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Expiration du dernier traité de désarmement nucléaire entre le États-Unis et la Russie
Interview de Volodymyr Zelensky sur France 2, vieillissement de la population française, grève de la faim de Narges Mohammadi, des espions chinois en Gironde.
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Expiration du dernier traité de désarmement nucléaire entre le États-Unis et la Russie
Le dernier traité de désarmement nucléaire liant les États-Unis et la Russie a expiré, marquant un tournant majeur dans l'histoire du contrôle des armements depuis la Guerre froide et avivant les craintes de prolifération.
“L'expiration du traité New Start, à partir de minuit aujourd'hui, marque un moment grave pour la paix et la sécurité internationales”, a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, exhortant les États-Unis et la Russie à “s'entendre” rapidement sur un nouveau cadre.
Le traité New Start est le dernier accord de maîtrise des armements liant Washington et Moscou. Signé en 2010, il limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et 1.550 ogives stratégiques offensives déployées, avec un mécanisme de vérification.
Son expiration marque la transition vers un ordre nucléaire moins encadré, d'autant plus que les inspections ont été suspendues en 2023 à cause de l'offensive russe à grande échelle lancée en Ukraine en février 2022.
En septembre 2025, Vladimir Poutine avait proposé à Washington de prolonger d’un an les termes du traité, une proposition qualifiée alors de “bonne idée” par son homologue américain Donald Trump mais à laquelle les États-Unis n’ont pas donné suite. Dès mercredi 4 février, la Russie a déclaré n’être “plus liée” par ce traité.
Cependant, lors d'une conversation avec son homologue chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine “a souligné que dans cette situation, nous agirons de manière réfléchie et responsable”, a rapporté le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov, lors d'un briefing avec des journalistes, ajoutant “nous restons ouverts à la recherche de voies pour négocier et assurer la stabilité stratégique”.
À Washington, les responsables américains temporisent sur leurs intentions. Interrogé lors d’une conférence de presse, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s’est contenté d’expliquer que le président Donald Trump s’exprimerait “plus tard” à ce sujet, précisant “le président Trump a clairement indiqué par le passé que pour parvenir à un véritable contrôle des armements au XXIe siècle, il était impossible d’agir sans inclure la Chine, en raison de son arsenal considérable et en pleine expansion”.
Avec la fin de New Start, “c’est la disparition demain de toute limite sur les plus grands arsenaux nucléaires du monde pour la première fois depuis la Guerre froide, c’est l’aboutissement d’une série de reculs des normes internationales concourant à la stabilité stratégique”, selon le ministère français des Affaires étrangères, qui désigne “la Russie” comme “responsable de ces reculs”.
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Interview de Volodymyr Zelensky sur France 2
Invité exceptionnel du journal de 20 heures de France 2, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, habituellement très discret sur les pertes de ses forces armées, a livré un nouveau bilan des soldats tués depuis le début de l'invasion russe. “Officiellement, sur le champ de bataille, le nombre de militaires tués est de 55 000”, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il reste aussi “un grand nombre” de soldats considérés comme “disparus”, et dont la mort n'a pas été confirmée par l'armée ukrainienne.
Tout en se défendant de vouloir jouer à “faire peur”, le président ukrainien a lancé un avertissement sans détour aux pays européens. “En Europe, la vie est cool, c’est agréable. C’est pour ça que je dis qu’on est tous en train de se battre pour défendre ce mode de vie. Mais aujourd’hui, il est très clair que si l’Ukraine n’arrête pas Poutine, il va envahir l’Europe.”
Face à cette menace, Volodymyr Zelensky appelle les Européens à “se rendre compte de tous les risques qui existent aujourd’hui”, et à revoir leurs priorités, trop centrées selon lui autour de “leurs affaires intérieures”. Aux yeux du président ukrainien, Vladimir Poutine ne craint aucun autre chef d'Etat, à l'exception de Donald Trump.
Alors que les négociations trilatérales se poursuivent entre Américains, Russes et Ukrainiens, Volodymyr Zelensky a évoqué les demandes territoriales de Moscou, qui réclame le contrôle du Donbass. “Pour conquérir l’est de l’Ukraine, cela leur coûterait 800 000 cadavres de soldats supplémentaires”, estime le président ukrainien, au sujet des forces russes. “Il leur faudra deux ans au minimum, avec une progression très lente. A mon avis, ils ne tiendront pas aussi longtemps.”
Concernant le gel de la ligne de front, plusieurs options ont été proposées par les différentes parties ces dernières semaines, dont la mise en place d’une “zone démilitarisée” ou “zone économique” spéciale, avec une présence militaire limitée. “Si on parle d’une zone économique, par exemple, nos militaires vont devoir reculer, il faut qu’ils le fassent aussi”, a-t-il réclamé, visant les combattants russes.
“Nous devons avoir le contrôle de notre partie. Eux doivent contrôler la leur. Mais, entre nous, il faut une force d’interposition internationale, une présence internationale”, a-t-il encore déclaré. A ce sujet, Emmanuel Macron avait affirmé début janvier que “plusieurs milliers” de soldats français pourront être déployés pour maintenir la paix en Ukraine.
La mise en garde de la Drees sur le vieillissement de la population
La population française vieillit, et le service statistique du ministère de la Santé alerte sur le fait que si les prochains gouvernements ne se saisissent pas du sujet, il va devenir impossible de gérer ce virage démographique.
Une étude de la Dress montre que d’ici vingt-cinq ans en France, il y aura 23 millions de personnes de plus de 60 ans contre 18 millions en 2021. Parmi elles, 750 000 de plus qu’aujourd’hui ne seront plus autonomes.
Le service statistique du ministère de la Santé estime qu’il faudra créer 365 000 places supplémentaires dans les Ehpad et embaucher entre 150 000 et 200 000 personnes dans les maisons de retraite et dans le secteur de l’aide à domicile pour gérer le vieillissement de la population.
À ce jour, moins de la moitié des 50 000 embauches promises par Emmanuel Macron lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2022 ont eu lieu.
Narges Mohammadi, emprisonnée en Iran, a entamé une grève de la faim
Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix en 2023 et emprisonnée en Iran depuis décembre, est en grève de la faim depuis trois jours, réclamant le droit de téléphoner, d’avoir accès à ses avocats et de recevoir de la visite a indiqué l’avocate de sa famille, Chirinne Ardakani. Le dernier appel à sa famille date du 14 décembre et celle-ci a été informée de la grève de la faim par un détenu qui a été libéré récemment.
La militante des droits humains de 53 ans est à l’isolement dans sa prison de Mashhad, où elle avait été arrêtée le 12 décembre avec d’autres activistes, après avoir pris la parole lors d’une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort. Elle a été arrêtée avant le déclenchement du mouvement de contestation réprimé dans le sang par les autorités.
L’ONG Amnesty International avait accusé les forces de sécurité d’avoir commis des actes de “torture et autres mauvais traitements” lors de son arrestation. Mi-décembre, sa famille avait indiqué qu’elle était “souffrante” et que les autorités lui refusaient un examen médical indépendant après son arrestation “violente”.
Narges Mohammadi a passé de nombreuses années derrière les barreaux mais n’a jamais cessé de militer pour les droits humains et la défense des prisonniers politiques, lui valant le Nobel de la paix. Ses deux enfants, qui vivent à Paris avec son mari, ont reçu le prix en son nom à Oslo en 2023. Elle ne les a pas vus depuis plus de dix ans.
Soupçons d’espionnage au bénéfice de Pékin en Gironde
Quatre personnes suspectées d’espionnage en faveur de Pékin, dont deux ressortissants chinois, ont été interpellées en Gironde. Ces quatre personnes, qui avaient loué un logement via AirBnB, sont suspectées d’être impliquées dans une opération de captation de données satellitaires du réseau Starlink, notamment militaires.
Lors de la perquisition, les enquêteurs ont découvert “un système d’ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires”. Puis l’Agence nationale des fréquences radios a constaté “l’utilisation illégale de fréquences, l’utilisation non conforme d’équipements radio, le brouillage de fréquences, la détention illégale de dispositifs techniques de captation de données informatiques.” Le dispositif mis en place “permettait d’intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d’importance vitale”.
Les deux occupants du logement, de nationalité chinoise, avaient, pour leur demande de visa, déclaré travailler comme ingénieurs pour une entreprise consacrée à la recherche et au développement d’équipements et de systèmes de communication sans fil. Deux autres personnes ont été interpellées lorsqu’elles se sont présentées dans le logement, suspectées d’avoir procédé à l’importation illégale du matériel.
L’enquête, dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a été confiée à la Direction générale de la Sécurité intérieure. L’information judiciaire porte spécifiquement sur les infractions de “livraison d’informations à une puissance étrangère, une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation”.
La revue de presse du Monde Moderne du jeudi 5 février
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