teodules. Supprimer la sécu plutôt que de l’éténdre à tous en supprimant les mutuelles. Etc…
Je ne comprends pas qu’un seul adulte capable de passer ses chaussures et de manger sa purée sans s’eborgner puisse avoir le moindre doute sur ses questions et le moindre espoir que ce gouvernement inflechisse sa politique de t.r.a.h.i.s.on. et de vente à la découpe.
C’est eux où nous. Quelque soit la durée.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire