| | MAL NOMMER LES CHOSES • Depuis plusieurs années, à contre-courant de ce qu’indique la littérature scientifique et les classifications officielles antérieures, la droite (LR et macronie) martèle que LFI est «d'extrême gauche». Jusqu’à présent, le ministère de l’Intérieur, s’alignant sur le Conseil d’État et la majorité des politologues, rangeait pourtant la formation mélenchoniste simplement à «gauche», la distinguant des révolutionnaires trotskystes comme le NPA ou Lutte ouvrière, qui appellent à un renversement du système, pas forcément par les urnes. Mais ça, c'était avant. Dans le Journal officiel hier, Beauvau place à son tour LFI à «l'extrême gauche» pour les municipales alors que le parti, certes de gauche radicale, revendique la révolution citoyenne par les urnes. «Nuñez innove et trouble l'ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques», a fulminé Jean-Luc Mélenchon, accusant le ministre de l'Intérieur d'agir «à la Trump». «Soldes sur le mccarthysme : Nuñez classe LFI en "extrême gauche" aux élections. Il désavoue le Conseil d'État, les historiens, les juristes... unanimes. Demain, ce sera le PCF. Puis les Verts. Puis toute opposition qui ne vote pas le Budget», a renchéri le député insoumis Hadrien Clouet, promettant de «faire un recours» contre cette décision. Contacté pour expliquer ce revirement, le cabinet de Nuñez ne nous a pas répondu. | | Quand on t'accuse d'être d'extrême gauche. Source : Ténor | UN DE PLUS • C'est la breaking news de ce jeudi matin. Non, on ne parle pas de l'affaire Epstein. Non, on ne parle pas géopolitique en Iran ou en Ukraine, de l'ICE ou des JO de Milan. On parle bien de la déclaration de candidature à la présidentielle du député PS Jérôme Guedj. En stéréo sur France Inter d'un côté et via des «confidences» à l'Opinion de l'autre, l'ancien proche de Mélenchon prend tout le monde (Raphaël Glucksmann, François Hollande, Olivier Faure…) de vitesse. Comme l'eurodéputé Place publique ou le chef insoumis, Guedj ne veut pas passer par la case primaire. «Tout ceci me paraît baroque car ça met la charrue avant les bœufs», dit sur Inter celui qui veut être le candidat du «courage de la nuance». «Mon choix, c'est de porter les convictions qui m'animent avec courage», explique-t-il. Il se verrait donc bien Président et souhaite porter, Carole Delga style, les valeurs d'une gauche «républicaine, laïque, européenne, universaliste». Pas de primaire donc pour Guedj, mais tout de même «un cadre collectif» encore très flou pour celui qui veut «accélérer le travail programmatique et stratégique pour la gauche du réel et des solutions». | L'ESPOIR FAIT VIVRE • S'il y a bien un endroit où le RN n'a pas la flamme pour les municipales, c'est à Paris. Dans la capitale, le candidat lepéniste, Thierry Mariani, est invisibilisé par une autre candidature d'extrême droite, celle de la prétendante Reconquête et femme de, Sarah Knafo. Pointé à 4%, l'ex-ministre russophile de Nicolas Sarkozy jure qu'il ne peut pas faire pire que ce que lui prédisent aujourd'hui les sondages. «J’ai connu meilleur début de campagne. Mais à force de descendre, on va finir par remonter…», veut-il croire dans le Parisien. Alors, un chouia jaloux, Mariani s'en prend à Knafo et la fascination médiatique qu'elle suscite : «Je n’imaginais pas qu’une candidate d’un parti sans élu annonce sa candidature au JT de TF1.» Et d'ajouter, mesquin : «Moi aussi, je pourrais arriver habillé en vert clair avec un pompon sur la tête ! Mais je suis plutôt de la vieille école où compte plus le programme que la com.» | | Thierry Mariani. Photo Bertrand Guay. AFP (2026) | DÉMENTI • Des accusations «extrêmement graves». Lundi, la militante féministe Fatima Benomar a interpellé le député LFI Antoine Léaument sur X. Ce dernier s'étonnait du manque d'articles sur les millions de documents publiés sur l'affaire Epstein par la justice US - spoiler : ça prend du temps d'analyser un tel flot d'informations. «Ce n’est pas bien, par exemple, de te servir de ton statut pour faire des avances à une militante insoumise mineure (en sachant cette donnée) via ce réseau social alors qu'elle voulait juste militer, a écrit Benomar. Tiens-toi tranquille, un jour elle va grandir et avoir les ressources pour parler.» Sur BFMTV hier, Léaument s'est dit «extrêmement choqué par ce type de méthodes». «Jamais de ma vie je n'aurais essayé de séduire ou d'avoir des échanges insidieux avec une personne mineure», a-t-il martelé, estimant son nom «sali». Léaument, qui fait office de CM de Mélenchon sur les réseaux sociaux, sait bien comment fonctionne ce medium. Il a donc invité son accusatrice à publier les messages qui pourraient appuyer ses accusations. | |
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