Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Notre invité souligne d’abord un fait majeur au sein de l’appareil américain : la démission de Joe Kent, numéro deux du département de la Sécurité intérieure, qui a eu pour conséquence la popularisation, dans le débat public, de l’expression « lobby israélien » pour désigner les pressions ayant conduit à cette guerre. Amir-Aslani attire notre attention sur cette évolution sémantique : « Qu’un haut dignitaire américain s’autorise cette expression, cela veut dire qu’aujourd’hui c’est devenu un véritable enjeu. ». Pour Amir-Aslani, Israël a profité du dernier moment où il bénéficie encore d’un « soutien bipartisan » au Congrès, sachant que les sondages montrent désormais davantage de sympathie pour la cause palestinienne que pour Israël, au sein de l’électorat démocrate. Il ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit de qualifier l’attitude israélienne face à son allié américain : « Israël se battra jusqu’au dernier soldat américain vivant. ». Ardavan Amir-Aslani considère en outre que la stratégie israélienne va plus loin que la simple doctrine du regime change, en ce qu’elle vise à transformer l’Iran en « État failli », à l’instar du Liban ou de la Syrie, afin de demeurer « la seule et unique puissance hégémonique de la région ». C’est ce qui le conduit à qualifier ce conflit de « guerre déclenchée par Israël et conduite de manière illégale, illégitime et amorale ». Il n’en demeure pas moins que cette guerre marque un terrible échec pour l’empire américain. Malgré « trois porte-avions américains, des centaines et des centaines d’avions », malgré « soixante mille boys et marines » déployés dans la région, les États-Unis « n’ont pas réussi à venir à bout du pouvoir iranien ». Pour notre invité, « c’est la fin de la domination américaine ». Cette guerre révèle les limites de la puissance militaire conventionnelle face à un État déterminé et préparé, alors même que les Occidentaux ont également frappé des sites culturels, civilisationnels et scolaires iraniens. L’avocat estime par ailleurs que « l’occupation militaire de l’Iran est inenvisageable : il faudrait un million de soldats américains pour y aller. Ce serait un carnage pour eux. ». Trump lui-même semble l’avoir compris, changeant de discours « d’une minute à l’autre », proclamant tour à tour la victoire et l’escalade. « Sa parole ne compte plus, c’est une girouette. », lâche sévèrement notre invité au sujet du président américain. Le désastre américain s’étend également au plan monétaire. Le pétrodollar vacille. Les Iraniens contrôlent désormais le détroit d’Ormuz — par où transite 20% du pétrole mondial — et exigent que les transactions s’effectuent en yuan. Amir-Aslani souligne un paradoxe entretenu par les Américains : « Ils bombardent l’Iran tout en l’autorisant à vendre son pétrole au prix fort, afin de maintenir les cours, tout en permettant à Téhéran de financer sa campagne militaire contre les États-Unis. ». Il ajoute que le soutien chinois et russe à l’Iran est bien réel et estime que ces deux puissances sont les grandes gagnantes du conflit. Et cette dynamique pourrait s’aggraver si les pétromonarchies du Golfe, actuellement hôtes de bases militaires américaines, devaient se retourner contre Washington. Ardavan Amir-Aslani rappelle que l’intégralité des systèmes THAAD de défense antimissiles balistiques de la région « ont été transférés en Israël ». « Pour les Américains, la vie d’un Israélien vaut vingt fois celle d’un citoyen de leurs partenaires historiques de la région. », accuse-t-il enfin. |
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