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Préparation de la présidentielles 2027, la justice française à la manœuvre
Entre ingérences étrangères en stéréo, et hypocrisie dans la disqualification de Marine Le Pen, des magistrats qui donnent d’eux-mêmes.
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Par l’intermédiaire d’un certain nombre de ces magistrats, la justice française se donne actuellement en spectacle de façon assez intéressante. Toutes les caractéristiques de son engagement politique déterminé au service du système Macron se révèlent, y compris avec leurs contradictions.
Nous n’allons pas revenir sur une thèse développée dans des centaines d’articles, et par la publication d’un livre copieux, mais simplement rappeler le triptyque de ce soutien. De la personne d’Emmanuel Macron lui-même mais surtout de son système néolibéral atlantiste et corrompu.
I) En 2017, la justice a apporté la dernière pierre au coup d’État initié par les grands intérêts afin d’installer un parfait inconnu à l’Élysée, mandaté pour parfaire la destruction néolibérale du pays. Depuis elle a mis soigneusement à l’abri des soucis judiciaires Emmanuel Macron et ses amis.
II) En parallèle, elle réprime tous ceux qui s’y opposent, y compris férocement si nécessaire, comme l’a démontré la répression des gilets jaunes.
III) Elle est enfin le cheval de Troie, de la pénétration d’une idéologie néolibérale faussement « progressiste », relayant judiciairement le macronisme sur les différents sujets sociétaux.
L’actualité récente vient de nous en offrir quelques exemples savoureux.
Présidentielles 2027, les ingérences en stéréo
Emmanuel Macron l’a annoncé dans ses vœux de fin d’année, la présidentielles 2027 sera truquée. Au nom de la lutte contre les « ingérences extérieures », technique qui a si bien réussi en Roumanie sous l’égide de la France. Les interrogations exprimées par l’administration Trump sur le fonctionnement des « démocraties européennes » ont fourni un prétexte en or. Les menaces d’ingérence sont désormais en stéréo, celle des Américains venant compléter celle que l’on reproche aux Russes.
Nos amis magistrats se sont immédiatement mobilisés en commençant par Magali Lafourcade magistrate détachée au secrétariat de la Commission nationale consultative des droits de l’homme. On aurait pu attendre minimum de devoir de réserve, de la part de quelqu’un qui appartient au corps qui doit être le plus impartial de France. Ne rêvons pas. Nous avons là ardente militante qui multiplie les interventions pour vilipender l’horrible « populisme » qui voulant sournoisement détruire l’État de droit, ose s’interroger sur le fonctionnement de la justice. Qu’il faut d’ailleurs « démasculiniser » en urgence puisque les femmes représentent aujourd’hui plus de 70 % du corps des magistrats. Horreur et putréfaction, Madame Lafourcade qui dirige une autorité administrative chargée de veiller au respect des droits l’homme a reçu la visite de deux diplomates américains qui s’interrogeaient sur l’inéligibilité avec exécution provisoire de Marine Le Pen ! Probablement en liaison avec l’enquête du congrès américain sur les élections dans l’Union Européenne, les diplomates faisaient leur boulot. En consultant notre magistrate détachée, il ne pouvait s’agir d’une pression. Elle se précipita cependant à la télévision pour dénoncer une démarche banale, travestie alors en horrible ingérence.
À l’initiative du parquet, il y eut ensuite la perquisition à grand spectacle des locaux de X Twitter France, accompagnée de la convocation de la plupart de ses collaborateurs, et bien sûr de celle d’Elon Musk himself. Après Pavel Durov et Telegram, les magistrats français font du zèle. L’objectif est évident, dans la perspective de la présidentielle, c’est soit la mise au pas d’un espace de libre expression, soit carrément son interdiction.
Marine Le Pen inéligible, c’est pas moi c’est l’autre !
Il y a enfin les péripéties de la farce de l’audience de l’affaire des attachés parlementaires européens du Rassemblement National devant la Cour d’appel de Paris. Nous avons déjà expliqué le problème en long en large et en travers, et nous n’allons pas recommencer. Juste rappeler que la messe est dite. La disqualification de Marine Le Pen patronne du premier parti de France et favorite de la prochaine présidentielle, déjà dans les tuyaux depuis un bon moment, est désormais chose acquise. On ne voit pas comment la Cour pourrait prononcer la seule décision susceptible de revenir sur cette disqualification, c’est-à-dire une relaxe générale la concernant contre laquelle le parquet ne se pourvoirait pas. Ou alors peine principale ultralégère sans inéligibilité. Ne rêvons pas.
Non, Marine Le Pen sera condamnée à une lourde peine de prison avec ou sans sursis, avec ou sans bracelet, et également une peine d’inéligibilité. Et à l’étranger où cette histoire fait beaucoup ricaner, on continuera à se moquer des pratiques démocratiques, de ces arrogants français, par ailleurs grands dispensateurs de leçon de morale. Et c’est là que nos amis magistrats sentent bien tout cela va beaucoup faire jaser. Et qu’ils risquent, après la liquidation judiciaire de François Fillon en 2017, d’être vilipendés pour cette nouvelle opération directement politique. Alors, comme ce n’est pas facile à assumer, il faut donner le change. En mode : « c’est pas moi c’est l’autre ». En route pour le théâtre. D’abord l’audience d’appel a été fixée très rapidement, histoire de montrer la sérénité d’une justice désireuse de démontrer sa célérité dans le traitement d’une affaire délicate. Ensuite, les risibles réquisitions du parquet, indiquant qu’il ne requérait pas l’exécution provisoire de l’inéligibilité. Mesure parfaitement inutile pourtant présentée comme une indulgence. Par ce que, soit Marine Le Pen ne se pourvoit en cassation et la décision devient immédiatement définitive, la rendant cette fois-ci définitivement inéligible… Soit Marine Le Pen se pourvoit en cassation, et dans ce cas-là décision de la cour est suspendue, et c’est la décision d’inéligibilité de première instance qui continue à s’appliquer. Parce qu’on va rappeler que les réquisitions du parquet, en dehors du caractère exécutoire de l’inéligibilité, demandent la confirmation du jugement de première instance avec la peine principale d’an de prison sous bracelet ! Donc, si la cour (qui juge) suit ces réquisitions, le dilemme de Marine Le Pen sera le suivant : d’un côté j’accepte la décision et je suis inéligible avec un an de bracelet. De l’autre je forme un pourvoi et je suis inéligible, le bracelet étant pour plus tard, quand la Cour de cassation rendra son arrêt.
Dites Monsieur l’avocat général, ce n’est pas très aimable de nous prendre pour des lapins de six semaines. Même si sans surprise, les analphabètes juridiques de la presse système se sont jetés sur cette « indulgence », et si les électeurs de Marine Le Pen se sont repris à espérer. Interdire l’élection présidentielle à la favorite, patronne du premier parti de France, quoi que raconte Mediapart, ça fait désordre. Alors il faut prendre cette astuce parquetière pour ce qu’elle est, une façon de se dédouaner
Que fera la cour d’appel ?
La collégialité quant à elle, se donnera probablement les gants ne pas reproduire le tract assez ridicule qu’était le jugement de première instance. Mais elle va probablement moduler les sanctions : peine principale ferme ou avec sursis, et durée de l’inéligibilité. Avec le message suivant : « on a fait ce qu’on a pu, mais le dossier du RN était vraiment pourri ».
La procureure générale de Paris a payé son écot à l’entreprise de dédouanement de la justice. Par ce que, qu’on le veuille ou non, la mise de Marine Le Pen sur la touche sera considérée à l’étranger, comme un attentat démocratique pur et simple. Alors Marie-Suzanne Le Quéau , interrogée par France Inter a déclaré : « La magistrature n’empêche personne, ce n’est pas nous qui avons placé les prévenus dans cette situation […] ce sont eux qui se sont placés dans cette situation, qui a justifié qu’on en arrive à un procès ». Eh bien si, Madame la procureure c’est bien vous. D’abord cette formulation est pour le moins curieuse, dans la mesure ce sont quand même les magistrats qui ont pris les décisions, de poursuites, d’instruction et de jugement. Ce sont les magistrats du siège qui ont fixé le quantum des peines, et prononcé les exécutions provisoires. Et ce faisant ils ont accompli leur mission institutionnelle.
Ensuite, une fois de plus on fait l’impasse sur le véritable scandale juridique et judiciaire de cette affaire mais aussi, de beaucoup d’autres. C’est celui de cette jurisprudence inconstitutionnelle de la Cour de cassation, qui a décidé d’appliquer aux parlementaires l’article 432 – 15 du Code pénal sur les détournements de fonds publics. J’ai déjà expliqué ce problème en long, en large et en travers. Le principe d’interprétation restrictive empêchait d’étendre aux représentants de la Nation cette infraction. Le contrôle des dépenses exposées par députés et sénateurs, incombe à leurs assemblées respectives. L’attribuer comme l’a fait la Cour de cassation au juge judiciaire un pouvoir de contrôle politique sur les parlementaires en violation absolue du principe de séparation des pouvoirs. Cette jurisprudence a été délibérément mise en place à cette fin. Tout le reste du bavardage.
Les trois exemples pris dans l’actualité récente, démontre une fois de plus, la dimension directement politique qu’a adoptée la justice française. Qui pour des raisons politiques, idéologiques, et sociologiques s’est mise au service du système Macron. Ce n’est pas par hasard que les avocats généraux qui ont requis contre Marine Le Pen devant la cour ont qualifié cette justice de « contre-pouvoir (du politique) », formulation incroyablement révélatrice.
Imaginons les réactions des magistrats si la présidente de l’Assemblée nationale avait qualifié le pouvoir législatif de « contre-pouvoir du judiciaire ».
Avant de partir, merci de m’offrir un café.
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