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Le prix des carburants, dossier inflammable pour le gouvernement
Donald Trump repousse son ultimatum, brève apparition de Maduro à New York, immense arnaque à l'Assurance-maladie, les infrastructures énergétiques visées par le conflit au Moyen-Orient.
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Le prix des carburants, dossier inflammable pour le gouvernement
Depuis le début de la guerre au Proche-Orient le 28 février, le cours du pétrole ne cesse d’augmenter, et avec lui le prix des carburants à la pompe. Appelé à baisser les taxes ou à bloquer les prix par les oppositions, le gouvernement de Sébastien Lecornu est sous pression sur ce sujet sensible.
Depuis un mois, l’exécutif défend son choix de ne pas débloquer d’aides publiques, comme certains voisins européens, et de recourir à d’autres mécanismes, ciblés sur les filières professionnelles, pour tenter d’épargner le budget des Français. Une position difficile à défendre tant les effets concrets se font attendre.
Le ministre de l’Economie a fini par déclarer que des aides pour les “gros rouleurs” seraient dévoilées dans “les tout prochains jours”. C’est que le dossier est géré comme le lait sur le feu par le gouvernement, dans un pays où la grogne des “gilets jaunes” est née d’un mécontentement face à la hausse des prix à la pompe, et alors que les questions liées aux transports sont considérées comme “socialement inflammables”, selon les mots d’un ministre.
Roland Lescure a assuré qu’un “choc pétrolier” menaçait l’économie : “L’hypothèse d’une crise passagère n’est malheureusement plus d’actualité”, a-t-il déclaré devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. “Il a beaucoup énervé la présidence avec ses mots”, relate une ministre.
En Conseil des ministres, Emmanuel Macron a indirectement réagi aux propos de Roland Lescure. “En substance, il a dit de parler de la situation, de dire les choses, mais de ne pas les caractériser”, raconte un ministre présent.
Dans la foulée de la réunion, le ministre de l’Economie a dit “regretter” ses propos, en soulignant que l’expression s’appliquait “à la situation internationale et en aucun cas à la situation française”.
Ce rétropédalage n’a pas calmé les oppositions, qui ne cessent de pilonner le gouvernement depuis plusieurs semaines. Lors du débat sans vote organisé à l’Assemblée nationale sur la situation au Moyen-Orient, chaque groupe parlementaire a pu présenter ses pistes pour juguler la crise. À gauche, La France insoumise demande le blocage des prix, tandis que le PS est favorable à un geste sur la fiscalité. De l’autre côté du bloc central, Les Républicains veulent aussi diminuer les taxes, tandis que le Rassemblement national réclame une baisse de la TVA sur ces produits.
Face à ces pressions pour aider les ménages et les entreprises, le gouvernement se refuse à faire ce qu’il avait fait lors de la précédente crise énergétique. Un “quoi qu’il en coûte” sur les carburants n’est pas d’actualité. La situation dégradée des finances publiques est l'un des facteurs qui a poussé le gouvernement à rester mesuré.
Pour le moment, l’exécutif a privilégié le dialogue avec les distributeurs. Cette semaine, les ministres de l’Economie, de l’Energie et de la Transition énergétique ont écrit aux raffineurs pétroliers pour les inciter à augmenter leur production dans l’espoir de baisser les prix à la pompe. Le gouvernement a également misé sur le déblocage de 400 millions de barils de pétrole issus des stocks stratégiques de l’Agence internationale de l’énergie.
Puis l’exécutif a annoncé des aides sectorielles indirectes, pour soulager la trésorerie des agriculteurs, des pêcheurs et des transporteurs routiers. Concrètement, les professionnels de ces secteurs pourraient échelonner le paiement de leurs cotisations sociales et obtenir des délais de paiement ou des prêts.
La question de déployer des mesures plus efficaces se pose alors que l'incertitude demeure sur la durée de la flambée des prix à la pompe. Un casse-tête se profile pour le gouvernement qui planche déjà sur le budget 2027, après avoir très péniblement fait adopter le précédent.
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Donald Trump repousse son ultimatum et le Liban saisit l’ONU
Donald Trump a annoncé repousser jusqu’au 6 avril son ultimatum avant d’éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient “très bien”. Il n’a toutefois pas précisé quelles conditions devaient être remplies d’ici là. Ce n’est pas la première fois que le président américain repousse son ultimatum.
De son côté, l’émissaire américain, Steve Witkoff, a affirmé qu’il existait des “signaux forts” quant à la “possibilité” d’un accord avec les Iraniens, tout en confirmant que Washington avait soumis à Téhéran un plan de cessation des hostilités en 15 points, par l’intermédiaire du Pakistan.
Le Liban, où au moins cinq personnes ont été tuées dans de nouvelles frappes, a saisi le Conseil de sécurité de l'ONU à la suite des actions israéliennes qui menacent sa souveraineté. Le ministre de l'Information, Paul Morcos, a précisé que cette décision était motivée par “le bombardement de la plupart des ponts du Litani”, fleuve qui sépare une partie du sud du Liban du reste du pays, “le déplacement massif forcé des habitants” et “la progression des troupes israéliennes sur le territoire libanais, accompagnée de destructions”.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé que l'armée avait éliminé le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri. “L'homme directement responsable de l'opération terroriste de minage et de blocage du détroit d'Ormuz a été pulvérisé”, a-t-il ajouté, avant de promettre aux responsables des Gardiens, de “continuer à les traquer un par un”.
Le chef des rebelles houthis au Yémen, alliés de l'Iran, a menacé d'une “réponse militaire” si la guerre au Moyen-Orient l'exigeait. Le mouvement houthi, qui a une position stratégique dans la région, n'a pas pris pour l'heure part aux hostilités. “À la moindre évolution du conflit appelant une réponse militaire, nous interviendrons sans délai, comme nous l'avons fait lors des phases précédentes”, a déclaré Abdel Malek al-Houthi, dans un discours diffusé par al-Massirah, une chaîne de télévision affiliée à son mouvement.
Nicolas Maduro a fait une brève apparition devant la justice à New York
Le président vénézuélien déchu Nicolas Maduro est apparu souriant devant un tribunal de New York, où il n’a pas pris la parole, pour sa deuxième apparition publique depuis sa capture par les Etats-Unis. Au cours de débats qui ont duré à peine plus d’une heure, le juge en charge de l’affaire a fait savoir qu’il n’entendait pas accéder à une demande d’abandon des poursuites émanant de ses avocats, autour d’une question relative au paiement de leurs honoraires.
Poursuivi pour trafic de drogue aux côtés de sa femme Cilia Flores, l’ancien homme fort du Venezuela est apparu détendu, sourire aux lèvres, dans son uniforme gris de détenu. Il a pris des notes, devisant avec ses avocats via un interprète et jetant des coups d’œil aux bancs de la presse. Extraits bien avant l’aube de la prison de Brooklyn où ils sont détenus depuis le 3 janvier, lui et son épouse ont rejoint le tribunal fédéral du district sud de Manhattan devant lequel se sont massés en début de matinée quelques dizaines d’opposants et partisans.
Nicolas Maduro ne s’est pas exprimé depuis une première audience devant le même tribunal le 5 janvier, au cours de laquelle lui et sa femme ont été formellement inculpés. Il s’était alors présenté comme “le président de la République du Venezuela” en exercice, “kidnappé” par les Etats-Unis, se définissant dès lors comme un “prisonnier de guerre”. Donald Trump, qui a été interrogé sur le sujet, a déclaré que “d’autres affaires seront portées devant les tribunaux” contre l’ex-chef d’Etat, sans donner davantage de précisions.
Fraudes à l’Assurance-maladie pour un montant estimé à 58 millions d’euros
Sept personnes ont été mises en examen dans une affaire hors norme de fraudes à la CPAM (Caisse primaire d'assurance-maladie) pour un montant estimé à 58 millions d'euros. Elles l'ont été pour “escroquerie en bande organisée”, “blanchiment en bande organisée” et “participation à une association de malfaiteurs”. L'une des personnes poursuivies a été placée en détention provisoire, les autres sous contrôle judiciaire. À ce stade, la justice a saisi plus de 300 000 euros et des gels sont en cours.
Sur l'ensemble du territoire national, plusieurs structures et particulièrement des centres de soins dentaires ont commencé à facturer massivement des actes fictifs, peu après leur reprise par un nouvel exploitant, à compter de la fin de l'année 2024. La quasi-totalité des actes étaient établis au nom de personnes bénéficiaires de la complémentaire santé, pour des montants très supérieurs aux moyennes remboursées par l'Assurance-maladie.
La facturation pour le centre de Marseille était ainsi en partie faite au nom d'un dentiste décédé en 2021. Les premières auditions ont confirmé que les patients cités n'avaient jamais bénéficié des soins. Des prête-noms et une flotte de téléphones dédiés étaient utilisés pour l'ouverture de comptes, essentiellement depuis Neuilly-sur-Seine.
Tout a commencé le 10 avril 2025, quand l'Office central de lutte contre le travail illégal a été informé par la Caisse nationale d'Assurance-maladie de “fraudes sérielles suivant le même mode opératoire dans le cadre de l'activité de centres de santé associatifs”. Un courrier anonyme adressé en mars 2025 à l'Assurance-maladie avait également attiré l'attention sur des suspects. Le parquet de la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris a ouvert une enquête en septembre, puis une information judiciaire, permettant à un juge d'instruction d'enquêter.
Les infrastructures énergétiques, cibles de choix dans la guerre au Moyen-Orient
Dans le bras de fer qui oppose l’Iran aux Etats-Unis et Israël, le pétrole et le gaz sont des points sensibles. Au moins 29 sites énergétiques ont été ciblés depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Les attaques de drone et raids aériens ont endommagé des raffineries, des terminaux, des champs pétroliers ou des dépôts d’hydrocarbures dans neuf pays.
Certaines infrastructures ont été visées plusieurs fois. C’est notamment le cas du complexe gazier de Ras Laffan au Qatar, qui constitue le premier site de production de gaz liquéfié au monde. Aux Emirats arabes unis, le port de Fujairah a subi au moins quatre attaques iraniennes. Cet acharnement s’explique par le caractère stratégique du complexe de Fujairah, qui permet aux Emirats d’exporter leur pétrole malgré le blocage du détroit d’Ormuz.
Cibler des infrastructures énergétiques lors d’un conflit n’est pas nouveau. Mais l’ampleur des frappes retient l’attention de plusieurs experts. Attaquer les sites d’hydrocarbures iraniens est une manière d’affaiblir le régime iranien mais au-delà de leur impact local, ces attaques créent des réverbérations assez importantes sur l’économie mondiale dans un monde interdépendant.
Les frappes répétées contre les sites pétroliers et gaziers, couplé au blocage quasi-total du détroit d’Ormuz, ont fait grimper en flèche les cours pétroliers, mais aussi ceux du gaz et d’autres produits comme les engrais. Selon les prévisions de l’OCDE, le conflit au Moyen-Orient devrait ainsi affecter la croissance économique et relancer l’inflation mondiale, qui pourrait atteindre 4,2% aux Etats-Unis et 2% en France.
Les dommages entrainés par la guerre au Moyen-Orient pourraient aussi perturber pendant plusieurs années l’approvisionnement gazier mondial, dont les infrastructures sont particulièrement longues à réhabiliter.
Plusieurs installations pétrolières ont aussi connu des interruptions dans leur production. C’est notamment le cas de deux raffineries au Koweït, après des attaques de drone iraniens, mais aussi en Arabie saoudite, où l’activité de la plus grande raffinerie du royaume à Ras Tanura a été suspendue pendant plusieurs jours après des frappes iraniennes.
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