| | EXTRÊMEMENT VÔTRE • Les récriminations des insoumis, qui dénoncent des pratiques «trumpistes» ou «maccarthystes» et un «trouble à l'ordre public électoral», n'y ont rien fait. Laurent Nuñez assume™ «totalement» d'avoir, pour la première fois, classé LFI à l'«extrême gauche» dans l'attribution officielle des nuances pour les municipales. Jean-Luc Mélenchon et les siens contestent la légitimité de cette appellation au regard de la science politique et de l'existence d'une véritable extrême gauche dont ils ne partagent ni les buts ni les moyens. Mais le ministre de l'Intérieur dit se baser sur l'attitude des insoumis au Parlement notamment, comme le rapporte l'AFP : «Chez LFI, il y a un refus de la discussion parlementaire, des appels systématiques à la censure, on refuse d'aller voir le gouvernement pour des réunions de travail. […] Comme ministre de l'Intérieur, je tiens compte de la réalité des situations.» Pour chaque élection, «on adapte le nuançage et on tient compte de l'évolution de la vie politique», argue-t-il encore. Un conseiller de Beauvau abonde dans le Figaro : «Ce nʼest pas absurde que le ministère travaille à l'équilibrage des nuances en se basant sur des déclarations et des comportements. Les membres de LFI, députés comme candidats, tiennent des discours de plus en plus radicaux. Ils sont devenus plus à gauche que les communistes.» Citant les mêmes éléments que Nuñez, ce conseiller martèle : «On peut qualifier tout cela d'extrême gauche.» Si l'obstruction parlementaire devient un critère de qualification politique, les macronistes, qui l'utilisent eux aussi à l'envi lors des niches de l'opposition, vont rapidement passer dans ~le camp des extrêmes~. | | Laurent Nullez. Photo Xose Bouzas. Hans Lucas via AFP (2026) | BAD BUNNY • On vous a régulièrement parlé des déplacements d'Emmanuel Macron dont la presse est soigneusement écartée, ou a minima tenue à distance. Et malgré toutes les protestations de l'Association de la presse présidentielle (APP), il semblerait que ces pratiques doivent se perpétuer jusqu'à la fin du quinquennat. Mardi, le chef de l'État était à Vesoul, à la rencontre d’agriculteurs de Haute-Saône et d'élèves d'un lycée autour d'un plat de saucisses-lentilles à la cantine. Une nouvelle fois, seul un petit «pool» de journalistes (chargés de partager avec leurs confrères les images, sons et propos recueillis) ont pu assister aux échanges, le reste de la presse nationale comme locale étant restreinte à de rares séquences choisies par l'Élysée. L'Est républicain raconte dans le détail : «Une cinquantaine de journalistes rédacteurs, photographes et caméramans ont été conduits dans un hangar en construction avec interdiction d'approcher d'une fontaine à café réservée aux élus et autres invités.[...] Après la visite (hors presse), impossible de s'approcher du hangar où Macron et [la ministre] Annie Genevard ont pu rencontrer les syndicats agricoles (hors presse). Une brève séquence ''micros tendus'', donc ouverte à l'ensemble des journalistes, a pu avoir lieu.» Le quotidien local rapporte aussi des attitudes légèrement déplacées de la part d'une communicante de la présidence : «''Tu poses ta caméra mon petit lapin !'', s'est entendu dire un caméraman par une responsable communication. Ce dernier a vertement protesté, peu adepte du tutoiement et surtout pour cet ordre soudain qui semblait parfaitement incongru dans le cafouillage des séquences autorisées ou non. ''Chouchou tout a été vu avec ton rédacteur en chef'', s'entend-il répondre.» | JEUX DENAIN, JEUX DE VILAINS • Il semblerait que Sébastien Chenu ait quelques soucis d'adresse. Le VP de l'Assemblée a été rayé, fin janvier, des listes électorales de la 19e circo du Nord, où il est élu. La raison était assez simple : Chenu ne pouvait justifier d’une adresse à Denain, ce qui est légèrement obligatoire pour voter à… Denain. «Depuis 2017, il y a eu seize scrutins en France auxquels Chenu a voté avec sa qualité d’électeur à Denain sur la base d’une adresse frauduleuse», assure à la Voix du Nord le militant LFI Mohamed Belarbi. Ce dernier a donc décidé de porter plainte contre le lepéniste. Il a notamment été aidé, pour le faire, par Franck Deloge, ancien collab de Chenu et avec qui, visiblement, cela ne s'est pas bien terminé. Deloge est, par la suite, passé chez Reconquête. De son côté, Chenu assure être parfaitement en règle et avoir été inscrit «en temps et en heure à Denain». «Je me réserve le droit de déposer plainte contre l’intéressé pour vol de documents privés et dénonciation calomnieuse», ajoute-t-il, s'étonnant tout de même de l'alliance de «circonstance» entre un LFI et un zemmouriste contre lui. | |
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